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Mot à Maux

  • Sous les pavés, la plage

    Tout est arrêté, les salons, les marchés, les festivals en tout genre. Les livres ne se vendent plus de main à main, Amazon triomphe ! La commande par Internet explose, quand on ne peut plus sortir chez le libraire. Mais les petits éditeurs souffrent, les assemblées annulées c’est autant de recettes en moins. Et puis c’est la vie qui s’éteint ! Les rencontres qui ne se font pas.

    Les éditions du Petit Pavé ont besoin d’être soutenues. La vente directe impossible, son directeur Gérard Cherbonnier invite chacun à encore plus de vigilance et de partage. Les lecteurs sont appelés à soutenir les auteurs dans la promotion de leurs ouvrages.

    Rappelons que le Petit Pavé édite (de la poésie contemporaine) depuis 1995 à compte d’éditeur : un exemple de réussite et d’obstination pour un éditeur régional. Il a su grandir en se diversifiant et en accueillant des auteurs de tous bords.

    Le Petit Pavé est libre et indépendant. Loin des réseaux financiers, il offre à lire une poésie riche, loin des ornières de notre temps. La collection du Semainier créée par le poète Jean Hourlier, fait référence en la matière. Sa qualité force l’admiration ! Car la poésie contemporaine sera toujours une marque de vitalité de l’édition. Ne faut-il pas se battre pour tous ces poètes vivants aujourd’hui ? Car la littérature s’écrit au jour le jour, loin des précieux phares qui éclairent nos nuits.

    C’est maintenant que nous voulons exister, et pas dans cent ans ! Un éditeur à taille humaine donne la possibilité à chacun de s’exprimer. Il faut soutenir cette noble entreprise ! Tout est fait aujourd’hui pour que vive la parole de chacun. C’est la mission que j’octroie à un éditeur contemporain. C’est ce qui motive mon combat de tous les jours.

    Soutenir le Petit Pavé, c’est servir une noble cause. Ses fondateurs s’acharnent à rendre la poésie vivante, comme avec ces Brèves du P’tit Pavé qui dévoilent les dessous du monde de l’édition. Il faut souligner le travail de Gérard Cherbonnier et Noëlle Joffard depuis le début, et leur acharnement à faire vivre le Petit Pavé dans tous les salons où ils peuvent le représenter.

    Je n’oublie pas que mon premier poème publié l’a été dans cette brochure en septembre 2001.

    Suite à la publication de « L’éternel recommencement » en 2018, je suis dans la rédaction d’un nouveau recueil comme une suite directe à ce premier ensemble. Le recueil paru en 2018 peut être commandé sur le site du Petit Pavé.

    La collection du Semainier a aussi accueilli une Correspondance entre Catherine Andrieu et moi-même en 2019. L’ouvrage peut être commandé sur ce site.

    Le devenir de la poésie passe par le travail vivant de ses acteurs. La poésie a toujours été le fruit de ses défenseurs acharnés. De nouvelles formes se combinent, s’expriment. Un contenu nouveau émerge. La poésie n’est pas une chapelle ardente ! Elle vit et s’exprime dans la multiplicité de ses créateurs. Ce que nous faisons aujourd’hui est le passé de demain. Les hommes resteront vivants tant que l’écriture vivra.

    C’est aujourd’hui qu’un nouveau combat nous oblige à réfléchir à l’avenir, et les combattants c’est nous ! 2020, l’année du confinement qui nous a appelés à sortir de chez nous ! Merci de soutenir le Petit Pavé, merci de lire la poésie contemporaine sans attendre d’être mort et de ne plus rien avoir à dire.

    Site du Petit Pavé

     

  • Des méthodes de voyous

    Mon premier manuscrit a été accepté avec tous les éloges en 1996. On m’a assuré que j’étais bien « poète » dès le premier entretien, début d’une séduction qui s’est traduite par des lettres brèves et des coups de téléphone. J’étais personnellement très fragile à cette période, et mon manuscrit comptait énormément, ce qui peut expliquer pourquoi j’ai mordu à l’hameçon jusqu’en mai 2000.

