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Mot à Maux

  • Qui aura la fève ?

    Il est tout chaud sorti du four le Mot à Maux n°15. Et dire que c’est bientôt la galette des rois… Frangipane ou à la pomme ? Pas de poésie sous le sapin… le Père Noël a eu une panne de traîneau ! Heureusement Amazon fonctionne bien et nous livre toujours d’aussi beaux cadeaux inutiles et joyeux ! Le gros camion d’Amazon est passé par la cheminée, le wifi 4G étant saturé ! On vous annonce la 5G, une catastrophe écologique de plus… pour nous permettre de chater avec les esquimaux, tant qu’ils ont encore la banquise pour faire pousser leurs bonhommes de neige ! Mais bon, le monde ne va pas s’arrêter de tourner pour une panne de wifi ! Espérons que cette année, Internet ne soit pas atteint d’un virus planétaire paralysant nos infrastructures numériques… J’en serais malade de ne pas pouvoir m’exprimer ici et là. Seule la parole peut sauver le monde, tant on a dit de conneries depuis l’invention de la pile électrique. Alors, voilà… si le monde tourne rond, on pourra se pavaner enfin dans les jardins de Central Park. Reste qu’il faille prendre l’avion et participer au réchauffement climatique… Mais je ne vais pas y aller en bateau ! (J’ai le mal de mer). Non, moi je dis que ce monde est un effroyable gâchis, les gens veulent toujours plus de croisières, les footballeurs prennent l’avion, en veux-tu, en voilà ! Les porte-conteneurs sillonnent la planète… Tout est normal, c’est la société de surconsommation. Le supermarché international. L’orgie planétaire. C’est pourtant bien Noël et tous ces cadeaux ! Le sapin, les boules, les guirlandes… on est tranquille jusqu’à l’année prochaine. En attendant, n’oubliez pas les soldes. Et pensez à commander Mot à Maux (ça pourrait m’aider à payer toutes mes factures). Et s’il vous reste un peu de foie gras, je prends aussi. Qui sait ? Demain je serai peut-être à la rue !

    Mot à Maux n°15 : Lise Debelroute, Alexandra Bouge, Victor Malzac, Jean Chatard ; Georges Cathalo, Daniel Hartmann, Eric Chassefière. Décembre 2020. 4 euros.

    Me contacter pour toute commande.

  • J'imprime donc je suis

    Le livre est bien chahuté en ces temps de crise. Mais peut-être n’avait-il jamais autant réclamé de lecteurs. Désormais il est possible de passer par Amazon pour éditer son livre, à peu de frais, paraît-il… mais le principe est là, nuisible aux jeunes auteurs (dont beaucoup pourtant trouvent satisfaction)… et que dire des Edilivre, des manuscrit.com ? de tous ces baratineurs qui se remplissent le portefeuille ! Certes, la littérature n’est pas réservée à une élite, le particulier doit avoir accès à l’édition, chacun doit pouvoir accéder à l’objet-livre ! Après tout chacun fait ce qu’il veut ! Je ne sais pas comment ils font pour vendre leurs bouquins. Je pensais que la notoriété était la clef des ventes en poésie, que le petit n’avait aucune chance de briller en société… Amazon offre une solution à la crise du livre aujourd’hui. Chacun peut réaliser son rêve, en fin de compte. Il suffit de faire appel à Amazon. La marque agit pour la procréation littéraire de votre propre bébé. Les rejetons ont un ISBN, sont censés passer au dépôt légal (dont le but est de recenser la production littéraire du pays). Tel Ikea, tout est vendu en Kit, la machine est bien rôdée. Tous ces arnaqueurs sont des maisons d’édition dématérialisées : Internet permet l’élevage d’une production en masse où les auteurs se font plumer. Chacun peut rêver d’être un grand poète en s’appropriant un code-barres ! La notoriété décomplexée, la célébrité à bout de bras. Allons, les jeunes auteurs se contentent de vouloir exister. Vu la complexité du champ éditorial actuel, ils ont bien raison. Moi j’ai trouvé une alternative à toutes ces conneries d’édition à compte d’auteur : je passe par un imprimeur pas très loin de chez moi. Je suis très satisfait du résultat du premier recueil imprimé par cette entreprise. La France a un réseau important d’imprimeurs : depuis Gutenberg et sa Bible, l’impression a fait des progrès considérables. Mais une chose est restée : l’amour des écrivains pour le livre. Tout n’est-il pas une question d’identité… Vouloir écrire puis publier son recueil chez l’imprimeur du coin, cela respecte la logique de l’acte éditorial. Mais je crois que le livre est avant tout une affaire de reconnaissance. Les tout-petits veulent naturellement briller, avoir leur bouquin à eux… Facile aujourd’hui grâce au clonage numérique ! Réclamer un peu de dignité et de respect ne peut pas faire de mal aux jeunes auteurs. Car si le papier a un prix, la propriété intellectuelle a beaucoup plus de valeur. L’intégrité d’un auteur : voilà ce que défend et doit défendre la petite édition.

  • Mireille Disdero, "Corrosion"

    Note de Patrick Joquel (à propos de Corrosion, Mireille Disdero, La Boucherie Littéraire, 2019) :

    Ce n’est pas un guide touristique, ni un carnet de voyage. Non. Ce serait plutôt un livre d’amour. Amour qui appelle et dont l’envol permet de traverser la planète. Amour d’un pays, d’un continent, Thaïlande, Asie ; que l’on découvre au fil des mots comme on suit en filigrane l’histoire d’un amour humain.

    Des poèmes, de petites proses pour jalonner ces années asiatiques. Un livre de silence : voyageuse avec des yeux d’enfants et les mots restent en suspens. Trouvent une place sur le papier. Un carnet ? Un cahier ? Dont le temps, l’humidité, a effacé quelques lignes, quelques dates. Peu importe, on est là, dans ces pages, avec des couleurs, des paysages, des odeurs, des sourires… Des moments que l’on retrouve dans cet ailleurs, que l’on oublie dans le quotidien jusqu’à ce qu’un livre vienne nous rappeler que vivre c’est aussi demeurer cet enfant curieux et attentif au monde. Que ce monde soit celui de tous nos jours, ou celui du voyage.

    Du voyage, qu’il soit d’un jour ou d’années, on revient transformé, enrichi. Les pages d’un livre permettent le partage.

    Dos à la lumière, tiède comme un fruit de jacquier,

    tu dérives lentement vers autre chose que toi-même.

    Est-ce qu’on sait vraiment qui on est…

    https://www.patrick-joquel.com/jai-lu/

     

    Daniel Brochard (à propos d’Écrits sans papiers, Mireille Disdero, La Boucherie Littéraire, réimpression mars 2019) :

    « On sent tout l'amour du voyage... Celui de la découverte, de la rencontre avec autrui, nos semblables, nos différents... Pas comme ces voyages formatés sur gros navires... L'essence du voyage c'est bien l'échange de cultures ! Pas l'exploitation des plus faibles. Votre recueil est un creuset de diversité, celle qui enrichit, accompagne, retrouve l'identité de chacun. Oui, ce ne sont pas simplement des noms sur un papier, mais des histoires, des vécus. »