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22/09/2006

CAF à gogo

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« Merci de préparer votre numéro d'allocataire ou une pièce d'identité », c'est ce qui est marqué à l'entrée de la Caisse d'Allocations Familiales. Alors, il faut entrer et crier : « - Je suis poète et je veux des sous car la poésie ça fait mourir de faim » ou encore : « - Je suis un dangereux délinquant alors il me faut des sous sinon j'irai casser les voitures » ou encore : « - Je supporte plus mes parents, alors il me faut des sous pour me payer une chambre à l'hôtel » ou encore : « - Donne-moi des sous sinon je nique ta mère » ou encore : « - Je voudrais des sous s'il te plaît pour partir aux Seychelles »... Notez que vous parviendrez mieux à vos fins en affichant un grand sourire cravaté avec attaché-case et Rolex en la jouant cool : « - Salut chérie, je voudrais des sous s'il te plaît ? » Notez encore que nos hommes politiques ont bien compris la solution en piquant directement dans les caisses. Mais si vous êtes pensionnaire à  Cachan, enfant d'immigré, si vous ne vous appelez pas Jean-Pierre mais Abdel et que vous avez beaucoup de mal à cacher un bronzage avantageux, ne vous inquiétez pas : la nouvelle inquisition est là pour faire la circulation et vous dire à quelle porte aller frapper : celle de l'ANPE ou bien celle du placard à balais sous la cage d'escalier. Et soyez tranquille : des sous, il n'y en aura pas pour tout le monde donc vous pouvez rêver du sommeil de bébé dans les draps de maman. Et si vous pensez qu'un lycée, une petite bourse et de belles considérations vont faire de vous un PDG, vraiment vous vous êtes trompé de continent. Ici, il faut jouer en bourse ou au Monopoly. Si vous avez le malheur de ne pas appartenir à la bonne catégorie sociale, l'oncle Sarkozy va s'occuper de votre cas et vous botter le derrière avec les félicitations du ministère et le mot au maton. C'est vrai, quoi ! Un peu d'ordre tout de même ! Y en a qui vont aller en prison à tour de bras ! Des sous... des sous... il y a pas marqué Crédit Mutuel là, non ? Et puis tout le monde au pas ! L'oncle Nicolas va vous botter le cul ! Ah, mais moi, je suis blanc avec un nom français, pas touche, hein ! Je suis né dans le trou du monde, moi, ici ! Alors, j'ai le droit de me pointer ici et de demander : « Des sous, s'il vous plaît, la bonne charité pour vivre et nourrir mes poissons rouges. » « - Bien sûr monsieur, je vous donne des petites coupures ou les billets de 500 ça vous va ? » (Je n'ai pas osé demander toute la caisse... il faut penser un peu aux autres tout de même.)

20:25 Publié dans Société | Lien permanent

19/09/2006

Virgule

Très loin de la Star Academy et des flonflons de la télé, « Virgule est un projet protéiforme et hybride », une énergie souterraine comme il en existe un peu partout (y en a qui aiment pas, y en a qui disent que l'underground met de la confusion dans les esprits de nos jeunes - c'est pas carré, ça passe mal à la brosse à reluire, je ne citerai pas de noms, suivez mon regard) et qui met un peu d'intelligence dans ce marasme plat, un peu de vie dans un électrocardiogramme ras la moquette et qui pourrait finir par nous engloutir dans le néant total en faisant de nous des robots. C'est pas commercial, et la plupart du temps c'est distribué à la sauvette à la sueur du front de ceux qui la confectionnent, Rodolphe Olcèse en tête. Le numéro 1 a été un recueil de 64 pages tiré à 300 exemplaires vendus (le plus souvent donnés) déposés en librairies à Paris et à Cherbourg. Virgule 2 a été une séquence de film : « I wanna be your rom », diffusée en festivals. Virgule 3 est un « fanzine » de 12 pages, photocopié en 50 exemplaires et distribué gratuitement de manière aléatoire. Le numéro 4 paru en juillet est de nouveau une revue de 28 pages ; il peut être adressé gratuitement contre une enveloppe timbrée, ( se renseigner à l'adresse : rodolphe@lenversdugeste.com ) ou téléchargé librement au format pdf. « Rien n'est tranché pour les prochains numéros » me dit Rodolphe Olcèse (qui a été publié dans Mot à Maux n°5), mais les idées sont nombreuses pour cette association qui organise aussi des concerts de rock et des projections. On peut consulter le site de l'association à cette adresse : http://www.lenversdugeste.com/. Virgule est un témoignage de la résistance de la création contre l'univers carcéral qui gouverne nos vies. Un peu de désordre n'a jamais fait de mal à personne, surtout quand ce désordre contribue à mettre du sens dans nos vies.