    Le contrat de cet éditeur consistait en une souscription. La mienne s’élevait à 7050 francs. J’ai effectué des démarches autour de moi, la somme versée a été de 1350 francs de la part de mes proches. « Vous nous faites parvenir (…) les souscriptions déjà reçues ainsi qu’un versement de mille francs. Cela nous permettra de réaliser la mise en page qui interviendra assez rapidement », m’a écrit l’éditeur le 7 janvier 2000. J’ai versé un chèque de 1500 francs le 27 janvier de la même année. J’avais des doutes personnels sur mon manuscrit et sur ces pratiques, sans parvenir à me défaire de l’engrenage. Dès juin 1997, l’éditeur m’écrivait : « Une rencontre me semble s’imposer (…) En effet, je crois sentir, deviner chez vous, ce mouvement double qui va de la foi au rejet et qui touche au principe même de la publication (…) peut-être trouverai-je les mots pour vous faire basculer, de façon décisive, dans la foi. En effet, trop tarder pourrait se révéler être dans votre cas un mal pour un bien. » Les doutes ont persisté chez moi assez tard. Je reproche à l’éditeur d’avoir exploité chez moi une faiblesse et d’avoir instauré un système opaque de séduction dont le but n’était que le paiement de ma part de différentes prestations. Ainsi, m’écrivait-il en mai 2000 : « Il n’est pas possible de refaire la mise en page de votre livre sans être facturé (comme cela a déjà été le cas la dernière fois) par l’imprimeur. (…) L’imprimeur nous demande un supplément de 600 francs H.T. pour reprendre la mise en page. Acceptez-vous de devoir régler ce supplément ? Appelez-moi vite. A bientôt, cordialement. » C’est ainsi que je cessai tout contact. Les chèques envoyés pour la souscription ont tous été encaissés. Je garde une impression papier du projet du recueil, comportant des annotations de l’éditeur, signée par lui au 27 février 2000, où sur la première page est inscrit au crayon : « N’oubliez-pas les souscriptions ».

    Mais le pire réside peut-être dans le contrat lui-même dont je n’ai pas su déceler à temps la nocivité.

    Extraits :

    Ventes « L’auteur fait acheter par souscription 50 exemplaires de tête ou/et 14 exemplaires ordinaires selon le prix de revient du livre. L’auteur reçoit - de la part des éditeurs dont le but est de faire lire la poésie et de faire connaître les poètes – 10 livres de poètes (…).  L’auteur bénéficie d’une mise en vitrine de son livre ainsi que de la possibilité d’une signature lors de sa parution : les ventes en signature, faites sur le stock personnel des éditeurs, seront partagés moitié moitié entre les deux parties.»

    « L’auteur peut acheter tout ou partie de la souscription. Dans ce cas, il verse (…) 7050 francs (français).  Les ventes, au jour de parution et signature comprise s’il y a lieu, lui reviennent intégralement jusqu’à la concurrence de la somme susdite (au-delà, moitié moitié). »

    Gestion des exemplaires restants : « L’auteur reçoit 5 exemplaires de tête, 15 exemplaires ordinaires. L’auteur reconnaît que les autres livres reviennent en totalité et intégralement aux éditeurs. Une remise de 50% sur le prix de vente sera faite à l’auteur pour tout rachat d’exemplaires. »

    Service de presse : « Les éditeurs assurent un service de presse selon la liste annexée au contrat. Il est vivement conseillé à l’auteur, par un engagement personnel, d’étendre l’effort d’information des éditeurs. »

     

    Le chiffre du tirage était prévu dans le contrat : « 350 exemplaires ordinaires à 70 francs l’unité et 55/60 exemplaires de tête à 120 francs l’unité. »

