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07/10/2006

Poésie quantique

Nous écrivons parce qu'il nous manque une part de la réalité. Sans cet inconnu qui nous appelle à chaque seconde de notre vie, sans cette retenue qui nous fait avancer avec prudence, nous n'aurions aucune raison de compiler nos émotions et de monter des systèmes. Il faut bien que nous créions en nous l'ensemble de ce qui demeure inexploré, au vu des connaissances, des avancées de la Science et de la société. Imaginer la pleine connaissance de tous les phénomènes amène inévitablement à se taire, à entrer dans le silence. Cette part d'inconnu est ce qui nous motive et partout où elle s'exerce, elle attire à elle chaque mot que nous puissions émettre. Ecrire revient donc à s'interroger sur les mystères qui nous entourent et à s'investir dans un quotidien où nous semblons nous dédoubler autour de notre propre connaissance. Peut-on dire que nous allons vers la lumière et que nous sommes appelés à saisir les mystères de la Création ? Il faut avoir parcouru toute cette Science, avoir marché sur autant de chemins pour se rendre compte de l'état véritable du monde. Et comment peut-on se passer de réponses et se sentir tranquille face à la douleur de ce monde et aux chaos de notre Histoire ? Je trouve un sens à ce monde dans les découvertes de la Science. Il me faut cependant aussi ce rapport au langage ; tous ces repères éclairent le quotidien, la vie étant elle-même un vaste laboratoire. Je privilégie les mots à la Science, je choisis un mode de vie plutôt qu'un autre car les mots sont d'abord et avant tout ce qui donne sens au monde. Ensuite, on verra, selon ce que cette organisation pourra faire de nous, selon que les lois seront respectées ou non. Je m'en remets aux lois de la Science en gardant en moi ce que me disent les mots. Je lis donc d'un même intérêt comptes-rendus scientifiques et poésie. C'est toute l'histoire de la connaissance qui apparaît ainsi. La Science et la Poésie sont la vie, des façons d'appréhender le réel. Si les deux contribuent à ce que nous nommons pensée, elles participent toutes deux à une interprétation du monde et du réel. C'est cette retenue face aux évidences, c'est ce pouvoir de la Poésie à influencer chaque instant de la vie qui font que la Poésie sera toujours en avant par rapport à toute certitude et tous principes, les plus élaborés soient-ils. La Science ne fait que traduire en lois des phénomènes qui préexistent dans la pensée. La Science est ce mystère synthétisé de la pensée. La toute-puissance de la pensée est peut-être ce qui gouverne le monde.

20:50 Publié dans Science | Lien permanent