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  • Blanc sur blanc, Kazimir Malévitch

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    Plongez du regard dans cette toile (celle-ci n'est pas accrochée au plafond) et posez-vous la question : Pourquoi le peintre a-t-il fait figurer un carré blanc sur un fond blanc ? L'énigme est entière et dépasse les frontières de l'Art. Peut-être est-ce que nous ne maîtrisons jamais ce que la Nature peut créer, et ce mystère, en peinture, prend la dimension d'une forme géométrique, interrogative à l'endroit de notre incrédule impuissance à comprendre le monde. Alors, le peintre fait ce qu'il sait faire, il fait sauter les verrous de l'incompréhension, propose une image brute, énigmatique, dépourvue de toute clef, laissant le spectateur face à son désarroi et à son ignorance. Toute notre vie, nous ne faisons qu'interpréter la plupart du temps un monde correspondant à notre quotidien, nous colorons des astres, nous distillons les discours, passant de la larve à des schémas de pensée sensés illustrer notre intelligence. Au bout du compte, nos certitudes se perdent, en attendant une mort à laquelle nous donnons la mission d'éclairer notre néant. L'esprit répond tant bien que mal à quelques questions. Nous comprenons le miracle de la vie quand il défie toutes nos interprétations. Qu'a voulu faire Kazimir Malévitch* en peignant ses formes géométriques, croix, carrés noirs sur fond blanc, puis blanc sur blanc ? Un autre artiste dispose à notre regard une toile vierge de toute intervention ! Est-ce la fin ou le début de l'Art ? Au final, nous sommes rendus à l'ignorance qui est la nôtre à tout moment de la vie. Les portes de la perception s'ouvrent ou se ferment à chaque pas. Malévitch a-t-il voulu dire que nous resterons à jamais muets face à ce monde, perdus dans nos interprétations, ou que désormais nulle limite n'entravera la naissance de l'esprit par l'Art ? Et puis, quelle interprétation est la plus apte ? Ne doit-on pas quitter toute tentative d'éclaircissement et se laisser rêver à un état exempt d'images, de mots, de sens ? Le monde brut serait alors par magie sous nos yeux, ce monde exacerbé dans nos rêves dont nous ne faisons que traquer l'inaccessible dimension. Le « Carré blanc sur fond blanc » de Malévitch est peut-être le rêve initiateur d'une angoisse métaphysique puisant ses racines dans le tragique d'un siècle sanglant et absurde dont l'horizon se serait éteint au fond d'un tableau monochrome.

     *Kazimir Malévitch (peintre) : 1878 - 1935

    Lien permanent Catégories : Art
  • 14 pétards

    Le château de Talmont St Hilaire était en feu ce 14 juillet. Franchement, que pouvait-il se passer d'autre qu'un embrasement du ciel de quelques minutes ? Tout cela serait passé inaperçu si deux vendeurs ambulants ne s'étaient permis d'illuminer le ciel avec leurs ampoules rouges, vertes, jaunes et bleues. Moi qui n'avais pas eu le temps d'acheter ma Barbe à papa, j'ai rempoché mon billet et laissé quelques amis engueuler vertement le cuisinier qui n'eut d'autre justification que de déclarer : « - Vous devez être fonctionnaire... je travaille, moi ! » L'excuse imparable a valu un dernier geste de dédain et nous nous sommes tous en allés avec nos souvenirs de lampes vertes, rouges et bleues. Bref, quand un feu d'artifice déclenche une telle frénésie, il convient mieux de rester chez soi, d'écrire un poème ou de regarder une rediffusion d'une série à la télévision. Les pétards mouillés n'effacent jamais l'amertume et le petit Quentin se souviendra longtemps de son premier feu d'artifice. Alors, quoi ! Le 14 juillet c'est la fête à la Barbe à papa, au nougat et aux bonbons Haribo ! Alors, vive les 14 pétards !

  • En vacances

    Mot à Maux part en vacances pour voir si l'océan est toujours à sa place, si les oiseaux ne sont pas mazoutés et si la dune ne s'est pas envolée avec la dernière pluie. Les mots seront donc suspendus pour un petit moment et seront laissés dans leur bocal et la vie s'emparera des poissons. Je réserve à petit Quentin un voyage en bateau en espérant qu'il ne sera pas trop effrayé, de toute façon on restera où l'eau est calme, tiède et peu profonde. J'ai préparé le parasol, la crème solaire, les lunettes de soleil, le caleçon, le masque et le tuba, le sac pour le goûter, les espadrilles, les raquettes de Beach Ball... J'ai fait le plein de la voiture, il n'y a plus qu'à prendre le volant direction la mer ! Chouette ! On va pouvoir faire des châteaux de sable, s'amuser dans les vagues et se balancer des méduses à la figure ! On va pouvoir sauter à pieds joints du haut des blockhaus et siroter des grenadines à la terrasse des cafés. Et pas question de rater la finale et d'attraper des coups de soleil ! On peut quand même partir en vacances sans stresser quand même ! Bon, voilà, c'est parti pour une bonne semaine de repos, au moins !