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10/01/2006

Amazonie

Chaque seconde qui passe nous rapproche de la fin. C'est dire si j'ai mauvaise conscience alors que la déforestation en Amazonie augmente de 25 % chaque année. Au rythme de la destruction de 1997, la forêt amazonienne aura disparu en 2020, nos enfants en seront à finir leurs études et à commencer un travail, nourris de retransmissions de la Star Academy et d'un énième bêtisier. Nous vivons à l'époque où 1/3 des forêts tropicales de la planète sont amenées à disparaître. Celui que l'on appelle "le poumon de la Terre" est menacé d'être emporté par un cancer gigantesque, subventionné par les marchés internationaux, qui en exploitant l'avidité de l'économie locale et les recettes juteuses du marché mondial provoqueront et aggraveront la dégradation généralisée de l'écosystème planétaire. Car, qui ignore aujourd'hui les dérèglements que l'homme afflige à son environnement et qui peut ne pas s'en inquiéter ? Croire que nous pouvons impunément continuer à détruire et à surexploiter les richesses naturelles causera la perte de ce qui appartient aux générations futures, à nos enfants. La destruction de l'écosystème en Amazonie cause la perte de milliers d'espèces définitivement perdues pour la science, engendre la disparition des ethnies locales et contribue au réchauffement climatique. Qui peut dire que ce désastre sera sans conséquences pour nous ! Qui peut ne pas s'alarmer de telles pertes pour l'humanité ? Depuis quelques années, nous assistons à la fonte des glaciers polaires, à des inondations records, à des cyclones de plus en plus fréquents. Comment ne pas penser un instant que la Terre malmenée souffre de notre manie de tout saccager pour des besoins futiles, égoïstes et déraisonnés ? Comment ne pas avoir froid dans le dos au su de ce que les scientifiques prévoient pour notre planète ? Pour certains désastres, l'homme s'adapte, compose, la planète, elle, est unique. Les forêts ne repoussent pas par miracle, les océans ne sont pas purifiés par l'intervention du Saint Esprit, l'activité humaine ne peut se passer de l'harmonie fondamentale entre l'homme et la nature. Le lien aujourd'hui est brisé, les espoirs s'envolent peu à peu pour notre terre, vieille de millions d'années. Sont-ce l'égoïsme, l'avidité, la bêtise qui auront raison de notre trésor universel ? Comment parviendrons-nous à gérer autant de conflits, à éviter la colère et la vengeance de notre mère, la Terre ? A côté de nombreuses consciences, je suis inquiet et je m'alarme ! Je souffre en même temps que la Terre. J'angoisse, je suffoque. Comment faire, comment agir ? Comment éviter un tournant irréversible ? Comment faire ici et maintenant ? Si parler est louable, agir concrètement vaut mieux que de beaux discours. Choisir ses valeurs engage une vie entière, je me serais probablement engagé dans ce combat si la poésie n'avait mis le grappin sur moi d'une façon aussi intense. Mes convictions restent les mêmes et je ne donne pas à la poésie une autre utilité que sociale, vitale. Il s'agit de se convaincre d'un engagement à avoir dans les principaux domaines de la vie. L'environnement est une question universelle qui ne saurait se passer de toutes les forces vives. Rester et se taire ! Subir, s'excuser alors qu'il est peut-être trop tard ? Vivre un autre cauchemar au rythme fantomatique des millions d'hectares de forêt déjà disparus ? Alors autant s'enterrer dans un trou et se taire. La parole, l'action sont plus que jamais vitales ! Alors que nous assistons en direct à la destruction de notre Terre, nous avons une lourde responsabilité envers les générations futures. Aujourd'hui, le combat est plus que jamais essentiel pour toutes les forces, et l'action indispensable. Je n'aurai jamais bonne conscience. Pas pour ça, pas pour les forêts, pas pour les océans, pas pour l'avenir de nos propres enfants.

22:30 Publié dans Société | Lien permanent