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Mot à Maux - Page 3

  • Mireille Disdero, "Corrosion"

    Note de Patrick Joquel (à propos de Corrosion, Mireille Disdero, La Boucherie Littéraire, 2019) :

    Ce n’est pas un guide touristique, ni un carnet de voyage. Non. Ce serait plutôt un livre d’amour. Amour qui appelle et dont l’envol permet de traverser la planète. Amour d’un pays, d’un continent, Thaïlande, Asie ; que l’on découvre au fil des mots comme on suit en filigrane l’histoire d’un amour humain.

    Des poèmes, de petites proses pour jalonner ces années asiatiques. Un livre de silence : voyageuse avec des yeux d’enfants et les mots restent en suspens. Trouvent une place sur le papier. Un carnet ? Un cahier ? Dont le temps, l’humidité, a effacé quelques lignes, quelques dates. Peu importe, on est là, dans ces pages, avec des couleurs, des paysages, des odeurs, des sourires… Des moments que l’on retrouve dans cet ailleurs, que l’on oublie dans le quotidien jusqu’à ce qu’un livre vienne nous rappeler que vivre c’est aussi demeurer cet enfant curieux et attentif au monde. Que ce monde soit celui de tous nos jours, ou celui du voyage.

    Du voyage, qu’il soit d’un jour ou d’années, on revient transformé, enrichi. Les pages d’un livre permettent le partage.

    Dos à la lumière, tiède comme un fruit de jacquier,

    tu dérives lentement vers autre chose que toi-même.

    Est-ce qu’on sait vraiment qui on est…

    https://www.patrick-joquel.com/jai-lu/

     

    Daniel Brochard (à propos d’Écrits sans papiers, Mireille Disdero, La Boucherie Littéraire, réimpression mars 2019) :

    « On sent tout l'amour du voyage... Celui de la découverte, de la rencontre avec autrui, nos semblables, nos différents... Pas comme ces voyages formatés sur gros navires... L'essence du voyage c'est bien l'échange de cultures ! Pas l'exploitation des plus faibles. Votre recueil est un creuset de diversité, celle qui enrichit, accompagne, retrouve l'identité de chacun. Oui, ce ne sont pas simplement des noms sur un papier, mais des histoires, des vécus. »

  • Communiqué

    Les éditions du Petit Pavé, malgré la crise sanitaire et économique, résistent pour le meilleur et pour le livre.


    Toujours en avance sur l'évènement, le Petit Pavé n'avait pas attendu le 11 novembre et l'annonce en 2018 de sa future panthéonisation pour publier La vie selon Genevoix de Jacques Tassin. On y découvre l'homme de 14-18, mais aussi l'homme proche de la nature et de son terroir. Livre du Petit Pavé que l'entrée de Genevoix au Panthéon a remis d'actualité.


    Si ce n'est peut-être pas le meilleur moment pour sortir un nouveau livre, avec la fermeture des librairies ou la restriction sur leur nombre de visiteurs, c'est le meilleur moment pour prendre le temps de lire. Une fois encore, c'est pour le meilleur et pour le livre que le Petit Pavé vient de publier le premier roman de Fred Poché, Une trompeuse absence. Roman très actuel dans lequel les valeurs de bienveillance, d'attention aux autres, se révèlent vitales pour chacun de nous.


    Habituellement le Petit Pavé organise à cette époque, autour de ses auteur-es, un NoëLivre où se rencontrent éditeurs, auteurs, lecteurs. Cette année bien sûr cela n'aura pas été possible. Le Petit Pavé propose, tout en précisant que rien ne peut remplacer le lien social direct, de partager un NoëLivre virtuel sur son site www.petitpave.fr

    Gérard Cherbonnier

     

  • Christophe Jubien, "Ce n'est que moi"

    Lecture par Marie Desmaretz :

     

    Ce n'est que moi vient de sortir ces jours-ci aux Éditions Gros Textes.

    Ce recueil est celui du poète Deux-Sévrien Christophe Jubien.

    Soixante dix poèmes courts, et 2 plus longs : Trois jours à Saint-Loup et Mort d'homme.

    Ce dernier texte - très émouvant - évoque la mort d'un père, de son père.

     

    « Dans la cuisine/sur la table/il y avait/un petit mot

    trois lignes/pour expliquer …/»

     

    Phrases brèves, pudiques pour dire le geste dont on ne revient pas.

    Mots sobres autour du cercueil ou encore pour parler du chat qui (le jour de l'enterrement)« …a fait à pied/le chemin/de la maison/au village …/»

     

    Page 17 en lisant La cloche, tout de suite j'ai pensé à Brel et à ses Vieux.

     

    … les voilà sur un banc/sans plus rien à se dire/chacun pour soi regarde le vent, les fleurs/un dernier papillon …/»

     

    Pages 52 et 53, le titre nomme un autre chanteur : Alain Barrière.

    Christophe Jubien attend sa femme dans la voiture et il triture le bouton de la radio. Lui reviennent en mémoire son enfance, sa mère besogneuse, et les jours qui n'en finissent pas. Et puis...

    « Il pleut sur le pare-brise/avec une telle douceur/que « Tu t'en vas » d'Alain Barrière/me brise le cœur. ».

    Ce sont les derniers mots de ce poème tout en nostalgie.

     

    Nostalgie encore dans Cadeau du vent :

    « Un petit ballon/roule vers moi/roule vers moi/roule vers moi/depuis l'enfance/et toc ! Le voilà/dans mes pieds/ Pile le jour de mes 55 ans ».

     

    Page 69 le texte intitulé Un peu de philosophie pratique nous montre un Christophe

    plein d'humour.

    Avec la tendresse, l'humour est d'ailleurs dans ce recueil bien souvent présent.

    Moments de vie ! Scènes de vie, comme de petits tableaux !

    Il y a des bancs, des clochards, une boulangerie, un vieux copain, une cabane dans les arbres et des amoureux qui vont avec, des oiseaux, des H.L.M (et l'on pense au très beau film Asphalte de Samuel Benchetritt).

     

    Ce recueil n'a de petit que son format (14,5 sur 10,5).

    Les 91 pages de cette poésie (que je dirai « du quotidien » et un peu à la manière de François de Cornière) nous font découvrir la grande sensibilité de son auteur.

     

    A lire sans modération.

     

    Éditions Gros Textes – 7 euros

     

    Marie Desmaretz – 17 novembre 2020