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02/07/2006

"Aux arbres penchés", Emeric de Monteynard

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L'écriture poétique correspond certainement à un temps de la vie, à un âge dans lequel l'esprit se trouve. La poésie est une clef afin de sublimer ce qui est en soi. Quelque chose d'essentiel se produit alors qui dépasse l'être. Aucun mot ne peut être étranger à la poésie. Elle qui agit par symboles, par métaphores, est affaire de langage. Le monde entier est langage depuis que le "Verbe" s'est fait "Chair". Je n'ai plus la force d'entrer dans une critique concernant la poésie, la mienne ou celle des autres. Il y a cette étincelle qui survient, ou pas. Certaines oeuvres sont plus importantes que d'autres en ce qu'elles touchent de plus près à l'essentiel, à l'indicible, au mystère, et qu'elles subliment aussi le lecteur en l'entraînant sur des chemins sur lesquels il n'avait jamais marché. Cette même recherche relie le lecteur et doit être la motivation de chacun. Il faudrait arriver, déboucher par quelque moyen que ce soit sur la "réalité". La poésie devrait être un moyen de s'approprier le monde, de sublimer son impuissance afin que le monde lui-même soit une oeuvre, que la vie soit poésie. Beaucoup de révoltes m'ont animé durant ma jeunesse et durent encore. Parmi celles-ci, que le mal que l'on fait aux arbres, aux forêts aux quatre coins de la planète est un crime contre l'humanité toute entière. J'ai vraiment de plus en plus de mal à supporter ce que je lis dans la presse : un chiffre indique qu'approximativement une surface de forêt équivalente à un terrain de football disparaît toutes les trois secondes. Comment rester silencieux ? Je ne veux pas être la génération qui aura vu disparaître la plus grande partie des richesses de la forêt tropicale ! Je me sens coupable car je sais, et aucun mot ne pourra m'enlever ce sentiment. Que les hommes s'entretuent entre eux est une chose, qu'ils dilapident la richesse des générations futures est intolérable. J'ai lu "Aux arbres penchés" d'Emeric de Monteynard dans cet état d'esprit. Ce recueil s'attache à décrire ce que nous ressentons en nous de sentiments quand on évoque "l'arbre", c'est-à-dire cet être qui puise de ses racines l'eau de la terre et qui flirte avec la lumière afin de composer son message terrestre et céleste. L'arbre est un organisme vivant que vénèrent les tribus anciennes pour son caractère sacré. Nous avons perdu cette relation avec la nature, cet amour qui nous relie avec les forces de l'univers. Comment peut-on s'imaginer que cette perte sera sans conséquences ? "Tu ne te disperses pas. Tu sais depuis longtemps que la mort est un problème, un vrai problème. Probablement le seul à devoir affronter - non à résoudre !" C'est notre relation avec notre écosystème fragile qui est en cause, ce sont aussi de réelles valeurs à retrouver que sous-entend toute relation avec la nature et le cosmos. "Un arbre qui tombe, d'ailleurs, c'est toujours un drame pour nous, les « sans racine »". « Sans papiers », « sans racine », « sans repères », « sans avenir »... C'est quand que l'on crie ? "A quoi bon laisser des traces... quand tout est accompli ?" se demande l'arbre... Nous, nous savons pourquoi. Nous savons quelles sont les urgences et les combats à mener, nous savons que l'écriture contribue à renforcer le grand organisme de la vie, et que surtout chaque action menée produit son sens. L'écriture poétique est sûrement un moment essentiel par lequel certains individus doivent passer. Ainsi peuvent-ils servir d'exemple et renforcer toute nouvelle énergie. A tout le monde de s'approprier la parole poétique. A chacun de garder les yeux grands ouverts.

18:55 Publié dans Lectures | Lien permanent