    Mon ouvrage pouvait ainsi remporter potentiellement 31 700 francs, garantissant à l’éditeur un bon magot. Grâce à la souscription, il aurait été très rentable de vendre mon recueil selon des conditions assez floues dans le contrat. C’est ce système opaque d’offres et d’obligations approximatives, renforcé par une démarche offensive basée sur la demande répétée de souscriptions qu’il s’agirait de dénoncer. Le contrat, la démarche est une succession d’ajustements, de chèques encaissés de façon opaque, de petits procédés visant toujours au versement d’argent alors que rien dès le départ n’avait été défini, d’abord sur le manuscrit puis sur la mise en page. Mon recueil a été jugé hâtivement et je doute qu’il l’ait été pour ses qualités littéraires. Je dénonce une séduction, une utilisation de ma faiblesse à cette époque et c’est bien ce qui me peine le plus. Que des centaines d’auteurs aient succombé aux procédés de cet éditeur est une chose, mais je doute comme il l’affirmait au téléphone que je sois le seul à avoir perdu de l’argent, lui-même affirmant par ailleurs fonctionner avec un compte d’éditeur. Un chèque, ce n’est pas grand-chose, mais l’exploitation de la détresse est quelque chose de bien plus grave.

    Ai-je été le seul à vivre cette mésaventure ? Ai-je rêvé cette épreuve ? Quelle est la véritable teneur de ce contrat flou et opaque ? A quoi l’auteur est-il véritablement engagé ?

    Combien les auteurs ont-ils vendu de livres ? Quelles sommes d’argent ont-ils dépensées pour leur publication ? Quelle rémunération ont-ils obtenue pour l’ensemble de leur publication ? Je ne veux pas régler des comptes personnels. Cela restera pour moi une aventure douloureuse mais surtout un grand questionnement. Ai-je fait là une mauvaise rencontre ? Puis-je tourner la page ? Pourrai-je un jour remercier les personnes qui m’ont fait confiance ? Il peut arriver de rater une publication, cela tient à la jeunesse, à l’empressement. J’ai pour moi l’intuition désagréable d’être tombé dans un panier à crabes. Chacun pourra rendre son avis, s’interroger sur la question. La poésie est un talent mais aussi un travail. Elle ne peut être jugée hâtivement par des vendeurs de papier. Elle réclame un véritable examen de la part d’un éditeur. Car c’est une aventure personnelle chargée de sens. Que chacun apporte sa lumière. C’est tout ce que je souhaite et je puis désirer.

    En vous remerciant pour votre attention.

    Daniel Brochard

  • Halte à l’arnaque !

