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25/02/2006

Edvard Munch : le cri

Un cri. Qu'attendre d'autre dans le temps ? Plus de poème. L'unique témoignage d'une souffrance vécue. Récit d'une vie. Oui, la poésie rend la vie plus belle. Elle défigure la face immonde de la réalité, reconstruit en nous une forme plus belle, plus tolérable de la vie. Quand même, la poésie se nourrit de ce terreau douloureux. Non, la vie n'est pas belle, elle est même laide, elle n'est l'un ou l'autre que dans l'esprit. Donc laissez-moi la possibilité dernière de la haïr et de l'aimer à la fois. Témoigner jusqu'au seuil de l'au-delà. Aujourd'hui plus que jamais, besoin de dire, de parler. Ecrire pour exister, ne pas sombrer dans l'oubli. Plus important que la vie, n'être que mots, phrases. Chambre close, cloisonnée de murs épais, insonorisés. Dans le couloir, hurlement, passage d'un être au visage difforme. Nuit à vomir dans des draps mouillés, froids ou chauds ? Prends, prends ça. Ca va te faire du bien. Nuit blanche à se répéter ces mots pour ne pas sombrer, finir, s'éloigner. Enfin quelques secondes dans une minute, une heure, une nuit... ce n'est pas si long. Tant pis, je dormirai mieux pendant deux semaines, avec ce qu'on me donne, ce qu'on me fait avaler. Même pas la force de me plaindre. Un cri. Le silence. Basta !

Edvard Munch* déclarai en 1893 : "Je longeais le chemin avec deux amis - c'est alors que le soleil se coucha - le ciel devint tout à coup rouge couleur de sang - je m'arrêtai, m'adossai épuisé à mort contre une barrière - le fjord d'un noir bleuté et la ville étaient inondés de sang et ravagés par des langues de feu - mes amis poursuivirent leur chemin, tandis que je tremblais encore d'angoisse - et je sentis que la nature était traversée par un long cri infini".

On ne m'enlèvera pas l'idée que la poésie est décidément un chemin difficile. Enrichissant, certes, mais difficile. Il ne s'agit pas uniquement du fait d'écrire, mais aussi de s'inscrire dans une histoire culturelle, une richesse commune à tous les hommes. Engager aussi son écriture vers... Faire tendre le texte vers... un état d'esprit qui pourrait être celui des Lumières. Importance du patrimoine. Chacun écrit ce qu'il veut, pas d'objection à cela. Tout le monde en est-il persuadé ?

L'écriture comme combat historique, comme désir de transformation du réel. Chanter que la vie est belle, que la nature est harmonieuse, qu'il faut aimer vivre... oui. Laissez-moi quand même douter de beaucoup de choses. Ma subjectivité d'homme libre.

Se promener dans les champs, sur les chemins, vers le bord, sur les rochers, cri ! 

 *Edvard Munch (peintre) : 1863 - 1944

20:00 Publié dans Art | Lien permanent