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Mot à Maux - Page 3

  • 15 avril

    L’image est terrible d’une flèche de cathédrale qui s’effondre dans un brasier incandescent. 400 pompiers à l’œuvre pour affronter ce qui n’aurait jamais dû arriver : l’incendie de Notre-Dame. La raison, la colère, l’abattement, font place à la prière un peu partout dans le monde. Une solidarité s’organise. Et si c’était l’occasion de rassembler tous les croyants sur cette terre, autour du respect des religions, de la sympathie entre les hommes… La dimension symbolique, alors qu’approche le Vendredi Saint, n’est-elle pas celle de Dieu nous envoyant, à nous pauvres humains, une épreuve pour tester notre foi ? Au fond de la nef, la Croix et l’Autel sont restés intacts dans un rai de lumière mystique, comme un signe du ciel pour les hommes pris dans les ténèbres et qui cherchent l’espoir. N’est-ce pas tout ce qui nous reste, dans une époque chargée d’obscurantisme ? Ainsi, la cathédrale Notre-Dame a brûlé. Une saillie au cœur de Paris dont les battements se font écho à l’autre bout du monde. Nous avons besoin de bâtir, de laisser notre trace sur cette terre. Quand la foi part en fumée, que reste-t-il sinon un profond désespoir ? Sur les ponts de Paris, la foule s’est rassemblée, triste, dévastée. Les prières ponctuent le silence. Un feu nouveau s’est abattu sur la terre. Et si le ciel était là pour nous dire de rester debout dans l’adversité ? N’est-ce pas une épreuve que le ciel envoie pour réveiller notre part d’humanité face à toutes les tragédies de ce temps. Notre-Dame a brûlé, comme dans le roman de Victor Hugo. Il faudra rebâtir Notre-Dame puisque c’est un destin national. A sa place nous bâtirons une cathédrale d’eau de mer. Et au-dessus brillera un nouvel arc-en-ciel.

  • Editorial n°8

    Le numéro 8 de Mot à Maux est sorti de l'imprimerie. Il s'agit du numéro de mars qui, comme le printemps, s'est fait attendre ! Mais le voilà, éclos dans un jardin de cerisiers, portant les marques de l'actualité et la sensibilité des auteurs.

     

    Éditorial

    À l’origine du monde, la poésie… Certainement ! Comme un mot qui s’écrit sur la page blanche. Et avant que le livre ne s’entrouvre ? Y avait-il la main de l’écrivain ? Qui a écrit le premier poème ? Toutes sortes de questions pour savoir ce qu’il y avait avant… Avant le Big Bang. Rien, me direz-vous ! Le monde est né du hasard. Mais « Dieu ne joue pas aux dés » (Einstein). Le poème avait un plan, une structure pour dire l’avant et l’après, le bien, le mal. Dans les galaxies de la poésie, il y a des supernovas qui riment avec le chant des cygnes, des trous noirs sans fin, des soleils bleus comme des montgolfières. Ne faut-il pas adhérer à une « religiosité cosmique » ? Les étoiles ne sont-elles pas comme des milliers d’atomes… Notre vie est liée à celle de l’univers. Le poète sait dire les structures intimes des photons et des astéroïdes, dévoiler le monde ici-bas et les oraisons du ciel. Le poète est-il l’œil de dieu ? La création du monde ne répond-elle pas à celle d’un poème ? On se posera toujours des questions essentielles qui n’auront pas de fin. Et nous marcherons en songeant à tous ces mystères. C’est là le chemin de l’homme. Savoir si bien dire ce qui se cache au sein de l’esprit et des constellations… Le poète, dans son infini questionnement, sait dire les choses essentielles. Son chant résonne comme le rayonnement fossile de l’univers. Et nous savons son désespoir ! Allons, ces mystères nous portent, alimentent notre réflexion. Il faut dire la présence de l’esprit en toute chose. Porter un regard vers la naissance des nébuleuses. Il sera encore temps de désespérer plus tard. Le monde peut attendre. La poésie est là pour dire l’infini mystère de la pensée de l’homme.

    Daniel Brochard

     

     

  • Sur un banc

    Et si l’on pouvait conquérir l’immortalité de l’âme ? Il y aurait toute la masse de la conscience morbide à traîner derrière soi. Et puis, il y aurait forcément l’herbe tendre d’un champ de fleurs au coucher du soleil. Mais l’âme humaine ne pourrait supporter un tel chambardement, prise dans des contradictions et des conflits incessants. Alors, que faudrait-il inventer comme capacités de l’esprit pour que celui-ci ne sombre pas dans les ténèbres ? Parce que l’immortalité est impossible. Moi, je suis de ce monde ; tout vit, tout meurt. Etre soi-même est impossible quand l’orage se déchaîne dans l’esprit. Tous les paradis deviennent bien ternes, se mettent à suer de douleur. L’harmonie n’existe pas. Le silence n’existe pas. Il y aura toujours cette musique assourdissante des premiers âges de l’univers. Le calme, vous le trouverez ailleurs, sur un rocher face à l’océan. Lui est là depuis des millions d’années… vous n’êtes qu’un fétu de paille ! Où survivre ? Vers quel horizon marcher ? La vie n’est-elle pas un éternel recommencement ? Autant de questions dans les rêves, autant de déchirures dans la conscience. Le soleil est beau comme un verre d’eau… Le surréalisme a passé, il n’est plus possible de vivre dans l’esprit. Il faudrait inventer une autre force, un nouvel ordinateur. Parce que le voyant est devenu aveugle. Parce que les fleurs sur votre table de chevet se sont fanées. Peut-on nourrir un autre espoir ? Une vie pour accueillir une infinité de connaissances… Le reste pour s’en mordre les doigts. Quel repos, quel sommeil peut endiguer le désespoir ? L’éternité est une belle illusion. Sauf dans la douleur, sauf dans l’infini recommencement des choses ! Nous sommes loin de la vie idéale. Aujourd’hui l’univers tout entier est devenu un jardin où les pires démons se déchaînent, assoiffés de soleils et de canicules. Au milieu de ce jardin passe un chemin où les anges déambulent tranquillement. Et sur le bord de ce chemin, un homme est assis sur un banc, comptant désespérément les milliers d’oiseaux.