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Mot à Maux - Page 10

  • L'aventure Mot à Maux

    Le site Recours au Poème met en ligne un article de Marilyne Bertoncini à propos du numéro 7 de Mot à Maux. Une critique amicale de la revue, alors que le numéro 8 passe à l’impression. L’occasion de faire le bilan de l’aventure Mot à Maux et d’évoquer l’avenir. Le temps de la maturation, celui des projets et des désirs pour la revue. Merci à Marilyne Bertoncini pour cette présentation. La revue circulera fin mars par la Poste.

    https://www.recoursaupoeme.fr/le-retour-de-mot-a-maux/

    Visitez Recours au poème et ses multiples ressources : https://www.recoursaupoeme.fr/

     

     

  • J'ai fait un rêve

    Certains se réveillent courageux… Après avoir bâillé et pris leur café, ils vont en robe de chambre se mettre devant la machine à écrire. Moi, je me réveille le matin avec un désespoir infini, la première pensée qui me vient à l’esprit est l’envie de mourir. Ils disent qu’ils sont dans un moment privilégié d’inspiration, que le chat à la fenêtre et les fleurs dans le jardin font remonter en eux une soif d’écriture. Et puis, ils disent l’aube naissante, la beauté des arbres et le chant des oiseaux. Moi, je dis la douleur de vivre, la torture d’avoir un esprit fragmenté. Comment puis-je faire autrement ? Les mots sont des lames acérées. Mes maux sont l’impossibilité de supporter, de soutenir un état normal. Alors, ma normalité se perd dans des scarifications et le fumier des jours. Le matin, les artistes jouent du piano, une mélodie de Bach ou de Mozart. Les éboueurs vident les poubelles. Les boulangers font des petits pâtés de pain. Moi, je fais remonter l’angoisse dans des volumes où mon esprit se déchire et cesse de se tenir sur ses deux jambes. Que de facultés que moi je n’ai pas ! Et comment parvenir à exister quand la torpeur se mêle au néant ? Eux ont les mots, le langage… Moi je n’ai que cette impossibilité de vivre. Alors, faut-il se lever le matin pour supporter la croix du chemin journalier ? Faut-il accepter de porter encore le fardeau ? Pour certains, le soleil est promesse de jour naissant, de poésie, de peinture. Pour moi, c’est la même promesse d’être malheureux, anéanti dans les effluves de la vie sociale. L’écriture donne-t-elle un sens au passage, comme un baume apaisant ? Donne-t-elle raison au jour ? L’envie de vivre et d’aller en avant ? La faux s’est abattue sur mon chemin mental. Et je lis des gens heureux de vivre. Et je lis des gens aussi désespérés que moi. Le matin ne m’appartient pas. C’est juste le moment de la journée où tout recommence. L’éternel recommencement des jours. L’éternel instant où je me dis que rien ne vaut la vie rêvée. Il faudrait que ce soit cela le matin : un rêve qui dure encore.

     

  • Éviter le piège

    Voici un article de François-Xavier Farine paru sur le site de la Médiathèque départementale du Nord, le 28 juillet 2015.

     

    François-Xavier Farine :

     

    « Éviter le piège de « l'édition à compte d'auteur » :

     

    Même si, pour tout jeune auteur, cette perspective peut paraître, au premier abord, alléchante, je vous déconseille d'opter pour ce genre de publication.

    Pour quelles raisons ?

    - Cela risque de devenir rapidement un gouffre financier insurmontable pour l'auteur débutant que vous êtes. En effet, dans le cadre d'une « publication à compte d'auteur », l'auteur paie intégralement ou quasi intégralement le coût de son livre.

    - Vous aurez l'impression d'avoir publié un « vrai recueil » sauf que, « revers de la médaille de ce type de publication », vous ne serez pas du tout pris au sérieux par le milieu de la poésie. Les « instances poétiques » ne vous auront en quelque sorte pas intronisé : ni les revues, ni les poètes confirmés, ni les critiques qui font autorité en la matière. D'une certaine manière, en tant qu'auteur, vous vous exclurez vous-même du milieu de la poésie contemporaine, des circuits de l'édition, des réseaux de distribution des librairies, des bibliothèques, etc.

    - Dans le cas d'une édition à compte d'auteur, l'auteur doit également souvent se charger de la distribution de son livre dans le monde de l'édition (Services de Presse aux revues, démarchage des librairies...)

    En bref, non seulement l'auteur se verra lui-même chargé d'un travail considérable qui incombe normalement à un véritable éditeur (travail de relecture, réalisation de la maquette, coût financier de son livre, distribution des SP, démarches commerciales auprès de tous les acteurs de la chaîne du livre...) mais l'auteur n'aura pas non plus le gage que son livre soit, au final, remarqué, ni vendable, ni même simplement diffusé, etc.

    Comme première approche du monde de la poésie et de l'édition, vous ferez le fâcheux constat de vous être fait berner sur toute la ligne. Pire, cela risquera même d'entamer à court terme votre désir d'écriture, bien réel, celui-là !

     

    Pout tout jeune auteur, le chemin vers la publication est toujours sensiblement le même. Il lui faudra s'efforcer de ne pas perdre confiance, de maintenir une pratique d'écriture régulière, en lisant, découvrant et en confrontant son travail avec celui des autres poètes confirmés ou en devenir, tout en continuant « à enfoncer le clou de sa présence » au sein des revues de création actuelle. »

     

    Médiathèque départementale du Nord

     

    Le blog de François-Xavier Farine : http://lefeucentral.blogspot.com/