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13/11/2006

Don't Give Up

Tu dis que le monde est pourri, que depuis la nuit des temps les hommes sont des salauds, et c'est bien vrai. Tu es seul à la fenêtre et tu écoutes Don't give up de Peter Gabriel. Tu t'en fous du bruit dehors et de l'agitation. Tu regardes les malheurs à la télévision, la même absurdité, la même frénésie, et toi tu n'as rien, et toi tu pourrais partir, comme cela, en claquant des doigts. Tu ne sais pas que tu vas entrer dans l'aliénation, que tu vas t'autodétruire. Ici, sur la table, un papier t'attend. Tu prendras le crayon en sachant qu'il pourrait aussi bien s'agir d'un revolver : la distance vaut-elle d'être parcourue ? Pourquoi ne pas partir, là, maintenant ? Tu sais que tu devras passer par des chemins fiévreux, des cauchemars, des renoncements à ce qui s'agite autour de toi. Alors, écris, jusqu'à ce que tes neurones explosent au-dessus de la ville. Arrache-toi les cheveux. Lacère ta peau. Tu pars loin de toi, loin du monde. Tu dilapides les secondes et les heures, tes lèvres brûlent. Là, tu t'arrêtes devant la fenêtre et tu te dis : « - Le monde est pourri mais j'y peux quelque chose. Il me suffit de crier et je serai entendu. Je ne suis pas comme ces passants qui courent sous leur parapluie. Je peux élever mon regard et mes yeux transformeront la pluie en des flocons d'argent. Je renonce à moi, à mon corps. J'accepte d'être terrassé par l'orage. » Alors, les nuages se dissipent, les passants se mettent à chanter et la télévision donne enfin des nouvelles de l'au-delà. Il y a toi et ta chambre des années plus tard. Tu te retournes avec effroi sur ta vie, mais avec la satisfaction d'être arrivé jusque là. Certes, tu es anéanti. Tu pleures sur ta douleur et celle du monde. Lui-même est toujours aussi sombre. Mais au moins, tu te dis que tu peux partir maintenant. Tu cries. Tu t'élèves au-dessus des nuages. Tu sors de l'ombre. Toute la lumière perdue réapparaît. Toute ta douleur se dissout sous la pluie des constellations. Vers quel ciel vas-tu ? Vers quel être ? Le monde insensé ne te retient plus. Tu flottes dans la poussière des photons et des anti-particules. Derrière toi le monde s'est métamorphosé en un papillon d'or.

18:30 Publié dans Musique | Lien permanent

08/11/2006

Ava Adore

La caissière me regarde dans les yeux : « - Alors, fini ? » J'ai envie de lui dire : « Oui. J'ai vu un vieil homme tomber sur le trottoir à la tombée de la nuit, et un immeuble s'est effondré, la grande barrière de corail disparaît, nous tomberons nous aussi. » Et alors que je prépare ma carte de crédit, j'entends la mégère qui râle contre son gamin : « - Tu n'écoutes pas ! Tu vas finir par te ramasser une calotte si ça continue ! » Moi je pense combien nous sommes tous emportés à ne considérer que des choses sans valeur, des détails insignifiants, à l'impossibilité d'élever notre regard. Et je rêve de quelque chose de plus haut. Les rayons sont pleins, tous les néons sont allumés. Il n'y a rien à comprendre de logique, nous sommes des fourmis engagées dans la construction de je ne sais quel édifice. Alors je dis à la caissière : « Oui. J'ai la carte du magasin et je paie par carte bancaire. » Elle me fait un grand sourire. Et alors que je m'éloigne, je lui dis : « Un jour je t'emmène au Paradis, Baby. » Putain, quel froid. Je trotte avec mon petit sac à dos, glacé comme au pôle Nord. Et j'apprends à la radio que ça se réchauffe, il va même falloir bientôt mettre le T-shirt. Les glaciers fondent, la mer monte et les forêts brûlent. Une autre valeur monte : la connerie humaine. Il va bientôt falloir en exporter sur Mars, au niveau actuel, là, ça sature. Et je fais quoi ? Je sais pas. Si t'as pas trop l'âme révolutionnaire, tu la fermes et tu te dissous dans la vie réelle, tu t'éclipses dans la rue. D'accord. Il faut gouverner la rue. Sinon il te reste le miroir pour tenter d'effacer ce rictus. Et je me dis quand même : « Putain, la forêt quand ça crame ! » Sinon, moi je m'en fous : j'en ai pas pour longtemps. Avec tous ces siècles d'Histoire, il est presque mieux de foncer contre un mur à cent kilomètres à l'heure. Mais bon. On va pas se laisser avoir. Il faut déclarer la Guerre Mondiale contre la connerie ! Moi, j'ai dans l'idée d'aller finir mes jours au Tibet. Allez. Quoi. La caissière, c'est pas grave, tu en trouveras une autre. C'est sûr, un jour, je l'emmène au Paradis.

