Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Mot à Maux - Page 13

  • Mot à Maux est fauché

     

    La manche 2.JPGIl n’y a que le malheur qui dise la vérité. Le bien-être est une dimension mensongère, une illusion de plus dans un monde d’images. Et puis, c’est le lot commun de beaucoup d’hommes et de femmes. Nous avons tous en nous un Jésus personnel. Celui-ci existe en nous d’une façon protéiforme. A chacun sa propre tragédie. Quand l’inconscient se révèle, lorsqu’il devient réel, où est le repos, où est l’échappatoire ? La conscience de l’invisible devient matière visible et frappe lourdement les esprits fragiles. Quelque chose d’irrépressible, de définitif se met en place. On ne peut plus en appeler au ciel, à Dieu ou aux hommes. Le désespoir ici-bas semble habiter toutes les dimensions. Alors on danse, on boit, on fait la fête, ignorant qu’un jour peut-être le malheur frappera à la porte.

    Mais que fait Mot à Maux ? Vacances perpétuelles ou bagne à perpétuité ? Et que deviennent les abonnements ? Sept à ce jour. Il faut dire que la revue est bien relayée dans la sphère Internet. Ainsi, le site Recours au poème signe en mars 2019 le « Retour de Mot à Maux » et la revue Décharge a fait de Mot à Maux n°7 la revue du mois de mai. Le site arpo a accueilli les deux derniers numéros dans sa bibliothèque virtuelle. Sans compter les blogs d’auteurs qui ont aimablement diffusé les informations. Tout cela permet à Mot à Maux de vivre. On a pu me reprocher d’avoir utilisé le terme de « petite revue ». Et je comprends qu’il n’y a pas de comparaison à établir. Là où est le hic, justement, c’est bien dans les abonnements. Mot à Maux a un double but : publier des poètes d’aujourd’hui et toucher le lecteur. La première motivation fonctionne puisque la revue publie un grand nombre d’auteurs. La seconde est plus problématique : quoi qu’on en dise, Mot à Maux ne sera pas une « grande revue » tant que ses ventes ne permettront pas d’assurer un minimum de recettes. Je déteste parler d’argent, mais le fait est là : à chaque parution, je perds les frais d’impression ! Et pourtant, l’argent est un problème majeur en poésie. Un poète doit pouvoir régulièrement payer des frais postaux, des courriers. Beaucoup sont déjà bien sollicités par les abonnements et les achats. Et l’argent n’est pas disponible à l’infini. Il faut faire des choix. Je souhaiterais pouvoir compter sur un soutien financier, mais je ne suis pas le seul. Alors, tant qu’il y aura des auteurs et des textes de qualité, mon devoir sera de servir d’autres écritures. C’est peut-être une question d’altruisme. Pour moi c’est un combat.

    Pourquoi enfin s’abonner à Mot à Maux ? Parce que cela ne coûte rien : le prix d’un burger au McDonald, celui d’un magazine féminin, d’une lotion capillaire, d’un Coca Zéro… Parce que c’est meilleur pour la santé qu’une part de pizza. Parce que c’est un voyage gratuit au bout des îles. Pour le prix de 4 euros le numéro, 48 pages de poésie sont servies avec paille et glaçons. Idéal pour emmener à la plage et disserter sur la poésie avec les mouettes. Ca n’est pas Marc Levy ou Amélie Nothomb… Ca n’est pas vendu à la FNAC, certes. Mais nous faisons partie d’une résistance souterraine. Pourquoi s’accrocher comme un mort de faim à la poésie ? Quand tout est désespéré, sombre. Peut-être pour transmettre la beauté du monde, celle qui n’est pas montrée à la télé, qui est galvaudée ici et ailleurs. La parole est l’unique but de Mot à Maux. J’ose encore croire à une utopie. La poésie sauvera le monde ou ne sera pas. Dans ce monde qui regorge d’argent et de richesses, Mot à Maux est du côté des faibles et des fauchés. Mot à Maux vous tend la main pour un euro ou une cigarette. Assis sur son morceau de carton, la tête au ciel et les yeux dans le vide, il défie du regard les passants. Avec un peu de chance, ce soir il pourra aller chez McDo.

  • Mot à Maux 2019

    sans-titremars.pngL’abonnement à Mot à Maux pour l’année 2019 est désormais possible. En me renvoyant le bulletin ci-joint, vous pouvez choisir entre différentes formules.

    En participant, vous encouragez la poésie. Les auteurs aujourd’hui ne demandent qu’à être lus. Ils nous récompensent par la qualité de leurs écrits.

    Le but d’une revue est de donner aux poètes une tribune, de rendre effective la liberté d’expression et de distribuer la parole. Les poètes ont besoin du soutien des lecteurs, c’est le pourquoi de leur métier, la suite naturelle de leur activité d’écriture.

    Ecrire est un acte personnel, la revue permet de rassembler toutes les voix. N’attendons rien des grands médias, nous prêchons dans notre propre paroisse. Mais les revues de poésie ont besoin d’être soutenues.

    Mot à Maux et ses auteurs vous remercient déjà pour votre geste afin que vive la poésie.

     

    Daniel Brochard

     

    Mot à Maux n°8

    Bulletin d'abonnement 2019

     

  • 15 avril

    L’image est terrible d’une flèche de cathédrale qui s’effondre dans un brasier incandescent. 400 pompiers à l’œuvre pour affronter ce qui n’aurait jamais dû arriver : l’incendie de Notre-Dame. La raison, la colère, l’abattement, font place à la prière un peu partout dans le monde. Une solidarité s’organise. Et si c’était l’occasion de rassembler tous les croyants sur cette terre, autour du respect des religions, de la sympathie entre les hommes… La dimension symbolique, alors qu’approche le Vendredi Saint, n’est-elle pas celle de Dieu nous envoyant, à nous pauvres humains, une épreuve pour tester notre foi ? Au fond de la nef, la Croix et l’Autel sont restés intacts dans un rai de lumière mystique, comme un signe du ciel pour les hommes pris dans les ténèbres et qui cherchent l’espoir. N’est-ce pas tout ce qui nous reste, dans une époque chargée d’obscurantisme ? Ainsi, la cathédrale Notre-Dame a brûlé. Une saillie au cœur de Paris dont les battements se font écho à l’autre bout du monde. Nous avons besoin de bâtir, de laisser notre trace sur cette terre. Quand la foi part en fumée, que reste-t-il sinon un profond désespoir ? Sur les ponts de Paris, la foule s’est rassemblée, triste, dévastée. Les prières ponctuent le silence. Un feu nouveau s’est abattu sur la terre. Et si le ciel était là pour nous dire de rester debout dans l’adversité ? N’est-ce pas une épreuve que le ciel envoie pour réveiller notre part d’humanité face à toutes les tragédies de ce temps. Notre-Dame a brûlé, comme dans le roman de Victor Hugo. Il faudra rebâtir Notre-Dame puisque c’est un destin national. A sa place nous bâtirons une cathédrale d’eau de mer. Et au-dessus brillera un nouvel arc-en-ciel.