30/10/2006
Bouge ta banlieue
Un point dans l'esprit permet, en dehors de tout brouillage, au poète, mais aussi à chacun, une position privilégiée face aux questions qui se posent aujourd'hui. Cette vision s'oppose à l'état de cécité dans lequel chacun peut se trouver à un moment de la vie, de l'Histoire ou de la civilisation. L'actualité nous donne autant d'exemples tragiques où les points de vue s'opposent, où les individus s'affrontent de façon verbale ou violente. Or, ce point permet au poète notamment d'acquérir une distance face aux événements en lui permettant de pouvoir saisir plus ou moins distinctement les données d'un problème. Tant que l'on puisse comprendre des phénomènes qui se passent dans divers états de conscience de la part de tous les protagonistes. Car, dans la vie réelle, les choses sont souvent bien plus complexes et enchevêtrées. Pourtant, certaines choses sont évidentes. Ces discours racistes de personnalités qui stigmatisent des populations entières me font vomir. Et plus l'actualité est tragique et plus le discours est radical. Parce que d'un côté une population jeune semble trouver dans la confrontation un juste prolongement de son malaise et de son sentiment d'être rejetée et que de l'autre rien n'ai fait pour atténuer cette inquiétude et cette rage ; parce qu'une population a le sentiment tout simplement de ne pas exister et de ne pas compter et que de l'autre côté les discours xénophobes appellent à toujours plus de rejet, l'homme juste a pour fonction d'éclairer la scène chancelante là où la haine et l'incompréhension sont totales. La banlieue est potentiellement un espace de richesses économiques et culturelles. Pour peu que la haine cesse. Toujours cette opposition entre l'image et ce qu'elle représente. Toujours cette question du sens qui se pose. Derrière la haine, il conviendrait de mettre des idées et de l'action. Les banlieues peuvent se développer si tout est mis en place pour accompagner ce mouvement. Encore faut-il autoriser la réflexion et la distance. Encore faut-il que les réflexes primaires et les discours de rejet cessent. C'est pourquoi le poète et chacun doivent-ils appeler à l'expression inconditionnelle des idées. La banlieue peut sortir du gouffre et les discours extrémistes seront battus. Les idées peuvent vaincre le racisme et la xénophobie. Le poète et chacun peuvent participer à cette construction.
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26/10/2006
Face aux murs
Ce graphisme n'est pas un vulgaire graffiti tracé à la hâte par des mains anonymes, il s'agit du « Mur de la lune », un assemblage de plaques de céramiques fait par Joan Miró en 1958 sur un mur d'un bâtiment de l'UNESCO à Paris. A l'heure où les bus flambent à nouveau, il faut se demander si les murs ne sont pas aussi et surtout dans nos têtes. Trop de choses s'accumulent dans les médias qui ne mettent l'accent que sur les faits divers alors que la richesse est partout, enfouie, assourdie, dissimulée dans les esprits de chacun. Certains gestes démontrent une opposition radicale face à un ordre établi, engagé contre des individus dont il chercherait à nous convaincre de l'impardonnable nocivité. Or, et quelques soient les noms que l'on donne pour faire vite et marquer les esprits, ces adolescents, ces jeunes, sont surtout désorientés et livrés à eux-mêmes. Peut-être, beaucoup n'ont-ils plus de repères, préfèrent-ils utiliser la violence pour marquer inconsciemment un déficit d'attention, d'éducation et d'écoute ; certes des comportements extrémistes existent, oui la violence engendre un chaos et une peur qui font oublier les véritables carences, mais je ne peux m'empêcher de penser à l'extrême richesse potentielle qui attend dans les quartiers pour peu que l'on veuille un jour lui prêter attention. Les murs dans nos têtes sont engendrés par un quotidien qui ne parvient pas à mûrir et à sortir des ornières et du train-train, or tout prouve qu'un sursaut véritable ne peux venir que de la confrontation des idées, et celles-ci ne peuvent être exposées que par une autre attitude face à tous les problèmes. Mais les médias ne nous facilitent pas la tâche en occultant de façon obscène les données de la banlieue. La misère, la violence, le racisme grandissent et un ministre met de l'huile sur le feu en espérant que la flamme elle-même sera un contre-feu. La télévision que l'on regarde trois heures par jour, nous donne à voir un monde édulcoré où l'utopie de la publicité rythme la marche des cerveaux, rien ne filtre, pas de débats, pas d'idées, pas de coups de gueule, sauf quand ça crame, sauf quand un adolescent désorienté pense trouver dans la radicalisation un nouveau moyen d'être, tout pourrit en silence, en sous-sol, dans la rue. L'UNESCO aurait beaucoup de travail à faire ici, je crois. Et Miró pourrait venir barbouiller un autre mur. Il n'y aura jamais assez d'énergie véritable pour combler le déficit d'écoute et d'attention face aux problèmes qui sévissent dans les banlieues.