21:10 Publié dans Musique | Lien permanent

05/11/2006

Méditation

medium_S00399.jpgLa réalité tourne autour de nous comme une planète étrange. On voudrait dans nos vies un peu de merveilleux, d'inhabituel, de mystères. Mais il n'est pas nécessaire de recourir à des prophéties d'êtres illuminés pour se sentir habitants terrestres d'une réalité mystérieuse. Ce n'est pas Raël qui nous émerveille mais la Science. Encore que toute théorie soit digne d'intérêt, comme par exemple celle qui annonce l'Ascension vers la cinquième dimension au 21 décembre de l'année 2012 et qui révèle les activités de vaisseaux extra-terrestres en position autour des planètes de notre système solaire. Tout est possible, pourquoi pas. On verra bien, à l'heure dite. Moi, ce qui me fait rêver c'est l'espace, la sensation à chaque instant d'avancer toujours plus loin vers les mystères du cosmos, et la sensation d'appartenir à ce cosmos depuis des millions d'années dans un univers né d'un Big Bang originel, début du temps et de notre aventure quantique. Je me dis que la Science recherche une vérité du monde parmi tant d'autres mais que cette vérité n'est pas unique : tous les scénarios ne sont-ils pas possibles ? L'Humanité est descendu dans l'Absurde au temps de l'Holocauste. On pourrait imaginer une rémission ultime, comme une vie après la mort, comme un monde qui nous attend et que nous n'imaginons pas encore. Puisque vivre, écrire, penser revient à élever notre âme dans la perspective d'un au-delà qui un jour ou l'autre devrait s'ouvrir à nous, puisque les Religions participent de cette croyance ultime et que la Science nous donne des éléments pour tenter de comprendre ces phénomènes, tout ce que nous faisons est orienté vers cette fin et accompagne nos actions dans toutes les hypothèses qui s'offrent à nous. Ne recherchons-nous pas sans cesse un autre état qui corresponde à celui du monde ? Ne cherchons-nous pas à nous extirper de notre cécité ? Enfant, tous les rêves sont possibles, et puis le jugement se fonde sur des contextes précis, sur des mesures, des observations. L'écrivain tente de se découvrir, l'astronome se fie aux étoiles. Et tout cela participe à l'enrichissement culturel. Mais qu'en est-il de la véritable et incontestable Vérité ? Cette question que chaque physicien se pose au fond de lui-même ? Quelles sont les réponses à notre quête incessante ? Qui peut le dire ? Sinon celui à qui a été révélé ce secret. C'est pourquoi je ne crois à aucun dieu, je crois en la Science et à sa faculté d'élargir mes horizons. C'est pourquoi je fais confiance à la mort pour me révéler le visage de l'au-delà. C'est pourquoi je ne serai jamais satisfait des réponses, même des plus précises, que chaque instant de la vie pourrait me révéler.

20:40 Publié dans Réflexions | Lien permanent