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Mot à Maux

  • C'est le printemps

    « Et donc vous, mes compatriotes américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous qui, comme moi, êtes citoyens du monde, ne vous demandez pas ce que les États-Unis feront pour vous, mais demandez-vous ce que nous pouvons faire, ensemble, pour la liberté de l'homme. » (John Fitzgerald Kennedy)

    20 janvier 1961, extrait du discours prononcé après la prestation de serment du nouveau président. (source : Wikipédia)

     

    Alors que la violence est dans la rue, il est bon de se remémorer les propos tenus en 1961 par le nouveau Président des Etats-Unis. Hier, les Champs-Elysées, la plus belle avenue du monde, étaient en feu. 50 vitrines brisées, des commerces pillés, des restaurants dévastés, des kiosques (symboles de la liberté d’expression) incendiés… Les pavés ont volé sur les CRS ! L’Arc de triomphe, hier, a été préservée ! Les black blocs, casseurs professionnels, s’en sont donné à cœur joie, repoussés par les gaz lacrymogènes. On regarde tout cela à la télévision, sidéré, hypnotisé par le goût de la violence. Car n’est-elle pas aussi un fantasme ? N’a-t-on pas une fascination pour la casse, le désordre, les émeutes ? Où est donc le débat national ? Dans la haine, dans la surenchère ? Au début, le mouvement des « Gilets jaunes » était sympathique. Avec le temps, ce souhait de démocratie a été anéanti par l’inertie de la violence. Les belles paroles se sont envolées. Tout le monde a brandi sa pancarte, signé des cahiers de doléances… Des individus inconnus sont venus parler de la misère, du quotidien… On espérait un sursaut démocratique. Et puis, la haine… La revendication a basculé dans l’affrontement face à la police, au pouvoir, aux politiques. Une parodie de démocratie s’est installée. Des idées ont été émises. On a cru au changement ! Aujourd’hui, malgré la sympathie qu’il a suscité, le mouvement s’épuise, les arguments se font vains, l’alternative se fait lointaine. Il y a les casseurs et les manifestants, ne confondons pas les deux ! Peut-être certains ont-ils beaucoup d’idées pour améliorer la société. Evidemment. La jeunesse aussi est dans la rue, dans la marche pour le climat. Une génération s’élève, sensibilisée par un danger de fin du monde. Des enfants, des adolescents, brandissent leurs pancartes. On veut changer le monde. Bien sûr, c’est cela la démocratie, le peuple est souverain ! Il n’est pas souverain dans la destruction, dans l’affrontement, mais dans la parole libre, échangée. Des changements sociaux sont prévisibles. Si la violence laisse place au débat, on peut espérer un sursaut démocratique. Aujourd’hui, tous les signes sont là, la jeunesse prend conscience et se révolte. Il n’y a pas d’alternative à la pensée. Emettre des idées est devenu prioritaire. Redonner un sens au discours social est indispensable. Je crois que la jeunesse peut réparer les erreurs de ses ainés. Je crois qu’une autre parole est possible. La violence est insupportable. La haine n’a pas sa place en démocratie. Les casseurs sont des voyous, des assassins. Il n’y a aucune utilité à saccager la plus belle avenue du monde ! C’est vrai que la guerre est facile, prendre les armes est devenu une banalité. Moi, je crois aux idées de contestation, de revendication. Je crois surtout à la parole, où qu’elle soit, de quelque pays qu’elle vienne. C’est cela notre choix, notre emprise sur la vie. C’est cela qui réconcilie le poète et le monde. Car enfin, la poésie est une attitude, un pouvoir, inaliénable, universel. Il faut redonner au poème sa place. La poésie n’a pas intérêt à déambuler dans la rue. C’est une résistance souterraine. Je ne crois pas aux forces de la destruction. Seul le sursaut démocratique est viable. Il est dommage de voir cette violence s’emparer de la rue. Il faut croire en la force de la jeunesse, celle qui construit un autre monde ! Hier, 50 000 personnes manifestaient entre l’Opéra et la République, pacifiquement. Paris montrait son véritable visage. Dans les rues de Paris, le sang de la liberté abreuvait nos sillons ! Mais où est donc la révolution ? Peut-être dans l’idée perpétuelle d’elle-même. La révolution, n’est-ce pas tout simplement la parole ? Le poète a une place à occuper dans ce mouvement démocratique. Le rêve, l’inspiration, la révolte sont les armes du poète. Lui que la société ignore, méprise… La poésie peut aussi s’emparer du réel. Car elle est un positionnement, un acte. Personne ne peut dire ce que doit faire la poésie. Elle est une conscience libre. Mais on peut rêver qu’elle empoigne ce monde, s’empare de son destin. La crise des Gilets jaunes aura eu le mérite de définir les lignes. Souhaitons que tout cela n’ait pas servi à rien.

     

  • L'aventure Mot à Maux

    Le site Recours au Poème met en ligne un article de Marilyne Bertoncini à propos du numéro 7 de Mot à Maux. Une critique amicale de la revue, alors que le numéro 8 passe à l’impression. L’occasion de faire le bilan de l’aventure Mot à Maux et d’évoquer l’avenir. Le temps de la maturation, celui des projets et des désirs pour la revue. Merci à Marilyne Bertoncini pour cette présentation. La revue circulera fin mars par la Poste.

    https://www.recoursaupoeme.fr/le-retour-de-mot-a-maux/

    Visitez Recours au poème et ses multiples ressources : https://www.recoursaupoeme.fr/

     

     

  • J'ai fait un rêve

    Certains se réveillent courageux… Après avoir bâillé et pris leur café, ils vont en robe de chambre se mettre devant la machine à écrire. Moi, je me réveille le matin avec un désespoir infini, la première pensée qui me vient à l’esprit est l’envie de mourir. Ils disent qu’ils sont dans un moment privilégié d’inspiration, que le chat à la fenêtre et les fleurs dans le jardin font remonter en eux une soif d’écriture. Et puis, ils disent l’aube naissante, la beauté des arbres et le chant des oiseaux. Moi, je dis la douleur de vivre, la torture d’avoir un esprit fragmenté. Comment puis-je faire autrement ? Les mots sont des lames acérées. Mes maux sont l’impossibilité de supporter, de soutenir un état normal. Alors, ma normalité se perd dans des scarifications et le fumier des jours. Le matin, les artistes jouent du piano, une mélodie de Bach ou de Mozart. Les éboueurs vident les poubelles. Les boulangers font des petits pâtés de pain. Moi, je fais remonter l’angoisse dans des volumes où mon esprit se déchire et cesse de se tenir sur ses deux jambes. Que de facultés que moi je n’ai pas ! Et comment parvenir à exister quand la torpeur se mêle au néant ? Eux ont les mots, le langage… Moi je n’ai que cette impossibilité de vivre. Alors, faut-il se lever le matin pour supporter la croix du chemin journalier ? Faut-il accepter de porter encore le fardeau ? Pour certains, le soleil est promesse de jour naissant, de poésie, de peinture. Pour moi, c’est la même promesse d’être malheureux, anéanti dans les effluves de la vie sociale. L’écriture donne-t-elle un sens au passage, comme un baume apaisant ? Donne-t-elle raison au jour ? L’envie de vivre et d’aller en avant ? La faux s’est abattue sur mon chemin mental. Et je lis des gens heureux de vivre. Et je lis des gens aussi désespérés que moi. Le matin ne m’appartient pas. C’est juste le moment de la journée où tout recommence. L’éternel recommencement des jours. L’éternel instant où je me dis que rien ne vaut la vie rêvée. Il faudrait que ce soit cela le matin : un rêve qui dure encore.