23/11/2006

Connection

A l'heure qu'il est sur mon compteur kilométrique, je peux dire que si je me dépêche à réparer ma fusée je peux arriver à l'horizon de Proxima du Centaure d'ici 5 années-lumière, je peux même avoir le temps de m'arrêter acheter des cigarettes (ça va finir par me tuer) au tabac de Saturne et de m'enfiler cul sec un bon apéro ! Pourquoi aller là-bas et perdre son temps dans la nuit cosmique, alors que je pourrais rester ici à jouer au baby-foot ? C'est que Mot à Maux n'est pas sûr de passer l'hiver (-ah... tu dis ça... bah bah bah !) et les restrictions budgétaires me conduisent à rationner strictement les dépenses de Noël. A propos, je me suis promené dans ce magasin type Fnac. Ah les bouquins ! D'abord la peinture, Bacon, Cézanne, ensuite c'est le pique-nique, ensuite... L'œil est naturellement dirigé sur « Les Bienveillantes » de Jonathan Littell, 912 pages... ça calme ! Dérangé par des conversations particulières, je me dirige sur les livres de cuisine : « Comment apprendre à un éthiopien à composer une salade niçoise » ou encore « Les secrets du bouillon de soupe pour les anorexiques », bref, le casse-tête assuré. Il y a aussi les livres sur les grosses bagnoles, les chevaux, les chiens (c'est dégueulasse), ou encore les stars d'Hollywood telles que Marilyn Monroe ou Ava Gardner. Les livres sur le bocage (j'habite en campagne), ou bien sur le bricolage : « Comment faire une cocotte en papier ». Bref, je me dirige sur les DVD et les CD, là... c'est le paradis sur Terre ! Rayon rock indépendant et promotions, je me dégote un vieux Radiohead, un bon Sonic Youth ou un My Bloody Valentine... Et puis comme je suis fatigué, je n'achète rien, sauf mes bouquins sur Bacon et Cézanne. Alors pourquoi Diable ! suis-je entré dans ce magasin et pour quoi foutre ? A part pour Bacon et Cézanne... juste histoire de faire un tour, de me frotter à la magie de l'enfance, quand on voit tout qui s'illumine et qui brille et qui en jette... Un DVD ! c'est pas rien ! c'est le top de la technologie, le top dans la vidéothèque, ça en jette un max ! Quand j'étais petit, je collectionnais les images de Spider-Man et je jouais aux billes à la récréation... bordel ! le bon temps quoi ! Ah les mômes aujourd'hui... tout fout l'camp ! Allons, allons, je suis pas encore vieux... j'adore les séries télé, les bêtisiers des Nuls et la tronche à toto qui joue de la clarinette ! Normal, je suis jeuns, chébran, il y a pas si longtemps je roulais en mobylette ! - Alors qu'est-ce qui t'a aigri ? Je sais pas... peut-être que je suis sur le point de franchir la barrière galactique... et de m'envoyer en l'air avec la Vierge Marie sur un astéroïde... ou bien je me casse le nez sur les hublots de la maladie... ça doit être ça, je suis malade et je refoule du goulot ! Donc, vive Proxima du Centaure, le café sur Saturne, la Fnac, le rock indépendant, les mobylettes et la Vierge Marie ! Quant à moi, je vais aller me soigner du côté du bistrot du coin et fumer un dernier clope, histoire de.

