01/12/2006
Disparition
Je me souviens d'avoir créé la revue Mot à Maux avec le sentiment d'une parole poétique à partager. Je recevais des revues, je publiais, je pouvais aussi apporter ma pierre. Bien que dans le flou, je pensais que la revue pouvait être un espace de liberté. Conseillé par un écrivain rencontré sur le Web, je créai à tout hasard ce blog, pour « parler et faire parler de la revue ». Elle fut bien accueillie parmi les poètes grâce à la vie qui existe sur de nombreux sites Internet et grâce aux revues qui ont bien voulu tenir compte de Mot à Maux dans leurs comptes-rendus de lectures. Je m'enrichis personnellement des contacts entretenus et les rencontres me firent notamment comprendre toute la dimension sociale sous-jacente à cette activité. La poésie peut, elle aussi, sortir des livres. Il est possible d'adopter un nouveau contrat social... tant que la parole existe et tant que les structures sont là pour la porter et la dévoiler au public. Nous sommes tous un maillon de la chaîne. Ainsi, la force des nouvelles technologies rattrapa mes projets de revue papier, elle fut doublée de notes rédigées régulièrement, au début autour de l'actualité poétique, puis très vite des sujets divers apparurent. Je compris un besoin en moi de parole et trouvai un lieu idéal pour m'exprimer. Moi qui avais rompu depuis un an avec l'écriture poétique, je ne pensais pas me lancer ainsi dans une nouvelle période d'écriture... et pourtant ! Je ressentis très vite les possibilités de ce nouveau canal ! Ces notes furent assez modestes et non pas de la poésie, mais suffisamment désirées et plus que de simples ratures. Mon but était donc de parler d'une autre façon que par la poésie, elle qui m'avait laminé et desséché pendant douze ans. Un bébé qui met douze ans à sortir... c'est long, non ? Alors, je me suis juré d'oublier très vite les principes douloureux de cette écriture. J'ai trouvé ici le lieu pour une « écriture païenne » et libérée. Vengeance ou rage sur la vie... La motivation était en tout cas différente. Chaque instant n'est-il pas fait de regrets, de désirs blessés, de mots ratés qui peuvent faire de la vie un enfer ? Les faux pas, les chemins rocailleux, il aurait fallu les prévoir avant ! Mais peut-on avoir cette lucidité à 17 ans ? Alors, ce qui importait n'était-il pas cette écriture, quelle qu'elle soit ?... Point final. La vie... La poésie... Deux espaces différents qui se rencontrent, fusionnent, s'excluent violemment ou se font ennemis mortels. Trouver, au bon moment la bonne clef et la bonne porte ! Peut-être, tout n'est-il pas raté... Certaines choses ont pourri, d'autres se sont libérées de façon quasi révolutionnaire. La poésie, au bout du compte, n'a-t-elle pas appelé à elle la presque totalité de mon énergie ? Alors, tout se crée, tout s'imbrique, chaque pièce trouve un jour sa place. Pas de regrets d'abandonner ce blog. Pas de regrets de renoncer à écrire. Au contraire ! Il me reste un travail sur moi... Est-il sans fin ? Ne faut-il pas se préparer à chaque instant à une mort inévitable ? La poésie qui cherche à comprendre. La poésie qui pose des questions. La poésie qui a soif ! Alors, se préparer à une telle mutation... la désirer dans son corps, d'une façon mystique ou religieuse ! Que faire d'autre ? Merci à tous les amis poètes. Tombée du rideau ici après le rappel. Fin. Larmes. Une petite pierre parmi d'autres. Un chemin. C'est ainsi que va la vie. Désir d'ailleurs. Soif de contemplation, d'autres horizons. Malgré les ennemis, les heurts, les chutes. L'esprit, sans cesse, avance.
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27/11/2006
Poésie quantique II
Qu'y avait-il à l'ère de Planck* ? En effet, nous nous sommes éloignés du mystère de cette 10-43 seconde où le secret aurait-pu être révélé. Nous avons voyagé durant ces milliards d'années dans l'ignorance profonde des plans de notre créateur, voilà que la question de l'origine se pose encore une fois. Par quels détours un tableau passe-t-il avant de finir derrière une vitrine ou sur un mur d'exposition ? Comment les pigments des couleurs se sont-ils sédimentés avant de devenir jaune de Naples, bleu Turquoise ou vert émeraude ? Mais le vendeur s'en soucie-t-il ? Il se contente de savoir que les tubes sont fournis par Sennelier ou Talens et que plus il en vendra et plus son week-end sera doré ! Alors, il se fout de savoir si je suis malheureux ! Il se fout qu'il y ait un clochard qui crève dans la rue. Avant d'être peint à l'huile, mon tableau n'était que fibres de lin, térébenthine et terre ocre ou mauve. On remuait la pâte dans les usines, autour de recettes séculières. Il y a eu du rouge carmin, du bleu de Sèvres, de la terre de Sienne. Il y a eu mille explosions dans le ciel. Dix-mille nébuleuses se sont croisées. Ca partait dans des feux d'étoiles ! Mais avant ? Avant d'être un ciel, un chemin, un arbre... Avant 10-43 seconde ? Il y avait quoi avant la douleur de perdre la vie ? Avant que je serre les mains de grand-maman ? Il y avait quoi avant nos jeux dans le jardin et la balançoire ? Maman m'a parlé. Elle m'a dit : « - Regarde ! Le ciel. Tu vois, les étoiles. C'est là-bas que nous irons un jour. » Papa m'a dit : « - Prends tes pinceaux et dessine le soleil. » Alors, j'ai regardé en l'air, j'ai mis de la couleur. J'ai offert le tableau à grand-maman. Elle a dit : « - Comme tu es gentil ! » Alors, j'ai su qu'avant 10-43 seconde il y avait le sourire de grand-maman, le chat dans le jardin, les fleurs, la toile vierge sur le chevalet. Et avant ?
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23/11/2006
Connection
21:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Envoyer cette note