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  • Les mots

    Les mots, ça passe. On vous en donne au kilo dans votre boîte à lettres. On vous en donne à la tonne dans les publicités. On vous en vend dans des paquets de lessive. On vous en distille dans les discours politiques. On vous les compte au gramme près. Le boucher vous découpe un gros morceau de mots. Le boulanger vous donne un pain de mots avec les friandises pour le gamin. Ca passe. Ca fait trop mal. On se décide à vivre en soufflant les pétales des mots. Mots de fer, d'acier. Mots montés en corps d'immeuble. Détendus sur un banc et qui regardent les fontaines, les petits bateaux, les enfants. On vous a gavé de mots, on vous a dit des mensonges. Il faut rester sage, ne pas avoir de trop mauvais mots. Il faut être dans la norme. Les mots qui circulent sous le manteau, volés, les mots de contrebande doivent être eux aussi polis. Les mots au soleil se transforment en ombre. Ils fondent, se recroquevillent, deviennent dangereux. Soyons dociles avec les mots. Les mots, le vent, la vie, les feuilles des arbres, les cris, les murmures passent. On a monté des murs de mots. Il faut les détruire à coups de masse.

  • Le temps des cerises

    La poésie agissant comme un laboratoire, un stimulateur cardiaque, un placebo, un peu de bon sens ne fait pas de mal. La poésie n'en est pas le réceptacle exclusif, la philosophie non plus, ce qui importe c'est le sens évoqué pour chacun. Je me tape sans cesse contre des murs, devant cet absurde qu'est l'existence sur terre. Rien ne peut conduire à une explication totale et acceptable des mystères ici-bas. Descartes m'a toujours fait rire avec sa "preuve de l'existence de dieu"... Il en sait quoi, lui ? La philosophie n'apporte en tout et pour tout que des hypothèses, des suggestions toutes aussi vraies et bancales les unes que les autres. Certes, tout est bon à prendre, la curiosité intellectuelle ne peut pas avoir de limites. Il est normal de se poser des questions et d'essayer d'obtenir des réponses. Quand même, laissez-moi rire d'un rire lui aussi absurde, retentissant et grave ! Tout cela aide à vivre. Tout cela enrichit les esprits brumeux de nos adolescents. Cela donne des illusions de vérité avec usage de belles paroles, brevetées par diplômes et récompenses de toutes sortes. Tout est bon. Tout est affaire d'esprit, d'interprétations. Il est toujours bon d'avoir une canne pour marcher, d'avoir une épaule sur laquelle s'appuyer. Mais quand je pense à ce qu'on enseigne à nos étudiants en philosophie ! Sur quelle épaule je m'appuie, moi ? La vie ! Et le reste ! Dieu... Rien ne vaut le bon sens de nos ancêtres, celui du printemps, la sensation de vivre ! La recherche de réponses se nourrit de l'impossibilité d'en obtenir ! Notre esprit est libre de grandir et de se renouveler sans cesse autour de préoccupations qui le concernent. Mais sinon... quoi... il faut penser quoi ? C'est quoi la réponse au questionnaire ? Comment on fait pour avoir la meilleure note ? J'invite tous les étudiants à revenir boire et rire à l'auberge de la poésie. Je n'ai pas de réponses à vos questions. Je n'ai pas de réponses aux miennes. Nous pouvons tous aller pêcher tranquille. C'est pas aujourd'hui qu'on va se prendre la vérité sur le coin de la figure !

  • Méta-Tupperware

    Le petit garçon a les idées de plus en plus claires. Il y a quelques années, je n'imaginais pas pouvoir sortir de l'écriture poétique. Aujourd'hui, c'est derrière. Je me disais : comment vivre sans écrire ? Pourrait-on vivre sans ces questions qui traînent dans la tête et qui vous hantent ? Oui, c'est possible. Mais quand même, la poésie, ne serait-ce pas chercher, racler les fonds de tiroirs ? Ca fait mal ! Et sans ces questions, sans cet univers qui vous habite, si on l'enlève, il reste quoi ? Moi, je crois que les gens n'arrêteront pas de sitôt d'écrire, de gratter, de racler. Tant que le sens posera question, qu'il y aura des défis, des aventures en soi. Ca a commencé en Grèce, peut-être. Cela finira-t-il avec la prochaine guerre thermonucléaire ? Moi, je fais l'inventaire de ma cuisine. Il y a un Tupperware dont le couvercle bleu devient blanc au micro-onde. Jamais servi. J'accumule les barquettes de Fruit d'Or dans lesquelles je mets les restes de riz et de semoule. J'en ai pas mal déjà en collection. Ne comptez pas sur moi pour acheter tous ces trucs en emballage plastique, je les boycotte dans les magasins. Sinon, les assiettes, j'en ai quatre ou cinq, pareil pour les verres... Il faut pas venir à cinquante chez moi ! Bref, les flûtes à Champagne, il n'y en a pas. Ca ne veut pas dire que je ne fais jamais la fête... Mais je ne bois pas de Champagne. Autrement, il y a quoi dans une cuisine ? J'ai beau me creuser la tête, à part quelques trucs qui servent pas à grand chose, je vois pas trop, non. Enfin, je ne suis pas cuisinier. Vous vous demandez peut-être quel est le lien entre ma cuisine et une bombe thermonucléaire ? Eh, bien, moi-même j'ai beau chercher, je vois pas, non. Quoi qu'il faille mieux venir dans ma cuisine que se prendre une bombe thermonucléaire ! Bref, vous aurez remarqué le caractère surréaliste de cette petite note. Parfois, il ne faut pas chercher trop loin, la vie elle, est là, dans des endroits bizarres. Le petit garçon a les idées de plus en plus claires. La poésie, ce blog, les différentes activités, tout cela finira. Ca partira en fumée. Comme la vapeur dans les rues, quand les ouvriers travaillent sur les canalisations. Un peu de sagesse ! Comme dirait le philosophe, je sais que je ne sais pas. Avec ça, c'est sûr, on ne peut pas savoir grand chose.