26/08/2006

Trash urbain

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A souligner, la création récente d'un site de photographie « Trash urbain » par David Tysman qui a illustré les couvertures des 5 précédents Mot à Maux. Le noir et blanc y est au service de l'émotion, du témoignage sociologique, enquêtant sur les ressentis de ceux que l'on dit « marginaux ». Or non, ce sont plutôt les représentants d'un peuple dont les ancêtres ont pris la Bastille. La France profonde, messieurs Le Pen et De Villiers, est bien là et non dans l'âme des citoyens fascistes et rétrogrades que vous appelez au vote. J'ai moi-même une partie de ma jeunesse dans celle des punks et des blousons noirs. Si je suis aussi blanc qu'un savon de Marseille, je n'oublie pas que je suis né de la révolte, de la marginalité, à la frontière de la clandestinité et de la délinquance. Alors, à bas les discours, les catégories ! A mort tous les préjugés ! A mort la bonne conscience du travailleur blanc, dont les chèques sont tous en blanc, avec des idées toutes blanches et le racisme noir ! Les photos de Tysman n'illustreront jamais le prochain « Gala » ou le prochain « Femme actuelle ». Si la lumière est remarquable, le cadrage est volontairement brutal et le message sanguinolent. Le sang noir, c'est la violence de la condition sociale, le rejet de la diversité et de la différence, l'incompréhension, en un mot le racisme. Tous les êtres sont égaux, leurs oppositions ne sont que formelles ; au fond, nous avons tous besoin de manger, de boire, de dormir au chaud. Alors, pourquoi la haine, le rejet, la stigmatisation ? Les hommes ont suffisamment de dimensions multiples... Une chaîne, un blouson, une barbe, c'est vrai, ça fait peur ! Les photographies de David Tysman sont peut-être une volonté de recherche et de démonstration des infinies qualités des hommes, de leur incapacité à se rencontrer au-delà des différences et de la nécessité de dépasser toutes les apparences. Elles démontrent à quel point nous sommes encore loin de pouvoir assumer toutes les diversités : le racisme est la réponse la plus facile et la plus intolérable aux difficultés d'aujourd'hui.

15/02/2006

Poésie Web

Le site Poésie Web est accessible ici à gauche. Le site étant resté en sommeil un bon moment sans que j'y mette les pieds certains textes avaient bien besoin d'une relecture. Pardon à ceux qui ont été gênés par des difficultés de lecture dues aux erreurs orthographiques bien indépendantes de ma volonté. Enfin (j'espère) Poésie Web redevient fréquentable ! Le site n'a pas bougé depuis de longs mois. Mais j'envisage de le mettre à jour (une Histoire d'Art n°3 ?) Mais il est vrai que ce blog me donne tous les avantages pour l'expression dont j'ai un besoin vital. Non je ne veux pas revivre une autre existence. Oui, j'en ai vu assez, donc, s'il vous plaît, je souhaite ne pas revenir au prochain tour, je déclare forfait, je remballe mes chaussures de sport, le short, le maillot. Ou alors, à la limite, que je ne rate pas  ce que je voulais devenir. Qu'on me donne un ticket pour la science, c'est tout. Sinon, laissez-moi déambuler dans les laboratoires. Enlevez en moi le logiciel du dictionnaire. Greffez moi un CD-Rom à la place du cerveau. Laissez-moi disséquer les mystères de l'univers. Le télescope, le microscope, les calculs, le progrès et la connaissance. Il faut abolir les frontières de la littérature. Remettre à jour les passerelles entre les disciplines, les domaines de la vie. A ce moment là, peut-être, accepterai-je de revenir un jour. Bien qu'on ne choisisse pas, sûrement, au fond. Il est sûrement nécessaire de mourir un jour pour renaître renouvelé, différent. Juste un voyage pour se débarrasser des chaînes, de la pesanteur. Revenir neuf. Débarrassez-vous de votre moi, de votre ego, tentez la liberté, l'interrogation, l'émerveillement. C'est égoïste, oui, vouloir quelque chose qui, après tout, n'est qu'une vue de l'esprit. La réalité est bien là, c'est l'unique travail, l'unique raison pour accepter de revenir. Et puis, on verra bien. Poésie Web explore différents domaines de la liberté, essaie de parler de tout mais pas n'importe quand. Puisqu'il est nécessaire de renouveler sans cesse sa connaissance, les ponts entre les genres, les différentes activités doivent être définitivement jetés. Qu'on m'enlève la poésie si elle doit me rendre malade. Qu'on m'enlève les mots s'ils doivent me couper de la réalité, du rapport avec la sensation de vivre. Une sensation perdue qui semble renaître par les mots, étrangement, mystérieusement. Voilà, tout est dit ou presque. Il reste la certitude de mourir un jour.

