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Mot à Maux - Page 6

  • Rédaction

    « Il y a une espèce de honte d’être heureux à la vue de certaines misères », a écrit La Bruyère. Avez-vous déjà éprouvé ce sentiment ? Dites avec précision dans quelles circonstances, en face de quelles souffrances physiques ou morales. Quelle attitude, selon vous, devrait-on avoir et quelles actions pourrait-on envisager face à la misère des autres ?

    Sujet du 25 novembre 1988, classe de Troisième 1

  • Entretien

    motamaux.jpg"Mot à Maux, une revue, un souffle, un cri, un engagement, une respiration..." Par Cécile Guivarch (entretien réalisé et publié sur le site Francopolis en juin 2005)

     
    Teri Alves, membre de Francopolis, confie : "Tout au long des cinquante pages de sa nouvelle revue, Daniel Brochard entreprend avec succès d’ouvrir l’éventail de la poésie en train de s’écrire."

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    Cécile Guivarch : D'où est venue l'idée de créer Mot à Maux ?

    Daniel Brochard : C’est quelque chose qui a mûri en moi. Je pense que l’idée était présente dès le printemps 2004. C’est là que ça a dû germer. A l’époque, j’occupais une chambre vétuste au quatrième étage d’un immeuble à Bordeaux. Il faut savoir que ça correspondait exactement avec la période où je me suis séparé de l’écriture poétique. J’écris depuis 1991, des recueils. Avec le dernier j’ai abouti au terme de ce que je pouvais dire par le poème. Ca a été une libération en quelque sorte. Je me demandais ce que je pouvais bien faire des jours qu’il me restait et l’idée est venue de créer une revue. Je voulais rester en contact avec les mots, ne pas me séparer de cet univers pour lequel j’étais fait véritablement. La chose est restée en sommeil jusqu’à février 2005. A partir de ce moment tout s’est fait très vite. J’avais déménagé aux Sables d’Olonne, je m’ennuyais un peu je crois, et cette idée est revenue, un soulagement, j’entrevoyais enfin un avenir possible au sein des mots. J’ai vraiment senti que je pouvais ouvrir une autre page, que ma passion pour la poésie pouvait s’exprimer à nouveau. Pour sortir le numéro fin mars, tout est allé très vite.



    Quelles ont été les conditions de mises en place ? Cela vous a demandé combien de temps?

    J’avais quelques publications en revue et j’en recevais quelques-unes. Esthétiquement je savais ce que je voulais faire. J’ai utilisé Internet et ma bibliothèque. Le site Pleutil.net m’a fait découvrir l’écriture remarquable d’Emeric de Monteynard dont j’ai commandé les livres, Paul Kodama m’a enchanté par ses textes, Gilles Bizien aussi, son écriture m’a touché. Puis naturellement Sandrine Bettinelli et Jean-François Roger, lauréats du prix Orage-Lagune-Express… Anne Poiré et Patrick Guallino ont été adorables. Tous m’ont porté et encouragé. J’avais un peu peur de toutes les formalités. La lecture du livre « La revue, mode d’emploi » de Jean-Jacques Nuel m’a aidé à définir mon projet, à savoir quoi faire. Le titre « Mot à Maux » a été trouvé tout de suite. J’avais tous les éléments avec moi, ça a été un plaisir, une aventure ! Deux mois de travail, à chaque pas la revue se construisait peu à peu, sans grandes difficultés.



    Vous m'avez écrit à propos de votre revue : "Mon objectif est de défendre des textes qui portent sens, des écritures exigeantes, empruntes de révolte, d'engagement et qui évoquent mille et une choses..." et dans votre appel à texte vous écrivez : "Mot à Maux recherche des textes exigeants (poèmes, proses) de poètes dont l'écriture est un souffle, un cri, un engagement, une respiration...". J'aimerais en savoir plus...

    Tout d'abord je dois dire que la poésie, l'écriture est une interprétation du monde. La poésie véhicule un questionnement commun à tous les hommes. Ce qui m'intéresse, c'est retrouver dans les poèmes que je lis une recherche qui, si elle est propre à chacun, s'exprime quand même universellement. La revue est un espace de création qui accueille des poèmes dans la mesure où ils répondent ou tentent de répondre à ces interrogations. Je souhaite que la revue devienne un lieu d'échanges et de rencontres ouvert aux auteurs connus ou non. Nous souffrons cruellement de lieux d'expression, or la poésie nous permet de nous rencontrer, de confronter nos idées, de créer une réelle communauté. Je pense qu'il est très important pour un écrivain de pouvoir lire ce qui se fait autour de lui, d'inscrire son histoire personnelle dans la lignée de celle des autres, en ce sens l'écriture et la lecture sont une respiration. La revue ne sera lue que par quelques personnes passionnées, mais elle sera une pierre de plus sur le chemin de la petite édition.