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17/11/2006

Marine

Si quelque chose me donne encore plus envie de gerber qu'un paquet de Gitanes maïs, après deux verres de vin rouge et un tour de manège, c'est bien le racisme et la xénophobie. Il faut dire qu'on est bien servi avec le croque-mort qu'est Philippe de Villiers et le borgne Le Pen, sans compter la haine du voisin de palier qui gueule contre l'étranger qui passe à sa fenêtre. On a été gâté en 2002, les fascistes sont toujours aussi cons et nous préparent un retour de la haine, toujours en opération depuis la nuit des temps. Malheur à celle qui passe voilée dans la rue, le grand croque-mitaine surveille dans l'ombre, prêt à surgir, à rugir, à sauter sur sa proie. Et puis quoi ! La blouse à l'école ! Pas de cours sur l'histoire des origines ! Les gamins de trois ans dehors ! Les parents à la mer et dans les charters ! Les ados au commissariat, les délinquants en prison ! Avec le programme de nos deux artichauts, les problèmes sont déjà réglés, monsieur Peltier et papy SS ont des réponses à toutes vos questions. Le pire, c'est bien le racisme du voisin, celui du plombier, de l'éplucheur de navets. Tous ces gens me donnent des boutons et des besoins pressants d'aller aux toilettes. « - C'est que la République est menacée, mon bon monsieur ! Les barbus sont là avec leurs grands couteaux, prêts à se jeter sur vos enfants et à les égorger ! La barbarie est là et la République sera bientôt islamique et le drapeau à croissant flottera bientôt sur l'Elysée ! Et ben oui ! Et dans les cités, c'est pareil, on va bientôt se croire en Afghanistan, il n'y aura bientôt plus que des barbus et des femmes en tchador ... » Ben, oui, les fachos sont comme ça, ils titillent vos points sensibles à coup de batte de base-ball et vous promettent les pires malheurs si jamais un seul étranger se pointe au bureau de tabac ! Et comme ils ont lu tous les livres, mais à l'envers, ils veulent te convaincre que les idées des Lumières étaient un tissu de mensonges, que la différence mène à tous les conflits et que rien de bien ne peut apparaître en dehors d'une société unique, pure et nationale ! Alors, les étrangers, ils voudraient nous convaincre qu'il faut les mettre dehors, les renvoyer dans leurs pays, « - parce qu'on ne peut pas, ils sont pas comme nous, leur présence est une provocation et un danger ! » Voltaire se retournerait dans sa tombe ! Alors, vive la différence ! Vive la présence ici d'autres cultures, d'autres histoires, nous sommes tous engagés dans le même bateau ! A quoi ça rime le rejet, la haine ? Est-on aussi con pour vouloir que tous les problèmes soient réglés par l'exclusion, la stigmatisation ! Pas de culture à l'école, pas de boulot pour les parents, pas de logements sociaux, pas d'allocations... Celui qui a le malheur d'être différent a déjà signé son arrêt de mort. Alors, je voudrais que monsieur de Villiers et ses sbires m'expliquent comment, nom de dieu ! ils vont bien pouvoir faire pour que les civilisations multiples, les peuples nombreux et les cultures différentes vivent ensemble sur une Terre caractérisée par tous les mélanges ! Comment, nom de dieu ! va-t-on bien pouvoir faire pour s'entendre enfin une bonne fois pour toutes ! J'ai la haine contre les fachos ici. Je ne cautionne pas les extrémistes ailleurs. Il faudrait seulement qu'on puisse, partout sur cette planète, se connaître, partager. Alors, vraiment, de Villiers, Le Pen et les fascistes me donnent envie de gerber. Peut-être parce que mon univers à moi englobe les différences, les cultures multiples et parce que face à un enfant innocent je ne peux que craquer. Peut-être parce qu'une société n'est pas un organisme unicellulaire mais un être composé de multiples entités.

