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20/01/2006

A quand la fin de l'horreur ?

J'ai décidément beaucoup de mal à me mettre à la poésie en ce début d'année. Je viens en effet de tomber sur des images d'une barbarie inimaginable, de ces photographies qui vous remuent le cœur et vous donne une douloureuse nausée. Qu'il est pénible d'écrire ces quelques lignes ! Qu'il est difficile de se représenter une quelconque importance à la poésie ! Ne serait-ce pas seulement vouloir demeurer, éviter l'oubli de soi et du monde ? Autorisons l'esprit humain. Certes. Et considérons aussi que rien ne vaut l'engagement, la sensibilité de l'être au monde. Ce qui est ailleurs n'est pas si loin. Ce qui est ailleurs doit nous interroger sans cesse pour qu'ici soit aussi un ailleurs. Regarder des corps éclatés, déchirés, méconnaissables, au-delà de l'émotion que cela suscite, engage aussi notre quotidien. Je dis que parfois, il est indécent de faire la fête. Que parfois, certaines choses interdisent de se comporter comme un enfant. Ce qui est ailleurs nous engage aussi ici, et cela donne une autre couleur à notre quotidien. Il est impossible de regarder ces images sans être profondément ému et bouleversé. La guerre contre l'Iraq commencée en 1991 a mis sur l'écran de télévision l'horreur. Ce qui se passe est loin de ces frappes dites chirurgicales. Ce que vit le peuple iraquien, après avoir souffert de la terrible dictature d'un dictateur sanguinaire, nous sommes loin d'en mesurer la dramatique importance. L'embargo instauré a causé des centaines de milliers de morts. A la barbarie de Saddam Hussein a succédé une autre barbarie tout aussi pernicieuse. Nous sommes loin d'en imaginer toute l'horreur. Le drame iraquien est similaire à ceux qui ont fait le XXème siècle un siècle si sanglant. Un père et son fils, une administration belliqueuse, des hommes aveuglés par un patriotisme exacerbé, en dépit de toutes les voix qui s'élèvent, et voici une vengeance qui déferle sur le monde, un instinct de survie qui permet à tout ce que l'humain possède de macabre et de bestial d'inonder la scène internationale, c'est une véritable croisade qui s'est engagée au dépend d'un peuple tout entier. Une vitesse supplémentaire a été engagée après les attentats du 11 septembre. L'horreur s'est rajoutée à l'horreur, la vengeance à la vengeance. C'est encore un enfant qui meurt. C'est encore une femme éplorée qui va maudire la vie ! Qu'a gagné le peuple iraquien dans tout ça, victime de la guerre, du dénuement et des attentats meurtriers ? Jusqu'où prolonger sa souffrance ? Les photographies que je viens de regarder sont l'horreur humaine à l'état brut. Enfants, soldats, femmes, vieillards, adolescents, corps calcinés, estropiés, méconnaissables ! Et toujours la douleur, la haine ! Parce qu'on imagine mal ce que peut faire une bombe, parce qu'il est des choses inconcevables et pourtant qui existent, il convient de regarder ces photographies avec toute la compassion et la révolte qui sont dues. On peut fermer les yeux sur l'horreur, on ne peut pas fermer son cœur.

 

22:00 Publié dans Actualité | Lien permanent