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11/06/2005

Traction-Brabant 7

« La poésie n'est pas chose marrante » nous dit Patrice Maltaverne, rédacteur en chef de la très désorganisée revue Traction-Brabant. Magnifiquement protégée par un papier calque qui lui donne un aspect particulier et précieux, la revue ornera impeccablement votre bibliothèque. Si la pagination a volé dans tous les sens, les "pohèmes" (sic) eux sont bien présents pour nous dire qu'il convient de se méfier des produits trop bien manufacturés, des vérités polies et de l'ordre établi. Un acte politique donc, qui explore les vérités et les insuffisances du langage. Si les illustrations sont laides, c'est parce que « La réalité n'étant pas toujours bien belle » montrer parfois les choses permet de s'en extirper. Un regard donc, comme un cri, un défit qu'avec un minimum de moyens et un peu de témérité on puisse rivaliser de conviction avec les plus prestigieuses publications. Parce que certains discours se perdent en sens, que d'autres sont édulcorés, Traction-Brabant revient à une vérité simple, dépouillée. Comme le dit Régis Belloeil : « L'expansion se fait dans le chaos. Aussi difficile d'oublier que de faire semblant d'exister. Le bonheur est enterré trop profond mais. Un ray de lumière noire me guide follement vers l'origine du sens . » et plus loin : « Fuyons les prophètes du bonheur marchand, fossoyeurs d'une pureté sans laquelle la traversée de l'existence s'apparente à. (...) A quel ministère adresser ma demande en trois exemplaires. / D'un semblant de vie meilleure ? » Exorcisme donc. Volonté de détruire mais de construire aussi. « En cas de danger / tirer la poignée », c'est bien cela que nous propose Traction-Brabant d'un ton volontairement accrocheur afin de mieux nous alarmer des perversions d'une certaine société. Et comme conclue Didier Trumeau : « Plus c'est plein moins c'est vide alors ils n'ont plus de place pour mettre le plein et c'est bien triste car le plein cela fait moins vide ». Une histoire de fous pas si folle que ça si l'on se penche avec attention sur les pages de Traction-Brabant.

18:40 Publié dans La revue des revues | Lien permanent