    C’est un phénomène depuis quelques années : la prolifération sur Internet de pseudo éditeurs monnayant leurs services. Pourquoi est-ce un problème, me direz-vous ! Ils répondent à une réelle demande. Alors, pourquoi dénoncer de telles pratiques, puisque les auteurs y trouvent leur compte ? Certains ont publié jusqu’à dix ouvrages payants, grâce à un budget conséquent. D’autres ont cumulé ce type d’éditeurs. Et tout se monnaie : la correction orthographique aléatoire, la mise en page, les frais de main-d’œuvre… et bien sûr le coût de l’impression lui-même. Tout serait-il une affaire d’argent ? Pour publier, suffit-il de sortir le portefeuille ? Car quels autres avantages ces « grands éditeurs » proposent-ils ? Souvent un service de presse aléatoire et fumeux… Comme s’il s’agissait de payer pour devenir un grand poète ! Vous serez à la librairie du coin, dans les journaux… Quelle méconnaissance du marché de la poésie aujourd’hui ! Les éditeurs honnêtes ne promettent pas la lune… Ils se battent pour vendre chaque ouvrage ! Mais pourquoi douter quand tout semble si rose sur le contrat ! Quoi qu’on en dise, il est facile aujourd’hui de réaliser un livre ; de nombreux imprimeurs sont en mesure de répondre à la demande… Dans ce cas, seuls les frais de fabrication sont à la charge de l’auteur. Mais quelle différence entre « ce fameux » compte d’auteur dont personne ne connaît très bien la définition et le recours à l’imprimeur du coin ? Peut-être simplement que l’on ne vous fera pas miroiter de grands espoirs ! Car c’est bien la clef : le jeune auteur rêve de gloire et s’imagine que son édition payante est l’occasion de vendre des livres et d’être enfin connu ! Ou est-ce une méconnaissance du milieu ? Le poète pense vendre ses ouvrages à la famille, aux amis… Comme si le ciel allait s’éclaircir au-dessus de lui ! Savez-vous la difficulté de vendre un livre aujourd’hui ? Combien de maisons sont en rupture, ne peuvent plus honorer leurs cahiers des charges ? S’acheter une publication n’est-il pas la solution à ce marasme économique… L’éditeur payant ne fait-il pas le travail que l’édition traditionnelle ne peut effectuer ? Alors pourquoi taper sur le compte d’auteur, ou sur son abus aujourd’hui sur Internet ? Est-ce un combat légitime ? Ne me dira-t-on pas d’aller voir ailleurs, et de ne pas secouer le cocotier ? Je tiens à mettre en garde les jeunes auteurs contre ces pratiques. Ne croyez pas que votre vie va changer grâce à cet éditeur qui vous promet enfin le succès et la reconnaissance. Vous vous détournerez de l’édition traditionnelle, et serez discrédités parce que vous aurez voulu gagner sans jouer le jeu. Votre nouveau bébé sera un fil à la patte, et je vous promets des jours malheureux, loin de la réussite littéraire. Vous ne serez même pas présents en librairie, et les directeurs de revue vous bouderont. L’argent portera un discrédit sur votre talent ! Je connais les difficultés de l’édition actuelle, et le compte d’auteur abusif répond à la demande. On ne peut que s’en remettre à la raison et à l’humilité. L’édition aujourd’hui est en crise. Les jeunes auteurs ont l’impression qu’on ne leur prête pas suffisamment d’attention, veulent exister à tout prix, même au prix d’une participation financière importante : pourquoi ne pas se décider à payer quand toutes les portes se ferment ? J’ai moi-même eu recours à l’édition payante grâce à de petits éditeurs. Mais l’argent n’est pas tout : la crédibilité de l’éditeur est également fondamentale ! Les éditeurs payants avec lesquels j’ai travaillé ne sont pas de grosses industries, mais effectuent un travail artisanal. Je n’ai pas de réponse toute faite : chacun effectue son propre cheminement. Ne faudrait-il pas mettre un peu de morale dans tout cela ? Je voudrais souligner ce point : je suis attaché au travail possible avec l’imprimeur du coin, à l’imagination des petites mains. Le travail du livre me paraît essentiel. Ainsi, le concept du livre pauvre, ou du livre d’artiste, consiste en la réalisation d’un bel ouvrage artisanal à peu de frais. Je connais de nombreux poètes qui ont eu recours à l’autoédition. L’attention prêtée à l’œuvre elle-même vaut tous les discours ! Nous sommes loin du formatage, des fausses factures, de l’arnaque ! Réalisez vous-mêmes vos ouvrages. N’ouvrez pas la porte si vous pensez que la personne est malhonnête. Ne croyez pas aux réponses toutes faites, aux miroirs aux alouettes, aux fausses promesses. Après tout, chacun est libre de faire comme il veut. Il n’y a pas de règle, juste un marasme de l’édition. La santé économique du marché éditorial est un vaste problème. Les facilités promises et permises par le compte d’auteur abusif dont nous sommes témoins me paraissent dangereuses et nauséabondes. Ne vous égarez pas sur un mauvais chemin. Restez libre !

    Daniel Brochard