21:20 Publié dans Société | Lien permanent | Envoyer cette note
23/10/2006
Come as you are
Mot à Maux est, dans les prochains mois, appelé à disparaître. Ne prenez pas votre mouchoir, comme dit la chanson : ce ne sera qu'un au revoir. Un suicide ? Pas vraiment. Ce sera plutôt l'acceptation d'une inévitable fin. Tout comme l'insecte à la fin de la métamorphose, prêt à accueillir une seconde mort, tout comme le soleil qui s'éteint dans la mer, il faut accepter un autre voyage. Toutes ces notes ne furent pas forcément pénibles à écrire, mais j'attends ma retraite comme le voyageur sait qu'il va bientôt monter dans un train, sans forcément connaître sa destination. Moi, je sais bien ce que je vais faire de mes derniers jours, je n'ai pas encore arpenté toutes les routes, j'ai encore des ballades à faire et je prendrai mon sac avec un même plaisir, celui de savoir les merveilles à découvrir sans pour autant savoir quand finira le chemin. Ça doit finir là-bas, au bout de la dune, il suffira de lancer sa ligne, d'attendre un peu, pas très longtemps, et de remonter le poisson. Et puis, c'est poser sa toile sur un paysage, respirer lentement les embruns. C'est être calme et en paix, au moment où le désespoir se tait un peu, où les horreurs se calment. Il n'y a pas à être pressé de partir, tant que les vagues s'enroulent un peu, tant que la lune est toujours là. Alors, quelques notes bien placées, quelques coups de gueule, deux, trois pensées dérobées à la nuit, et puis je prendrai mon sac. Ce blog ne fut pas exhaustif, mais on ne va pas refaire l'histoire, il fut, je crois, assez proche des préoccupations de chacun. Quant à la revue, après le sixième et dernier numéro à paraître en décembre, le rideau tombera aussi. Cette aventure qui m'a beaucoup apporté fut l'occasion de beaucoup de rencontres entre amis. Si une revue parle en poésie, la poésie elle-même est, je crois, une attention particulière à ce qui nous entoure, à ce qui vit en soi. Son message est, je crois, singulier, certaines choses ne peuvent être dites qu'en poèmes. Voilà, en ce qui concerne ce blog et la revue. Tant que la vie est possible, il faut l'honorer. Tant qu'une lueur luit encore, il faut la regarder. Le temps d'une chanson, peut-être, ou d'un souvenir qui s'efface.
23:10 Publié dans Musique | Lien permanent | Envoyer cette note
19/10/2006
L’œil du silence, Max Ernst
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En 1944, à Auschwitz, le ciel resta silencieux. Croyez-vous qu'un jour, un être puisse revenir ? Il lui faudrait quoi ? Un autre massacre anthropophage ? Dans ce tableau, Max Ernst* nous donne la vision d'une apocalypse effroyable, une autre, pas la dernière. L'œil garde le silence comme le ciel, comme les portes sur les secrets, comme notre condition d'hommes désabusés et jetés dans les ténèbres. Gardez en tête cette vision de la monstruosité, pour ne plus garder le silence ; le néant et l'absurde nous doivent bien ça. Des immeubles tombés, des corps décharnés, femmes et enfants éventrés, c'est le quotidien du monde, c'est notre réalité d'Homo sapiens devenus fous. Pendant que nous paradons, que nous dansons, pendant que nos images sont polies, que notre quotidien est aseptisé... et dans cette musique aveugle, nous ne voyons plus ! La voyance n'était autre chose que cette posture face au monde, cette faculté à s'en remettre à l'intelligence du regard. Elle qui a porté tant d'hommes ! Alors, qu'est-ce qu'écrire ou peindre, qu'est-ce qu'un tableau, un poème, sinon une tentative d'affûter notre regard sur des réalités qui nous gouvernent ? C'est notre état de liberté conditionnelle qui nous permet de saisir ce qu'est l'enfermement, la douleur. C'est cette liberté que nous avons encore qui nous permet de distinguer le bien et le mal. Elle est un don qui nous est alloué, que nous utilisons à des fins révolutionnaires. Cette liberté de la parole est ce qui nous distingue de l'ombre. Elle est encore ce qui porte la lumière. Pourquoi un poème, un tableau, sinon pour dire, témoigner, rompre le silence, éclairer des zones sombres où nous ne distinguerions pas le malheur ? Plus que jamais, le silence est coupable, plus que jamais, il convient de décrire, déchiffrer. Pour avoir droit au silence, il faut avoir percé, mis à jour ce qui est tu, dissimulé, caché. Etre attentif. Qualité première de celui qui se donne pour mission d'éclairer un peu le monde. Alors, certes, il faudra partir, se résigner à la cécité. Mais avec cette certitude chèrement acquise du regard affûté, capable de dessiner, raconter, traduire. Mots, formes et couleurs sont les armes de celui qui ne se résigne pas au silence. Ce sont des armes capables de métamorphoser le monde.
