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22/11/2005

Ecrire est un acte politique

En visitant un site Internet je tombe sur cet ouvrage évoquant le cyclone qui a frappé le Bangladesh en 1991 faisant 138 000 (cent trente huit mille) morts. Un autre cyclone avait frappé en novembre 1970 ce qui allait devenir ce même Bangladesh, causant la mort de 500 000 (cinq cent mille) personnes. Et je me dis qu'on est bien peu de chose... Et je me dis que la poésie pour laquelle j'ai donné ma vie a quelque chose de bien dérisoire en face des réalités terribles qui frappent certaines régions du monde à différentes époques de l'histoire humaine. Il y a même quelque chose d'indécent à parler de sa propre misère quand la guerre, les génocides, les massacres ponctuent cette histoire tragique qui est la vie sur terre. Alors, on me dira de regarder la beauté de ce même monde, de regarder ces gens simples qui vivent au jour le jour pour leur avenir, les idées que ces mêmes hommes portent depuis des siècles pour qu'enfin la justice et la liberté se fassent sur cette terre. Oui, la vie est belle vue d'un certain point... quand on habite du bon côté du bon hémisphère peut-être... La poésie dérisoire ? Oui, c'est comme parler de son petit malheur parmi mille cas de souffrances. Mais qu'est-ce qui la sauve ? Qu'est-ce qui fait que je ne vis que par elle ? Peut-être parce que c'est précisément là, par ce biais là que je peux donner un sens à une vie qui n'en a pas. Peut-être parce que je me suis positionné dès le départ, parce que j'ai été nourri dans le respect de la justice, de la fraternité et des droits de l'Homme. Parce qu'écrire est essentiel afin de sortir cette vie de la banalité du quotidien, de la stérilité de ses actions. Parce qu'écrire pose un acte politique, éthique, existentiel. Parce qu'un chemin est fait de mille et une pierres. S'il est des gouffres qui s'ouvrent sous les pas des marcheurs, il y a quand même cent mille pas pour rejoindre le soleil et la liberté. Ecrire aujourd'hui ? Quand on sait la complexité du monde, les actions à mener et l'énergie qu'il faut déployer ? Plus que jamais ! La science, la politique, la religion sont des parties de la somme dont il est question dans l'écriture. L'écriture s'occupant du réel et du surnaturel, comment effectuer toutes les opérations sans en oublier aucune ? Ecrire, un acte vain ? Pas en regard de l'avancement des idées. Un acte échoué dès le départ ? Peut-être en regard de soi, oui. Je dis simplement qu'écrire est un acte qui correspond à une certaine énergie dépensée. L'univers entier est un potentiel d'énergie. Celle qui, présente dans les yeux des enfants, est aussi présente à l'autre bout des confins les plus reculés de l'espace. Alors, il convient d'utiliser cette énergie en conscience et la poésie est un des nombreux moyens de l'utiliser. Alors, oui, en regard de l'actualité, de l'histoire, écrire n'est peut-être pas dérisoire. Peut-être appartient-il aussi à chacun de s'en apercevoir par ses propres moyens.

22:00 Publié dans Réflexions | Lien permanent