    J'ai pu lire dans le numéro 1 de très bons auteurs comme Cathy Garcia, Gilles, Bizien, Sandrine Bettinlli, Emeric de Monteynard, pour n'en citer que quelques-uns et donc je suis curieuse de connaître vos moyens pour "dénicher" ces bons auteurs ?

    On n’insistera jamais assez sur l’importance de la lecture. Ma bibliothèque constitue un fonds documentaire qui, au fil du temps, s’est développé. Jamais assez ! Les recueils, les revues, les anthologies constituent l’outil essentiel. Je fréquente aussi la bibliothèque municipale. Un second moyen est Internet. C’est un vecteur exceptionnel d’actualité et d’expression. Cela m’a permis de rencontrer des poètes comme Cathy Garcia, Alain Crozier et le blog de Jean-Jacques Nuel… Le travail de revuiste se rapproche un peu du journalisme. Il ne suffit pas de lire un texte une fois, il faut le recouper avec d’autres, s’imprégner de l’univers de l’écrivain, lire ses livres. Tout cela crée une émulation, des pistes se rejoignent, diffèrent, s’interposent. Le blog de la revue est en partie destiné à créer ces rencontres. J’apprécie les auteurs qui ont une véritable démarche de création, un véritable moteur qui les pousse en avant. Déjà pour le second numéro, plusieurs poètes se sont présentés spontanément. J’espère aussi que les acteurs du livre pourront relayer mon travail. Et puis l’important est de rester à l’écoute de l’actualité poétique, de la création, des auteurs.



    Comment voyez-vous l'avenir de la revue ?

    La revue constitue mon dernier lien avec la poésie. Je continuerai à publier des textes importants, novateurs et je resterai au service des poètes nombreux qui ont une véritable voix, une rage, un souci de l'expression la plus juste. Pour que la revue s'impose de part sa qualité, un véritable suivi de l'édition est essentiel, je continuerai donc à lire la poésie et à solliciter les auteurs. Un réel souci de qualité est indispensable pour rester dans une communauté d'échange avec les autres revues, les éditeurs et les lecteurs. La revue c'est aussi le blog qui me permet d'élaborer une réflexion sur le sens des mots, de la poésie et du langage et qui devrait permettre aux auteurs de Mot à Maux de pouvoir s'exprimer. Par ailleurs, je veillerai à ce que la revue soit présente en librairies et en bibliothèques...



    La prochaine édition est donc fin juin et sera trimestrielle.

    Oui, cela me semble être un bon rythme. Je peux déjà citer quelques poètes qui seront publiés : Gabriel Arnaud, Evelyne André-Guidici, Cécile Guivarch, Philippe Bray, Olivier Bastide… Le second numéro s’annonce homogène et sera plus facile à réaliser !

     

    Et comme me souffle Teri Alves : "50 pages, 15 auteurs, le premier numéro de la revue créée par Daniel Brochard, Mot à Maux, exclusivement consacrée à la création littéraire, n’a qu’un seul défaut : nous faire saliver d’impatience jusqu’à la seconde livraison."

     

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    CE QU'ILS EN PENSENT

    J'ai aimé (en plus de tout ce que je vais oublier de citer) dans la revue Mot à Maux le sérieux avec lequel Daniel Brochard a choisi les textes, prenant son temps pour discuter, sélectionner les textes qui lui convenaient et expliquer pourquoi il n'en retenait pas certains. La place accordée aux auteurs, petits et grands également choyés, avec un espace de plusieurs pages pour chacun, ce qui permet de se faire vraiment une idée du style et du travail d'un auteur. Et petit détail: le format "poche" bien plus pratique que les grandes revues à ranger dans sa bibliothèque !

    Sandrine Bettinelli, auteure figurant dans le numéro 1

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    Je suis toujours heureux de la naissance d'une revue, cela témoigne de la vitalité de la poésie et de la volonté de faire partager des pages qui ont touché juste. Ces revues dites "petites" sont souvent aussi bien plus généreuses que les "grandes", et indispensables pour aider les jeunes poètes dans leurs premières publications. Il y a quelques années déjà les premières revues qui ont accueilli mes poèmes ont été Foldaan, Orion... qui s'en souvient ? et "Décharge", qui tient toujours la route. Dans Mot à maux, Daniel Brochard se donne pour ambition de présenter des "voix talentueuses" et de "susciter un débat contradictoire sur la poésie" : il y a là de quoi nourrir pas mal de numéros encore... Bonne route !

