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  • Poésie Web

    Le site Poésie Web est accessible ici à gauche. Le site étant resté en sommeil un bon moment sans que j'y mette les pieds certains textes avaient bien besoin d'une relecture. Pardon à ceux qui ont été gênés par des difficultés de lecture dues aux erreurs orthographiques bien indépendantes de ma volonté. Enfin (j'espère) Poésie Web redevient fréquentable ! Le site n'a pas bougé depuis de longs mois. Mais j'envisage de le mettre à jour (une Histoire d'Art n°3 ?) Mais il est vrai que ce blog me donne tous les avantages pour l'expression dont j'ai un besoin vital. Non je ne veux pas revivre une autre existence. Oui, j'en ai vu assez, donc, s'il vous plaît, je souhaite ne pas revenir au prochain tour, je déclare forfait, je remballe mes chaussures de sport, le short, le maillot. Ou alors, à la limite, que je ne rate pas  ce que je voulais devenir. Qu'on me donne un ticket pour la science, c'est tout. Sinon, laissez-moi déambuler dans les laboratoires. Enlevez en moi le logiciel du dictionnaire. Greffez moi un CD-Rom à la place du cerveau. Laissez-moi disséquer les mystères de l'univers. Le télescope, le microscope, les calculs, le progrès et la connaissance. Il faut abolir les frontières de la littérature. Remettre à jour les passerelles entre les disciplines, les domaines de la vie. A ce moment là, peut-être, accepterai-je de revenir un jour. Bien qu'on ne choisisse pas, sûrement, au fond. Il est sûrement nécessaire de mourir un jour pour renaître renouvelé, différent. Juste un voyage pour se débarrasser des chaînes, de la pesanteur. Revenir neuf. Débarrassez-vous de votre moi, de votre ego, tentez la liberté, l'interrogation, l'émerveillement. C'est égoïste, oui, vouloir quelque chose qui, après tout, n'est qu'une vue de l'esprit. La réalité est bien là, c'est l'unique travail, l'unique raison pour accepter de revenir. Et puis, on verra bien. Poésie Web explore différents domaines de la liberté, essaie de parler de tout mais pas n'importe quand. Puisqu'il est nécessaire de renouveler sans cesse sa connaissance, les ponts entre les genres, les différentes activités doivent être définitivement jetés. Qu'on m'enlève la poésie si elle doit me rendre malade. Qu'on m'enlève les mots s'ils doivent me couper de la réalité, du rapport avec la sensation de vivre. Une sensation perdue qui semble renaître par les mots, étrangement, mystérieusement. Voilà, tout est dit ou presque. Il reste la certitude de mourir un jour.

  • Toujours l'horreur

    Je ne peux me résoudre au silence, encore une fois. Puisque entre deux publicités pour les yoghourts, on réussit quand même un peu à voir ce qui se passe ailleurs dans le monde, de nouveau ces images apparaissent, obsédantes, du type à vous donner la nausée, et à vous demander vraiment : - où, dans quel monde vivons-nous ? Il y a un tel contraste entre ce spectacle effroyable et ces paillettes dans lesquels nous baignons ! Et pourquoi fermer les yeux, changer de chaîne ? Alors que la réalité est là, toujours plus oppressante. Certes, oui, cela dérange, cela met mal à l'aise. Mais pourquoi fermer les yeux sur la réalité ? Puisqu'on nous en propose, l'espace d'un instant, un extrait fugitif et volé à l'inconscience des autres. Un homme, plusieurs, roués de coups, passés à tabac par des militaires âgés de vingt ans et abrutis d'antidépresseurs, consciencieusement mis à l'écart contre un mur et matraqués à mort, les membres brisés, quelque part dans le monde... Et puis, changer de chaîne, se taper un éternel jeu télévisé, une énième télé-réalité... un énième feuilleton. Normal de ne pas vouloir voir ça. Normal d'être dérangé par sa propre cécité, par son propre train-train, par ses petites habitudes. Journal télévisé, guerre, torture, massacre, puis tirage du loto, météo, magazine. Bonne conscience, bonheur : le monde va bien, tourne bien, tous les jours à la même vitesse. C'est juste un homme, battu à mort à l'autre bout du monde. Et puis, on tombe sur un autre scandale, une autre révélation de ce bout du monde. Et ça dure. Révélations, chiffres officieux, excuses officielles. On apprend le phosphore blanc, les fusillades, les entreprises de pacification. Et puisque tout cela dérange peut-être un peu on enterre, on oublie, on rationalise. Alors qu'il n'y a rien à comprendre, que c'est encore l'homme dans ce qu'il sait faire de mieux, la guerre, la souffrance, la haine. Alors, on soulève le voile, les affaires, les scandales. On retrouve la haine des discours, l'incompréhension entre les civilisations, la violence du voisin, celle du silence. On se cache derrière une énième guerre des civilisations, un autre épisode de l'Histoire, un autre mauvais moment à passer. On se résigne à une autre guerre, qui se fera loin, très loin. Tout est loin, derrière les antennes, à des milliers de kilomètres de nos murs. Tout se passe dans des névroses, dans la peur de l'apocalypse. La guerre est là parce qu'on n'est pas capable de vivre ensemble, de faire la paix, de se parler, de se comprendre. Ca tourne dans les journaux, entre deux publicités, avant un énième feuilleton, un autre jeu télévisé.