* Max Ernst (peintre) : 1891 - 1976
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12/10/2006
"Lexique d’anthropoclastie", Eric Dejaeger
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L'anthropoplastie, selon le dictionnaire Larousse, est la « reconstitution des formes anatomiques d'espèces disparues, à partir d'éléments des squelettes ». C'est peut-être ce que l'on fera de nous, si on continue à faire nos conneries. Quant à l'anthropoclastie, je vous invite à aller voir la définition dans le lexique d'Eric Dejaeger qui vient de paraître chez Gros Textes. Vous y apprendrez en même temps les véritables définitions de nombreux mots et une nouvelle langue basée sur l'humour noir, la dérision et sur une bonne dose d'intelligence et de bon sens. Ce lexique mériterait d'être Best-Seller à l'approche de Noël, malheureusement nous pouvons supposer qu'il n'en sera rien. Dommage. Si Dejaeger use d'une langue merveilleusement nouvelle, l'auteur n'est pas tendre pour ses frères humains, ce qui est bien normal, et définit la naissance comme le « point de départ de tous les problèmes, dont la connerie ». Tout le monde en prend pour son grade, y compris le défunt Jean-Paul d'Oeufs... ne pas rire à la lecture pourrait trahir un fort moment de dépression proche de son état fatal... hâtez-vous d'avaler une bonne dose de médicaments, ou relisez le recueil dans les dimensions que vous aurez négligées. D'ailleurs, on peut sauter comme un mouton entre les pages en mangeant des bonbons Haribo ou en se grattant le nez ; toutes les idées les plus folles sont susceptibles d'être réalisées, y compris écraser un insecte entre ses doigts ou hurler « bande de cons » à la fenêtre. Bref, Dejaeger nous invite à péter les plombs une bonne fois pour toutes : tu paieras l'entrée dans ce monde à sa sortie en insultant le Sauveur, Dieu le « brigadier-chef d'un grand guignol ». Certains thèmes sont bien de notre temps, comme l'écologie : « science qui vise stupidement à vouloir nous faire durer » alors que l'ozone est définie comme un « élément gazeux qui entoure des trous ». Les nouvelles techniques ne sont jamais absentes, comme l'imprimante désignée comme un « moine copiste mécanisé [qui] prend par le haut, pas par derrière ». Les anglicismes se dégustent au ralenti, comme le mot fan-club : « association de débiles à la gloire d'un faquin imbu qui n'en a rien à cirer » et photo-finish : « enregistrement qui permet de déterminer lequel des sportifs a pris la meilleure dope ». Dejaeger interroge ainsi notre quotidien et notre condition d'êtres post-modernes et tire à boulets rouges sur nos dérives, sur le racisme, la bêtise, la cécité du plus grand nombre. Si l'Histoire est désignée comme le « compte-rendu de toute la connerie de l'humanité depuis que l'homme écrit » et si le cadavre est la « forme la plus sympathique du con », si Dejaeger nous gratte jusqu'à nous faire mourir de rire, s'il bouscule notre vision erronée des choses dans une dérision implacable de nous-mêmes, c'est qu'il est grand temps pour nous d'apprendre un autre dictionnaire, celui qui serait le plus à même de générer notre énergie et qui nous ferait entrer dans un autre monde. Précipitez-vous sur le « Lexique d'anthropoclastie » d'Eric Dejaeger qui démontre son multiple talent d'homme debout et d'auteur !