20/01/2006

Important

Après les récentes notes écrites sur Mot à Maux, j'ai décidé de supprimer la photographie d'illustration. Traitant de sujets d'actualité en plus de l'actualité poétique, elle n'était plus en accord avec le ton employé. Une autre devrait venir bientôt.

03/11/2005

Dernière minute...

Ca y est ! Le prix Goncourt est tombé ! Du coup ça bouleverse tous mes projets de note sur ce blog... Un message arrive en direct sur mon micro, c'est ça l'information en temps réel ! C'est dingue la technologie ! Du coup, je vais peut-être commander ce bouquin à la FNAC (je ne fais pas de publicité). Lequel ? Eh bien... "Trois jours chez ma mère" de François Weyergans ! Vous ne connaissez pas ? (Moi non plus, mais c'est pas une raison pour pas l'acheter à 16,63 euros à la FNAC - non ! je ne fais pas de publicité !) Bah ! Vous êtes déjà pardonnés, c'est pas bien grave ! Tenez, aujourd'hui moi j'ai fait les courses au supermarché donc je ne suis pas passé à la FNAC (surtout que c'est à 50 bornes de chez moi...) Bref, on a d'autres chats à fouetter (mais tout de même, pas d'excuses de ne pas le lire...) Donc, on va en parler (surtout que c'est pas Houellebecq qui a eu le prix - quelle honte ! Bah ! il écrira un autre bouquin !) J'ai l'air de me moquer comme cela, mais je n'en parlerais pas si je n'avais la ferme intention d'acheter le livre de Weyergans afin de combler mes lacunes ! Ou alors, je le trouverai peut-être à la bibliothèque municipale. Bref, on est peu de chose... Et moi, ne pas lire de dernier Goncourt, ça me laisserait un grand vide... 16,63 euros, c'est quand même pas très cher...

30/09/2005

L'Oie plate

Il faut le dire et le redire, l'Oie plate (ex Calcre) fait un travail d'exception dans le domaine de l'aide aux auteurs et de la défense de la poésie. Alors que celle-ci se demande où elle va bien finir et où trouver ses lecteurs, je vous invite à rejoindre le rang de ceux qui luttent pour sa défense. Pour cela rien de bien difficile, il suffit de soutenir les revues nombreuses, de se procurer et de lire des ouvrages, de susciter l'intérêt du public souvent mal-informé autour de chez vous, dans vos médiathèques, sur les salons, dans les librairies. A quoi sert la poésie ? A beaucoup de choses, et en ces temps de désertification chronique de la qualité et de la réflexion, la poésie répond à un besoin vital de passer à autre chose. Ecrire & Editer vous apportera toutes les ressources pour construire votre propre univers livresque et vous orientera par des conseils toujours justifiés. Audace et Arlit vous donneront quelques clefs précieuses pour vous retrouver dans la jungle des éditeurs et des revues. Chacun pourra également trouver conseils en ce qui concerne la préparation et l'envoi des manuscrits, le décryptage des contrats et le marché de l'édition. Tout cela servi par le sérieux d'une équipe fortement bousculée par un procès difficile mais qui n'a pas entamé le moral des troupes de Roger Gaillard et de Marc Autret qui continuent le difficile combat de la poésie au service des auteurs. Le site présente toutes les actions mises en oeuvre et les projets à venir. Voici le communiqué de presse :

Le Calcre défunt accouche d'une Oie plate !

L'Association d'information et de défense des auteurs / Calcre est en faillite. En 2004, La Cour d'appel lui a tordu le cou lors d'une sombre affaire de licenciement d'un salarié très gourmand. Bien qu'il ait travaillé moins de 2 ans en contrat emploi consolidé (financé à 80 % par l'état), La Cour lui a attribué royalement 44 000 euros alors que les Prud'hommes l'avaient débouté.