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13/11/2006

Don't Give Up

Tu dis que le monde est pourri, que depuis la nuit des temps les hommes sont des salauds, et c'est bien vrai. Tu es seul à la fenêtre et tu écoutes Don't give up de Peter Gabriel. Tu t'en fous du bruit dehors et de l'agitation. Tu regardes les malheurs à la télévision, la même absurdité, la même frénésie, et toi tu n'as rien, et toi tu pourrais partir, comme cela, en claquant des doigts. Tu ne sais pas que tu vas entrer dans l'aliénation, que tu vas t'autodétruire. Ici, sur la table, un papier t'attend. Tu prendras le crayon en sachant qu'il pourrait aussi bien s'agir d'un revolver : la distance vaut-elle d'être parcourue ? Pourquoi ne pas partir, là, maintenant ? Tu sais que tu devras passer par des chemins fiévreux, des cauchemars, des renoncements à ce qui s'agite autour de toi. Alors, écris, jusqu'à ce que tes neurones explosent au-dessus de la ville. Arrache-toi les cheveux. Lacère ta peau. Tu pars loin de toi, loin du monde. Tu dilapides les secondes et les heures, tes lèvres brûlent. Là, tu t'arrêtes devant la fenêtre et tu te dis : « - Le monde est pourri mais j'y peux quelque chose. Il me suffit de crier et je serai entendu. Je ne suis pas comme ces passants qui courent sous leur parapluie. Je peux élever mon regard et mes yeux transformeront la pluie en des flocons d'argent. Je renonce à moi, à mon corps. J'accepte d'être terrassé par l'orage. » Alors, les nuages se dissipent, les passants se mettent à chanter et la télévision donne enfin des nouvelles de l'au-delà. Il y a toi et ta chambre des années plus tard. Tu te retournes avec effroi sur ta vie, mais avec la satisfaction d'être arrivé jusque là. Certes, tu es anéanti. Tu pleures sur ta douleur et celle du monde. Lui-même est toujours aussi sombre. Mais au moins, tu te dis que tu peux partir maintenant. Tu cries. Tu t'élèves au-dessus des nuages. Tu sors de l'ombre. Toute la lumière perdue réapparaît. Toute ta douleur se dissout sous la pluie des constellations. Vers quel ciel vas-tu ? Vers quel être ? Le monde insensé ne te retient plus. Tu flottes dans la poussière des photons et des anti-particules. Derrière toi le monde s'est métamorphosé en un papillon d'or.

18:30 Publié dans Musique | Lien permanent | Envoyer cette note

08/11/2006

Ava Adore

La caissière me regarde dans les yeux : « - Alors, fini ? » J'ai envie de lui dire : « Oui. J'ai vu un vieil homme tomber sur le trottoir à la tombée de la nuit, et un immeuble s'est effondré, la grande barrière de corail disparaît, nous tomberons nous aussi. » Et alors que je prépare ma carte de crédit, j'entends la mégère qui râle contre son gamin : « - Tu n'écoutes pas ! Tu vas finir par te ramasser une calotte si ça continue ! » Moi je pense combien nous sommes tous emportés à ne considérer que des choses sans valeur, des détails insignifiants, à l'impossibilité d'élever notre regard. Et je rêve de quelque chose de plus haut. Les rayons sont pleins, tous les néons sont allumés. Il n'y a rien à comprendre de logique, nous sommes des fourmis engagées dans la construction de je ne sais quel édifice. Alors je dis à la caissière : « Oui. J'ai la carte du magasin et je paie par carte bancaire. » Elle me fait un grand sourire. Et alors que je m'éloigne, je lui dis : « Un jour je t'emmène au Paradis, Baby. » Putain, quel froid. Je trotte avec mon petit sac à dos, glacé comme au pôle Nord. Et j'apprends à la radio que ça se réchauffe, il va même falloir bientôt mettre le T-shirt. Les glaciers fondent, la mer monte et les forêts brûlent. Une autre valeur monte : la connerie humaine. Il va bientôt falloir en exporter sur Mars, au niveau actuel, là, ça sature. Et je fais quoi ? Je sais pas. Si t'as pas trop l'âme révolutionnaire, tu la fermes et tu te dissous dans la vie réelle, tu t'éclipses dans la rue. D'accord. Il faut gouverner la rue. Sinon il te reste le miroir pour tenter d'effacer ce rictus. Et je me dis quand même : « Putain, la forêt quand ça crame ! » Sinon, moi je m'en fous : j'en ai pas pour longtemps. Avec tous ces siècles d'Histoire, il est presque mieux de foncer contre un mur à cent kilomètres à l'heure. Mais bon. On va pas se laisser avoir. Il faut déclarer la Guerre Mondiale contre la connerie ! Moi, j'ai dans l'idée d'aller finir mes jours au Tibet. Allez. Quoi. La caissière, c'est pas grave, tu en trouveras une autre. C'est sûr, un jour, je l'emmène au Paradis.