21:35 Publié dans Lectures | Lien permanent | Envoyer cette note
07/10/2006
Poésie quantique
Nous écrivons parce qu'il nous manque une part de la réalité. Sans cet inconnu qui nous appelle à chaque seconde de notre vie, sans cette retenue qui nous fait avancer avec prudence, nous n'aurions aucune raison de compiler nos émotions et de monter des systèmes. Il faut bien que nous créions en nous l'ensemble de ce qui demeure inexploré, au vu des connaissances, des avancées de la Science et de la société. Imaginer la pleine connaissance de tous les phénomènes amène inévitablement à se taire, à entrer dans le silence. Cette part d'inconnu est ce qui nous motive et partout où elle s'exerce, elle attire à elle chaque mot que nous puissions émettre. Ecrire revient donc à s'interroger sur les mystères qui nous entourent et à s'investir dans un quotidien où nous semblons nous dédoubler autour de notre propre connaissance. Peut-on dire que nous allons vers la lumière et que nous sommes appelés à saisir les mystères de la Création ? Il faut avoir parcouru toute cette Science, avoir marché sur autant de chemins pour se rendre compte de l'état véritable du monde. Et comment peut-on se passer de réponses et se sentir tranquille face à la douleur de ce monde et aux chaos de notre Histoire ? Je trouve un sens à ce monde dans les découvertes de la Science. Il me faut cependant aussi ce rapport au langage ; tous ces repères éclairent le quotidien, la vie étant elle-même un vaste laboratoire. Je privilégie les mots à la Science, je choisis un mode de vie plutôt qu'un autre car les mots sont d'abord et avant tout ce qui donne sens au monde. Ensuite, on verra, selon ce que cette organisation pourra faire de nous, selon que les lois seront respectées ou non. Je m'en remets aux lois de la Science en gardant en moi ce que me disent les mots. Je lis donc d'un même intérêt comptes-rendus scientifiques et poésie. C'est toute l'histoire de la connaissance qui apparaît ainsi. La Science et la Poésie sont la vie, des façons d'appréhender le réel. Si les deux contribuent à ce que nous nommons pensée, elles participent toutes deux à une interprétation du monde et du réel. C'est cette retenue face aux évidences, c'est ce pouvoir de la Poésie à influencer chaque instant de la vie qui font que la Poésie sera toujours en avant par rapport à toute certitude et tous principes, les plus élaborés soient-ils. La Science ne fait que traduire en lois des phénomènes qui préexistent dans la pensée. La Science est ce mystère synthétisé de la pensée. La toute-puissance de la pensée est peut-être ce qui gouverne le monde.
20:50 Publié dans Science | Lien permanent | Envoyer cette note
02/10/2006
"Estuaires", Eric Dubois
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« Estuaires » d'Eric Dubois pourrait être un voyage de l'âme dans le temps. La possibilité est là, pour le lecteur, de suivre un cheminement à travers des poèmes d'une grande densité, qui s'attachent à divers moments de la vie autour d'un questionnement sur le Moi : « jusqu'à l'extinction du Moi / s'élève une autre idée de soi ». Ce voyage peut être celui de la vie, puisqu'il s'agit de se confronter aux limites, de se surpasser : « Qu'est-ce qui me retient d'aller plus loin ? » A chaque instant se ressent la volonté de franchir un seuil, d'aller au-delà de soi. N'est-ce pas une recherche profonde de ce qui se joue en soi, au sein du langage ? Cette poésie est en quête de sens ! Une quête qui concerne la vie même et la faculté de chacun à être. La réponse est-elle dans le poème ou ailleurs dans l'univers ? Eric Dubois en explore toutes les dimensions, tel un savant attaché à son expérience : « Comme un mot peut emplir l'univers / dire toujours le recommencement ». Ce chemin se fait pas à pas, la sensation étant glanée en route dans des formules lapidaires et infiniment expressives : « Bois l'hiver bois la nuit / mange la cendre » ou bien « Ecris dans l'être : plonge ! / Plonge dans l'être : écris ! » Le but n'est-il pas cet « accomplissement de l'être » dans ses multiples dimensions ? Le désir du poète dans « Estuaires » ne serait alors autre que de découvrir la vraie vie. Plusieurs poèmes ont chacun le nom d'un mois, depuis octobre jusqu'à avril, et témoignent de cette concision et de cette recherche de la langue. Cette vérité appartient au poète qui sait traquer dans son laboratoire tous les phénomènes qui la composent : « Le ciel seul juge / témoin et refuge ». Dans cet absurde incarné, il convient de « créer des liens / un réseau » afin de libérer le langage : « La pensée alors est comme un fil de soie / comme un pont sur la mémoire / dont nous sommes survivants ». Si à « chaque jour sa charge de poésie » c'est bien qu'il s'agit là de l'ultime outil du savant. N'être que ce que l'on est et rien d'autre : « il faut savoir / rester anonyme » ou encore : « Passer à travers les regards / éviter les miroirs ». Il y a là cette intuition que la réponse aux questions essentielles appartient au savant, au poète, à chacun : aux « Géomètres du monde » qui tentent d'éclipser l'absurde, de donner sens à cet absurde. « Alors il sera permis l'impossible » ou la promesse que les réponses, un jour, appartiendront à chacun. N'est-ce pas là notre espoir secret ? N'est-ce pas ce qui nous donne l'énergie de combattre le malheur et de désirer pour soi et pour les autres un âge d'or, dépourvu des ténèbres de l'Histoire humaine ? « Estuaires » d'Eric Dubois est une ballade sur les flots qui bercent le Moi, un voyage à travers notre destinée d'êtres ; les deux se rejoignent dans un Tout commun qui est celui de la poésie.
"Estuaires", Eric Dubois. Editions Hélices Poésie. 9 euros.
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