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09/06/2005

Ca CASSE...

 

CASSE la revue de Jean-Jacques Nuel a disparu en décembre 1996 après 21 numéros. Mot à Maux en a récupéré 3 exemplaires. Vous ne la connaissiez pas, moi non plus ! Et pourtant il est toujours plein d'enseignements de reconnaître qu'une revue vit et meurt. Savoir ce qui a fonctionné et ce qui est à regretter peut éviter de commettre les mêmes erreurs. Nous ne sommes là que pour un temps, celui qui ne sait pas qu'il va mourir très bientôt ne rate-t-il pas les priorités ? Faisons-nous les mêmes choses à partir du moment où nous nous savons mortels ? Tous un jour... Et il convient de savoir quelques choses essentielles. Les revues sont l'outil idéal pour la promotion de la culture et de la littérature. Ce lieu d'échanges et de découvertes est celui qui éduque, renseigne, suscite. Transmettre un savoir est en quelque sorte un des buts de la revue. Outre présenter de très bons textes en s'adressant à un public déterminé, la revue ouvre les yeux sur ce qui se passe autour d'elle, d'essentiel, de formidable, de révolutionnaire. La revue CASSE a disparu à la "fin de la grande époque de la revue papier" (JJ Nuel), mais d'autres continuent. Je ne sais pas, je n'ai pas vécu cette époque. J'ai commencé à ouvrir les yeux à partir du moment où je me suis rendu compte que la revue était ce qui pouvait le mieux rendre compte de l'écriture, de la réalité et ce qui pouvait le mieux exprimer des valeurs. La revue c'est avant tout le lecteur. C'est la capacité à s'extirper de soi-même, à se consacrer aux autres, à réalisé que nous sommes faits de toutes les richesses qui sont autant d'individus. La capacité à porter un regard. Aujourd'hui Internet change la donne. Nous ne sommes plus soumis à une vérité unique, à des mensonges organisés, nous tenons en main un morceau de notre destinée. Libre à chacun de s'exprimer, de rencontrer ailleurs et sur un même espace de nombreuses autres singularités. Nous formons la toile, nous sommes une pensée en mouvement. Dans l'uniformisation, la morosité et l'indifférence, chaque voix est essentielle. Mot à Maux ne serait pas là sans l'espoir de rencontrer ces autres individus, sans la conviction que les atomes sont faits pour graviter autour d'un même point central, le noyau. Aujourd'hui le noyau est composé de notre expérience, de nos convictions et de notre désespoir. Le noyau est une vie, qui cessera, qui sera remplacée par une autre vie, et ceci indéfiniment. Casse a disparu en 1996, combien de temps vivra Mot à Maux ?

15:10 Publié dans La revue des revues | Lien permanent