21:10 Publié dans Musique | Lien permanent | Envoyer cette note

23/10/2006

Come as you are

Mot à Maux est, dans les prochains mois, appelé à disparaître. Ne prenez pas votre mouchoir, comme dit la chanson : ce ne sera qu'un au revoir. Un suicide ? Pas vraiment. Ce sera plutôt l'acceptation d'une inévitable fin. Tout comme l'insecte à la fin de la métamorphose, prêt à accueillir une seconde mort, tout comme le soleil qui s'éteint dans la mer, il faut accepter un autre voyage. Toutes ces notes ne furent pas forcément pénibles à écrire, mais j'attends ma retraite comme le voyageur sait qu'il va bientôt monter dans un train, sans forcément connaître sa destination. Moi, je sais bien ce que je vais faire de mes derniers jours, je n'ai pas encore arpenté toutes les routes, j'ai encore des ballades à faire et je prendrai mon sac avec un même plaisir, celui de savoir les merveilles à découvrir sans pour autant savoir quand finira le chemin. Ça doit finir là-bas, au bout de la dune, il suffira de lancer sa ligne, d'attendre un peu, pas très longtemps, et de remonter le poisson. Et puis, c'est poser sa toile sur un paysage, respirer lentement les embruns. C'est être calme et en paix, au moment où le désespoir se tait un peu, où les horreurs se calment. Il n'y a pas à être pressé de partir, tant que les vagues s'enroulent un peu, tant que la lune est toujours là. Alors, quelques notes bien placées, quelques coups de gueule, deux, trois pensées dérobées à la nuit, et puis je prendrai mon sac. Ce blog ne fut pas exhaustif, mais on ne va pas refaire l'histoire, il fut, je crois, assez proche des préoccupations de chacun. Quant à la revue, après le sixième et dernier numéro à paraître en décembre, le rideau tombera aussi. Cette aventure qui m'a beaucoup apporté fut l'occasion de beaucoup de rencontres entre amis. Si une revue parle en poésie, la poésie elle-même est, je crois, une attention particulière à ce qui nous entoure, à ce qui vit en soi. Son message est, je crois, singulier, certaines choses ne peuvent être dites qu'en poèmes. Voilà, en ce qui concerne ce blog et la revue. Tant que la vie est possible, il faut l'honorer. Tant qu'une lueur luit encore, il faut la regarder. Le temps d'une chanson, peut-être, ou d'un souvenir qui s'efface.

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20/08/2006

Spleen III

"Gimme something to breathe

Give me a reason to live

Close your eyes and see

What you have inside

 I think I've gone insane, I can't remember my own name

I think I've gone insane"

(Die Laughing), Therapy?