    Antoine Emaz, poète et lecteur

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    Le premier numéro est de bon augure. Il faut encourager cette revue afin qu'elle grandisse (dans tous les sens du terme).

    Daniel Leduc, auteur figurant dans le n° 1

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    Par la richesse et la diversité de ce premier numéro, la revue Mot à Maux se place d’emblée comme une valeur sûre des passeurs de poésie.

    Teri Alves, membre de Francopolis et lecteur

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    C’est toujours difficile de parler du numéro 1 d’une revue, on y voit tout, maladresses et réussites, promesses et confirmations, j’aime justement qu’il y ait ce mélange. Le parfait est ennuyeux. Je connais ou j’ai lu déjà pas mal d’auteurs de ce numéro. L’ensemble se tient bien, il y a de la variété et c’est le reflet de la poésie actuelle. On s’y sent bien. J’attends le 2 avec impatience et plaisir.

    Jean-Pierre Lesieur, auteur figurant dans le n°1

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    Qu'est ce que la poésie ? Quand on ne me pose pas la question, je sais ce qu'est la poésie. Quand on me pose la question, je ne sais plus. C'était histoire de paraphraser St Augustin et de faire travailler les grands textes. Mot à maux se goûte simplement, sans avoir à se poser de question. La qualité est là, sobre et claire, et nous dit ce que sait Daniel Brochard, de la poésie, par ces textes qu'il accueille, à qui il donne une place, un écho dans sa "maison". Je suis très honoré d'y avoir été invité.

    Emeric de Monteynard, auteur figurant dans le n°1

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    Une nouvelle revue poétique c'est toujours une aventure, surtout quand il s'agit comme ici de partir à la découverte d'auteurs peu connus, très différents les uns des autres. Mais le pari est réussi, on découvre - si on l'avait oublié - que la poésie contemporaine est particulièrement vivante en France, au delà des grandes maisons d'éditions et des revues historiques, qu'il existe un peuple de poètes dont la voix ne pourrait se faire entendre sans ce genre de revue. Longue vie à Mot à maux !

    Xavier Jardin, lecteur  

     

    Par Cécile Guivarch, pour Francopolis, juin 2005. (Merci à Francopolis pour la reproduction de cet entretien).

  • Lettre à un éditeur

    Cher monsieur,

    Comme je vous l'ai dit, je ne suis pas favorable à une souscription. Mon ouvrage se vendrait très bien avec un compte d'éditeur. Je ne peux demander à 65 personnes se souscrire à un livre qui n'existe pas encore : ne serait-ce pas une forme de mendicité de ma part ou de compassion de la part du lecteur ? J'ai un réseau important de contacts depuis des années : comment pourrais-je leur demander de débourser 12 euros en leur faisant comprendre que sans cette somme, une publication n'est pas possible ? Ne serais-je pas obligé à leur place de souscrire ? Certes, les questions financières nous empêchent de publier un livre... Mais le risque en édition fait partie du métier. Je n'ai pas de quoi acheter 800 euros de souscription et je n'ai pas envie de mettre mes amis, mes connaissances devant le fait accompli. Mes amis me soutiendraient pour un compte d'éditeur, encore une fois, je le sais d'avance. Les mettre devant un choix qui n'en est pas vraiment un me paraît moralement inconcevable. J'espère que vous comprendrez mes scrupules. J'aurais aimé que vous me fassiez confiance. Certes, vous me mettez au courant de votre point faible, vous n'êtes pas commerciaux, mais une édition en poésie est aussi un risque partagé entre auteur et éditeur. Je suis prêt à prendre des risques mais pas à remettre en cause mes amitiés. Je vous l'ai dit, ma malheureuse expérience chez X m'a vacciné pour toute souscription. Je ne peux plus entrer dans des calculs sans me poser la question de leur faisabilité. Dans l'état actuel des choses, je ne peux aller plus loin avec les éditions Y (à moins de revoir leur fonctionnement) et regrette de vous avoir pris autant de temps pour mon ouvrage. Je vous souhaite le meilleur dans vos démarches.

    Cordialement,

    Daniel Brochard