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02/11/2006

Ils sont là !

medium_OVNI-18.jpgL'information est capitale. Laissez tomber votre bouquin de science-fiction et accrochez-vous à votre chaise : les extra-terrestres sont parmi nous ! L'information courait depuis quelques années, puisque de nombreuses observations ont été réalisées, depuis l'espace lors des célèbres missions Apollo, jusqu'aux essais secrets d'engins mystérieux au-dessus de la fameuse Zone 51, en passant par les récits d'enlèvements et de disparitions qui jusqu'alors n'étaient que des faits divers. Voici que les témoins de soucoupes volantes ne seront plus pris pour des affabulateurs, puisqu'une assiette plate vient d'atterrir dans mon jardin sous les yeux éberlués de nombreux témoins qui n'en reviennent pas encore. En ce moment même, je suis en train de discuter avec Zorglub XXIII, chef suprême de la colonie des Icariens venus jusqu'à nous à bord d'un détachement de leur vaisseau-mère, lui-même en provenance de l'hyper-espace... Mais d'où viennent-ils ? De l'énigmatique planète Z découverte récemment par des astronomes américains dans la constellation du Sagittaire. A quoi ressemblent-ils ? Ils ont la tête au carré mais n'ont pas de cheveux. Zorglub XXIII fait un mètre cinquante et ses compagnons ont tous le même costume gris-vert. Ils nous ressemblent en fait de très près et sont capables de parler notre langage et même de devancer nos paroles. Je n'ai pas trop le temps de m'attarder puisque nos amis m'invitent à visiter leur soucoupe (qui ressemble de très près à une cocotte de chez Moulinex) et je m'empresse de les suivre. Au cas où je ne reviendrais pas, je lègue tous mes jeans et mes bouquins à Emmaüs, afin de participer à la réinsertion de tous les Compagnons. J'ai un peu les boules et les guirlandes de partir comme ça à 52 jours de Noël, mais quoi... il s'agit là d'une rencontre du 3ème type extraordinaire et pour ainsi dire historique, puisque nos amis se sont dits prêts à nous révéler de mystérieuses informations telles que la vérité sur notre propre Création et le pourquoi des nouilles qui cuisent en trois minutes dans un monde où l'essence est de plus en plus rare. Bref, je m'empresse d'enfiler mon manteau (glaglagla ici) et je file rejoindre mes nouveaux amis... Leur soucoupe fait des étincelles et y a des lumières qui tournent de partout, ça va être une sacrée soirée !

21:15 Publié dans Science | Lien permanent

30/10/2006

Bouge ta banlieue

Un point dans l'esprit permet, en dehors de tout brouillage, au poète, mais aussi à chacun, une position privilégiée face aux questions qui se posent aujourd'hui. Cette vision s'oppose à l'état de cécité dans lequel chacun peut se trouver à un moment de la vie, de l'Histoire ou de la civilisation. L'actualité nous donne autant d'exemples tragiques où les points de vue s'opposent, où les individus s'affrontent de façon verbale ou violente. Or, ce point permet au poète notamment d'acquérir une distance face aux événements en lui permettant de pouvoir saisir plus ou moins distinctement les données d'un problème. Tant que l'on puisse comprendre des phénomènes qui se passent dans divers états de conscience de la part de tous les protagonistes. Car, dans la vie réelle, les choses sont souvent bien plus complexes et enchevêtrées. Pourtant, certaines choses sont évidentes. Ces discours racistes de personnalités qui stigmatisent des populations entières me font vomir. Et plus l'actualité est tragique et plus le discours est radical. Parce que d'un côté une population jeune semble trouver dans la confrontation un juste prolongement de son malaise et de son sentiment d'être rejetée et que de l'autre rien n'ai fait pour atténuer cette inquiétude et cette rage ; parce qu'une population a le sentiment tout simplement de ne pas exister et de ne pas compter et que de l'autre côté les discours xénophobes appellent à toujours plus de rejet, l'homme juste a pour fonction d'éclairer la scène chancelante là où la haine et l'incompréhension sont totales. La banlieue est potentiellement un espace de richesses économiques et culturelles. Pour peu que la haine cesse. Toujours cette opposition entre l'image et ce qu'elle représente. Toujours cette question du sens qui se pose. Derrière la haine, il conviendrait de mettre des idées et de l'action. Les banlieues peuvent se développer si tout est mis en place pour accompagner ce mouvement. Encore faut-il autoriser la réflexion et la distance. Encore faut-il que les réflexes primaires et les discours de rejet cessent. C'est pourquoi le poète et chacun doivent-ils appeler à l'expression inconditionnelle des idées. La banlieue peut sortir du gouffre et les discours extrémistes seront battus. Les idées peuvent vaincre le racisme et la xénophobie. Le poète et chacun peuvent participer à cette construction.

20:45 Publié dans Réflexions | Lien permanent

26/10/2006

Face aux murs

medium_miro22.jpgCe graphisme n'est pas un vulgaire graffiti tracé à la hâte par des mains anonymes, il s'agit du « Mur de la lune », un assemblage de plaques de céramiques fait par Joan Miró en 1958 sur un mur d'un bâtiment de l'UNESCO à Paris. A l'heure où les bus flambent à nouveau, il faut se demander si les murs ne sont pas aussi et surtout dans nos têtes. Trop de choses s'accumulent dans les médias qui ne mettent l'accent que sur les faits divers alors que la richesse est partout, enfouie, assourdie, dissimulée dans les esprits de chacun. Certains gestes démontrent une opposition radicale face à un ordre établi, engagé contre des individus dont il chercherait à nous convaincre de l'impardonnable nocivité. Or, et quelques soient les noms que l'on donne pour faire vite et marquer les esprits, ces adolescents, ces jeunes, sont surtout désorientés et livrés à eux-mêmes. Peut-être, beaucoup n'ont-ils plus de repères, préfèrent-ils utiliser la violence pour marquer inconsciemment un déficit d'attention, d'éducation et d'écoute ; certes des comportements extrémistes existent, oui la violence engendre un chaos et une peur qui font oublier les véritables carences, mais je ne peux m'empêcher de penser à l'extrême richesse potentielle qui attend dans les quartiers pour peu que l'on veuille un jour lui prêter attention. Les murs dans nos têtes sont engendrés par un quotidien qui ne parvient pas à mûrir et à sortir des ornières et du train-train, or tout prouve qu'un sursaut véritable ne peux venir que de la confrontation des idées, et celles-ci ne peuvent être exposées que par une autre attitude face à tous les problèmes. Mais les médias ne nous facilitent pas la tâche en occultant de façon obscène les données de la banlieue. La misère, la violence, le racisme grandissent et un ministre met de l'huile sur le feu en espérant que la flamme elle-même sera un contre-feu. La télévision que l'on regarde trois heures par jour, nous donne à voir un monde édulcoré où l'utopie de la publicité rythme la marche des cerveaux, rien ne filtre, pas de débats, pas d'idées, pas de coups de gueule, sauf quand ça crame, sauf quand un adolescent désorienté pense trouver dans la radicalisation un nouveau moyen d'être, tout pourrit en silence, en sous-sol, dans la rue. L'UNESCO aurait beaucoup de travail à faire ici, je crois. Et Miró pourrait venir barbouiller un autre mur. Il n'y aura jamais assez d'énergie véritable pour combler le déficit d'écoute et d'attention face aux problèmes qui sévissent dans les banlieues.

21:20 Publié dans Société | Lien permanent