Je me suis remis à l'aquarelle, la guerre apaisée (j'ai l'impression d'écrire dans un blog... - c'en est un ! -ah, bon ?) Quelques coups de pinceaux, ça fait que la journée n'est pas tout à fait perdue. J'ai le Spleen, le coup de blues du dimanche. Partir de rien... tu notes n'importe quoi, histoire de faire diversion. Du néant, naissent quelques mots... ce qu'il reste à venir, ce qu'il reste à sonder. Le mystère à dévoiler. Je me dis que quelques publications, quelques formalités à remplir, comme réserver ma tombe, le jour de mon enterrement, et puis je pourrai partir tranquille. Ne m'en veuillez pas, je suis jeune, mais j'ai la vie derrière moi. Je pouvais encore occuper mon temps à écrire après le grand incendie, maintenant que la poésie c'est derrière, comprenez que la vie m'ennuie de plus en plus fortement. Imaginez quinze années réduites à la dimension incompressible d'une seconde, multipliez le tout par 15 fois 365 jours, le résultat donne idée de ce que je n'ai pas vécu ou de ce que j'ai beaucoup trop vécu... De toute façon, la poésie n'est-elle pas la vraie vie, hein ? Bref, la vie n'a de sens que celui qu'on lui donne, tout cela revient à croire à quelque chose, à théoriser l'inexprimable, à se taper la tête contre les murs. Donc, permettez-moi d'enfoncer encore le clou : on devrait mettre à l'entrée de la Vérité le panneau "Attention, poubelle !" Comme cela les gens n'iraient pas tous perdre leur temps et leur énergie à dilapider les cristaux liquides de leur calculatrice. Et puis, on devrait mettre comme résultat à toutes les opérations : « Impossible ». Libre à vous de croire et de chercher, de donner encore à la poésie ce but : dans un monde de non-sens, tous les sens sont primordiaux. Quant à moi, je sens venir encore une fois le crépuscule, les ailes glacées du grand Spleen. N'est merveilleux que le mystère, la possibilité de s'extasier et cela s'affranchit de toute autre motivation. Alors, si vous connaissez les paroles de « Die Laughing », écoutez « Nowhere » de Therapy? Le rock... un des derniers grands amours quand tout le reste est passé à la poubelle.

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24/07/2006

Wish you were here

Syd Barrett, un des fondateurs des Pink Floyd, est mort le 7 juillet dernier des suites de complications liées à son diabète. Il vivait depuis son retrait du groupe dans la banlieue de Cambridge une existence paisible, s'adonnant notamment à la peinture. C'est une légende du rock psychédélique qui s'en va en laissant un grand vide et une étoile qui naît dans le ciel. Ce ciel que je contemplais dans le silence de l'adolescence, la musique du Floyd entre les oreilles. Au pensionnat, sur ma bicyclette, en maints endroits exigus j'ai usé les cassettes de ce groupe légendaire. Il y a de petites choses qui portent, des sons qui vous transportent, des rythmes universels, des choix esthétiques qui dès votre naissance orientent et accompagnent la vie. Adieu, Syd ! En dépit de toutes tes drogues, qu'est-ce qui t'a donc emmené, toi le diamant, le peintre, la légende ? Et brille ! Brille ! Tu as décliné l'invitation. Tu n'as pas supporté l'attitude des gens ordinaires. Tu as pris des drogues à la pelle car tu savais que la vraie vie se consume par tous les bouts, qu'une existence se mène de toutes les déraisons, et qu'il vaut mieux se détruire à petit feu que de se voir entrer dans la normalité, dans la norme, et qu'il ne faut jamais répéter les erreurs. Si seulement tu étais là maintenant, si toute une vie ne s'était pas perdue ! Nous nageons dans un aquarium en feu ! La terre brûle, Syd ! Ta drogue n'a pas suffi à anéantir le train-train des gens normaux ! Nous savons tous qui t'a assassiné, qui a brûlé tes paupières fardées ! C'est pas grave, Syd ! On les aura tous, un jour, à la longue ! On ne marchera pas sur ton tombeau. Nous ne laisserons personne ternir ton image. T'inquiète pas Syd, je ne suis pas près d'oublier la chanson. Un mort... c'est étrange, un mort quand ça apparaît. C'est bizarre la couleur blanche de la peau. Un costume de scène ? Une guitare flamboyante ? Des amplis qui crachent et hurlent ! Et une tombe... c'est triste une tombe ! Un sourire figé... ça arrive aussi. Alors, adieu ! La musique, ça reste, Syd. Ca reste. Si tu étais là. Si seulement tu pouvais être là. Il reste Roger, David, Nick, Rick et ces concerts fabuleux. La mémoire, ça ne part pas, Syd. Et puis, croyais-tu au ciel, au vent, à l'ombre ? Continue de briller, Syd. Une étoile, ça ne s'éteint pas. Ça brille.

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