Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/11/2018

"Incipit", poème de Majead At’Mahel

Incipit 

 

Soldat de l’ombre

Le monde est pavé de tristes mines

J’irai te rejoindre sur ton front suant

D'angoisse et de solitude

Je creuserai dans ton cœur

Une tranchée patriote

Nous serons deux à combattre nos vieux démons

A coups de pioches et d’introspections

D’éclats de rires et de silences de luxe

Jusqu’à ce que lumière s’en suive

14-18

39-45

Il n’y a pas d’âge pour renaître de son obscurité…

 

 

Alors que nous célébrons l’armistice de la Grande Guerre, voici un poème digne d’Apollinaire, que nous offre Majead At’Mahel. Issu d’un ensemble «  EN TOUTE L'ÊTRE - Entretien avec mes tripes - Ou l’art de tirer mon épingle du JE » ce poème suit la piste de l’introspection, de la connaissance de soi, de l’écriture salvatrice. Parce que le passé n’est jamais mort, nous sommes responsables d’un devoir de mémoire. Qui veut se construire doit d’abord s’appuyer sur les fondations du passé. On n’oublie pas (souhaitons-le pour longtemps) les horreurs de la guerre. Vivre c’est creuser « une tranchée patriote », refuser les obscurantismes « à coups de pioches et d’introspections ». S’affirmer comme être pensant, c’est connaître l’innommable. Le travail sur soi qu’est l’écriture permet de «renaître de son obscurité… » La traversée des enfers doit aboutir à la lumière. Les combats menés se font dans la guerre, la faim, la souffrance, la pauvreté. Il n’y a pas d’armistice dans la maladie. Elle traverse les siècles. Faisons comme Majead At'Mahel, un pas vers la compréhension et la connaissance. L’ « incipit » de l’être, ténèbres ou lumière ? L’écriture qui nous importe n’explore-t-elle pas ce mystère ?

Lecture de Daniel Brochard

16:56 Publié dans Anthologie | Lien permanent