21:25 Publié dans La revue des revues | Lien permanent

16/09/2006

Voyager II

Les poètes ont la chance inouïe de n'être pas soumis à la loi des électeurs. Ils n'ont que faire des sondages, des prévisions. Ils n'ont pas peur de parler. Ils n'ont pas la crainte de décevoir, sinon que leur écriture ne soit pas assez sensible, que leur rage ne soit pas assez palpable. Privilège rare que cette liberté de parole, il convient d'en profiter ! C'est ce que je fais un peu ici. C'est ce que les amis font. Donc ça parle, ça discute chacun avec ses mots, ses moyens. On n'est pas là pour se tirer dessus comme le font les politiques, on a certainement d'autres intérêts et ce n'est pas plus mal.

Le premier problème des scientifiques qui tentent d'observer le ciel, c'est la pollution humaine et l'atmosphère. C'est pourquoi Hubble nous a fourni de si belles images. Remonter très loin dans le ciel nous permet de flirter avec les premiers temps de l'univers. Le poète, quant à lui, tente de retrouver les premiers principes, les premiers instants de la genèse. Pour peu que l'un ou l'autre arrive par ses propres moyens à établir une certaine vérité du monde (unifier une théorie du Grand Tout) il restera toutefois quand même inévitablement la possibilité que les choses soient autres. Alors, si l'on réussit à trouver un principe universel à la formation des étoiles, un éclaircissement sur ce qu'est la mort, si l'on arrive à déchiffrer les mystères de la vie, il restera toujours cette réserve, cette mise en garde originelle à partir de laquelle on pourra dire : « Je profite de ce que la création a fait, de ce que la vie peut être belle, tout en sachant qu'il pourrait en être tout autrement. » L'angoisse existentielle ne tient pas seulement au fait de ne pas savoir, elle tient surtout au fait que tout pourrait être autrement.

Et puis, n'est-ce pas l'extra-terrestre qui nous regarde et qui se dit : « Vraiment, quelle bande d'abrutis ! » Et s'il arrive à se défaire de nos nuées nauséabondes, aurait-il vraiment envie de se jeter à l'exploration de notre inconscient ? N'aurait-il pas plutôt intérêt à fuir rapidement dans une autre direction ? Avec toutes nos horreurs, avec toute cette haine qui circule ! Vraiment, il aurait fait une grande découverte ! Nous ne sommes pourtant pas trop méchants, au fond, il convient de nous connaître, et puis on peut prendre un verre et puis c'est bon. Il faudrait peut-être envoyer un signal... Ils risquent bien de ne pas trop comprendre. Alors, moi je regarde le ciel et je me dis : « C'est quoi derrière ? Je vais aller où quand... enfin, vous savez... quand ce sera le moment... » J'en sais rien, je sais pas. Fous moi la paix ! Alors je reprends mon sac, et je me dis que rien ne m'empêche de sauter tout de suite...Ola, doucement... Je reste là, parce que j'aimerais bien savoir quand même, avant de partir, si c'est mieux, après, on sait pas. On sait jamais.

Alors, à l'extra-terrestre sur sa fusée, je dis : « Gare-toi pas là, quelqu'un risque de faire une grande éraflure sur ta bagnole. Ce s'rait con quand même, non ? »

21:10 Publié dans Réflexions | Lien permanent