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Mot à Maux - Page 10

  • Poèmes sans titre, Axel Sourisseau

    Nostalgie blanche

    perdition crayeuse

    sur un torrent de peau

     

    Te rend beau la poussière.

     -

     

    La nuit poignarde

    les flancs du sommeil

     

    Le rêve épargne aux dormeurs

    la vision de leur crâne

    fendu

    au lever du jour.

     -

     

    Ange profane

    à la silhouette rousse

    attache le vertige à

    nos visages

     

    il délestera nos masques

    oxydés.

     -

     

    Éteindre le cosmos

    rassembler ses débris

    puis les éparpiller sur les épaules

    du vent.

     

    (inédits)

     

    Axel Sourisseau est au sommaire du dernier Mot à Maux. Il est lauréat du prix de La Crypte – Jean Lalaude en 2017, pour son premier ouvrage : Le ravin aux ritournelles.

     

  • À un paradoxe près

    Les temps sont durs pour les écrivains. Quand je vois qu’un auteur publie cinq livres aux éditions La tarte et le pion, avec un budget serré pour chacun, je me dis que je suis bien couillon de chercher à publier mon dernier bébé chez un bon éditeur ! Je pourrais me contenter d’envoyer mon manuscrit avec leur formulaire de contact, réponse sous huit jours, respect de la confidentialité, professionnalisme oblige ! Ce n’est pas difficile de publier un livre, il suffit de traverser la rue et d’aller chez La tarte et le pion … La porte est toujours ouverte, il y a toujours un contrat à traîner dans un coin, il suffit d’apposer sa signature et de parafer chaque page. Ici la vie est simple, on vous garantit la publication de votre livre dès réception du premier chèque. Oui, je suis bien con de me fatiguer pour rien alors que je pourrais avoir mon bouquin à 150 exemplaires chez La tarte et le pion, moins cher que chez Darty, avec service après-vente ! Je serai même référencé dans les rayons d’Intermarché et de chez Leclerc, vous imaginez la notoriété ! Et il paraîtrait que pour quelques euros de plus, j’aurais droit à une note de lecture personnalisée de la part de l’éditeur, publiée sur le site en première page ! Leur couverture n’est pas si moche, il faut juste s’habituer à la mise en page un peu trop resserrée à première vue mais qui fonctionne bien quand le livre est pris à bras tendus. De toute façon, tout se paie aujourd’hui… Je perdrai juste quelques centaines d’euros, c’est pas la mer à boire ! Et au moins j’aurai mon bouquin. De bons écrivains ont eu recours au compte d’auteur, savez-vous… Je ne vois pas où est le problème. Un livre est un livre. Il ne faut pas trop chercher des noises au compte d’auteur ! Aujourd’hui chacun peut avoir son bouquin estampillé La tarte et le pion. C’est une sacrée révolution : n’importe qui peut publier tout et n’importe quoi ! C’est même une liberté fondamentale, un privilège pour les sans-grade, une justice pour les auteurs ! Alors je ne vois pas où est le problème. Pourquoi je me casse pour publier chez un bon éditeur alors que je peux faire tout ça facilement en allant voir ailleurs ? Mon bébé s’habituera bien à avoir de nouveaux parents, pourvu qu’il ne soit pas orphelin ! Pourquoi se compliquer la vie alors qu’il est si facile de publier son bouquin chez La tarte et le pion ? Mais de toute façon il y a plein d’autres éditeurs pour se charger de votre avorton. Elle est pas belle la vie ?

     

     

  • "Flagrant délit de poésie", de Majead At'Mahel

    Flagrant délit de poésie

     

    (La poésie donc…)

    La poésie est un métier intrinsèque

    Au grand dam de mon banquier

    Qui ne pourra jamais s'enrichir

    Sur le dos de ma métaphore

    Ou m'octroyer un prêt

    Vu qu'à part des billets de blog

    En libre circulation sur le net

    Ou dans des revues

    Je n'ai aucun crédit

     

    (Je lis du verlaine

    Je parle le verlan

    Trop subtil pour les esprits ikea)

     

    Jusqu’à présent

    Je n’ai fait que déposer

    Ma signature au dos de l’échec bancaire

    Car ma poésie n'est pas bankable

    Elle n’est pas imposable

    Elle ne nourrit pas son homme

    Ni ma femme

    Encore moins mes enfants

    À quoi sert la poésie alors ?

     

    Elle sert à desserrer les dents

    Et à resserrer la ceinture du pantalon

     

     

    Majead At'Mahel (alias @rt'felinat) est au sommaire du dernier numéro de Mot à Maux.