Les forces nouvelles de Cose-Calcre tentent de pérenniser les objectifs du Calcre. Elles poursuivent la parution du magazine Ecrire&Editer sous une forme allégée, cherchent à organiser un «Salon des auteurs» et projettent la création d'un «big» site d'information pour les écrivains, les créateurs et les artistes. Malgré les difficultés, Roger Gaillard (ex président du Calcre) décide de boucler et publier la nouvelle version d'Audace, l'Annuaire à l'usage des auteurs cherchant un éditeur.

De son côté, la vieille garde du Calcre décide de se lancer dans l'édition et le conseil aux auteurs. En mai 2005, elle crée L'Oie plate, c'est-à-dire L'Observatoire de l'édition pour les auteurs très exigeants.

Ses objectifs sont :

Editer des ouvrages de références pour les auteurs, les écrivains et les poètes ;

Suivre l'évolution du monde des livres et en analyser les conséquences pour ceux qui écrivent ;

Rechercher des informations inédites pour les auteurs très exigeants et les conseiller.

La jeune Oie plate débute en publiant les ouvrages des ex figures emblématiques du Calcre. Roger Gaillard lui donne Audace 2005 (1 100 éditeurs) et l'ex rédacteur en chef d'Ecrire&Editer, Marc Autret apporte son nouvel ouvrage 150 Questions sur l'édition. Ce dernier est plébiscité par l'avocat des Lettres, Maître Pierrat. Il estime que 150 Questions constitue la référence absolue en matière de conseils pertinents aux auteurs. On notera que le tombeur du Calcre, non sans malice, cherche à nous savonner la planche en publiant gratuitement sur son site perso 500 réponses sur l'édition. 440 étaient encore en chantier en juin. Il peine à les faire rédiger et surtout à les rendre crédibles... comme quoi le chien aboie, la caravane de L'Oie passe...

L'Oie plate, B.P. 17, 94404 Vitry Cedex (France) • http://www.loieplate.com/index.html

09/09/2005

1er prix

Fort de ses devoirs de rentrée, le petit garçon s'est un peu endormi en classe... nouveaux professeurs, nouveaux compagnons pour faire la java et s'envoyer des boulettes en papier, la rentrée c'est pas triste. Nouveau cartable, nouveaux crayons, cahiers tous neufs, Tee-shirt fluo et baskets aux pieds, c'est un garçon bien mignon que voilà ! Et comme j'allais m'endormir, un mail sur mon portable me réveille à la réalité. C'est aussi la rentrée à la FNAC dont voici le tiercé gagnant (jouez au loto au lieu de passer votre bac, si j'y avais joué ce jour-là je serais millionnaire !) : 1 : Michel Houellebecq (meilleure note) ; 2 : Harry Potter (mention très bien) ; 3 : Amélie Nothomb (accessit). Et donc, pour ne pas avoir l'air arriéré, mettez-vous à la mode et achetez les autocollants pour coller sur vos cartables ! En allant à l'école avec ça, vous serez choyés par vos camarades et serez en bonne posture pour l'élection du chef de classe. Si vous avez misé sur la poésie, vous êtes mal partis mais vous pourrez revenir en fin d'année ou redoubler votre classe. De toute façon, profitez-en pour passer à la FNAC (je ne fais pas de publicité) et soyez à la page. C'est vrai, on aurait l'air bien idiot de ne pas pouvoir raconter le dernier Potter aux copains... et de quoi on va parler à la récréation ? Bref, soyez de votre temps et ne faites pas comme le petit garçon qui dort tout au fond de la classe près du radiateur.

26/08/2005

Les Alchimistes du Verbe

Je reçois un mail de Neil Thomas qui me présente le site de son association éditrice toute jeune oeuvrant pour la qualité littéraire et la diffusion du message écrit. Déjà quelques auteurs sont au catalogue qui regroupe différents domaines (poésie, théâtre, roman, nouvelle...). Entreprise intéressante et motivée par une analyse de la situation éditoriale actuelle. Loin des gros diffuseurs, l'association entend prendre son destin en main et est donc à la recherche de nouveaux auteurs. La "ligne éditoriale" tient en ces termes : « Susciter l'éveil au savoir et combattre les difficultés restreignant la liberté de lire et d'écrire ».  Souhaitons bonne chance à toute l'équipe pour son activité.

