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10/09/2006

Spleen IV

Savoir si je suis rentré, si je suis sorti, si je suis là, si je ne suis pas là... quelle importance ! Je ne suis pas là pour raconter ma vie. Ce n'est pas un journal intime destiné à rivaliser avec celui de monsieur ou madame X ou Y. Je me suis jeté par la fenêtre depuis longtemps. J'ai fermé ma sale gueule qui parlait toute seule, ma face de perroquet braillard et indiscipliné. Je n'ai rien à dire sur la météo, sur le chat de la voisine, sur la gâteau brûlé dans le four, sur la face de rat du type en face. Ca ne me concerne pas les trucs, les machins sensés faire bon chic bon genre. Parfois, j'aimerais jeter ma sale tronche dans une poubelle, y mettre le feu et regarder le brasier. Putain de moi, horreur d'être Je, il faut définitivement abolir la connerie et si la connerie est en soi, il faut la découper tranche par tranche et la donner aux cochons. Je dis Je, moi, toutes ces horreurs, mais il faut bien croire que je suis ailleurs et que ma rage autorise ma fuite. Alors, je fuis du tombeau où je suis resté, je me volatilise du lit où je suis mort, je me traîne dehors. Je l'ai vu de mes yeux. J'ai ressenti physiquement mon absence. Je sais que je suis là-bas. Je donne la mort et je fuis. Je vous autorise à jeter votre ordinateur par la fenêtre. Je vous autorise à sortir et à vous taper la tête contre les murs. Je ne vous dirai pas ce que j'ai mangé, où je suis parti en vacances, les histoires de voisinage m'ennuient. Alors, ça reste là la stupidité de l'être humain, sa bêtise, sa manie de tout raconter. Je suis et je veux être ailleurs. C'est bien mieux comme ça, non ?

22:10 Publié dans Réflexions | Lien permanent