19/06/2005

La Nouvelle Revue Moderne

Le numéro 2 de Mot à Maux n'est pas encore sorti (mais ça ne saurait tarder) que La Nouvelle Revue Moderne n°12 présentée dans la Revue des Revues à venir est déjà archivée sur son site. Le numéro 13 vient de sortir. C'est dire l'intense création de la revue. Occasion de constater à nouveau que la poésie sera toujours "en avant", en avance sur elle-même, sur le temps, sur la vie même. On ne saurait encore répéter l'importance de la lecture de ces publications écrites sur du vrai papier, avec de l'encre véritable ; un livre, une revue, s'emmènent partout, au café, à la plage, au jardin public, ce sont les étincelles qui, à un moment donné, peuvent changer votre vie, la diriger irrémédiablement vers une autre direction. Restons attentifs à l'effervescence du support écrit, à la veille d'un été plus que jamais poétique considérons l'émulation, les rencontres et les échanges que permet la poésie, c'est-à-dire la vie, considérons que la création est au service de notre activité, et non le contraire, la poésie est ce qui doit rendre la vie plus intense, elle est une recherche de sens et une façon de ressentir la révolte. La lecture et l'écriture sont des moyens d'assimiler cette révolte. Considérons que l'écrit est un champ de bataille, que la paix de l'âme et du monde est un combat contre le désespoir. Lire, écrire sont des actes politiques. Un moyen de vivre l'existence. Lire une revue engage. Envoyer un poème engage. C'est notre façon à nous de demeurer vivant. Sur le site de la NRM, il se passe quelque chose. La poésie et la réflexion sont au service de l'action. Il est possible de consulter les archives des anciens numéros, d'apprendre et de réfléchir, de découvrir la vaste iconographie et même de s'abonner. Un geste qui ne saurait rester anodin. Tendons les liens qui devraient nous réunir.

02/06/2005

Monde cruel !

La politesse se perd. Le respect est une valeur en voie de disparition. J'ai quelques exemples ces jours-ci sur le Web, tant il est vrai qu'on peut y faire de mauvaises rencontres. Un blog d'abord, qui monopolise pas mal l'attention autour du référendum. Je me suis posé comme règle de ne pas parler politique, pas de la façon dont on en parle généralement, donc j'ai préféré me taire et ne pas entrer dans le débat, de toute façon que puis-je dire ? J'ai bien conscience que les véritables questions sont peut-être ailleurs. Et puis, une insulte sur une poète amie et revuiste qui fait sérieusement son travail, une bêtise plutôt, mais qui révèle à quel point la haine peut être dévastatrice. Je ne parlerai pas de politique mais il se peut qu'à un moment je dise les valeurs qui me paraissent essentielles et qui dépassent le vulgaire champ d'un oui et d'un non. Par contre je peux parler du travail de revuiste et dire que ce n'est pas facile, que chacun mérite d'être encouragé. Un éditeur renommé m'affirmait avoir reçu des lettres d'insultes, le net permet tous les excès lui aussi et certains ne s'en privent pas. Il y a tout, du bon, du mauvais. Chacun peut s'exprimer, on considère enfin que chacun dans ses propres particularités est important, qu'il peut amener ce qu'il est réellement et ce dès maintenant. C'est l'individu qu'il convient de mettre au premier plan et non pas le système de la haine et de la frustration. On peut dire que chacun peut apporter ce qu'il est, pour peu qu'il se donne la possibilité de croire et d'espérer, et ce ne sont pas les extrêmes qui apportent quoi que ce soit de bien en poésie comme en société.

16/05/2005

Droit de réponse

Il est regrettable que cette affaire du Calcre ait suscité tant d'émoi. En aucun cas il ne s'est agit de contester une décision de justice ni de juger de cet épisode qui a opposé l'ancien employé à son ex employeur. Il s'agissait pour moi d'effectuer un constat d'humour. Le Calcre, habitué à ces affaires, s'est vu à son tour mis en cause. C'est ce constat d'ironie qui m'a fait réagir et non le résultat de cette affaire. Une certaine expression ayant été mal prise je dois faire ici une mise au point. Mon article a suscité quelques désagréments et malentendus, n'ayant jamais voulu entrer dans le conflit des personnes, cette phrase a pourtant pu choquer et je le regrette. Pour apaiser les esprits je publie à la suite de "L'affaire Calcre" la lettre reçue de monsieur Lorenzo Soccavo. (Voir "L'affaire Calcre") 

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