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29/06/2006

"Le Grand Incendie"

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Si les artistes sont de grands destructeurs, ce sont surtout aussi de grands créateurs ! Evidemment, on se souvient de ces civilisations où le fait d'être hors des canons officiels signifiait une condamnation à l'exil, voire à la mort. Se dire artiste vous place tout de suite dans la catégorie des perturbateurs et fait de vous un inadapté social, plus préoccupé par les lubies que par la réalité du terrain économique. Aujourd'hui, l'artiste est soit un retraité de l'enseignement scolaire, soit un horrible squatter dealant ses bombes de peinture et un peu d'herbe bleue. C'est dire l'image qui vous colle à la peau ! Les artistes contemporains sont dans les musées ou sur les cartes de vos parcours de vacances. Innombrables paysages marines, huiles et aquarelles. Sans danger véritable. C'est fou ce que notre temps peut cacher les autres ! Les artistes sont des êtres transparents qu'il convient de chercher dans les musées ! Ben oui, un peu d'ordre tout de même ! Vous vous voyez chercher qui est qui, qui fait quoi aujourd'hui, qui dit quoi ? Notre temps se caractérise par la faculté du pouvoir et des médias à dissimuler ce qui n'est pas rectiligne, uniforme. Les artistes sont standardisés, formatés, perdus dans la foule des anonymes et de ceux qui ont eu la délivrance de pouvoir causer tranquille. C'est dire si tout cela ne fait pas beaucoup de vagues ! A qui profite le silence, le chant unique de ceux qui ont vendu leur âme au diable ? Car il semble que vouloir construire est tout aussi dangereux ! Mais vous pouvez causer aux murs, crier à votre fenêtre, qui entendra ?

La revue « Pyro » est publiée par l'association « Le Grand Incendie ». Elle en est à son numéro sept. De très belle facture, les textes sont tout aussi intéressants.

Il est si facile de stigmatiser une génération et de lui adresser toute la haine. Trop facile d'accuser sans se remettre en cause. Les événements récents ont montré que l'incompréhension réciproque mène à tous les extrémismes. La création est un moyen millénaire de souhaiter une autre société. Les artistes sont réellement dangereux ! « Pyro » est anthologique. Le moindre fait d'avoir cette revue sur sa table vous propulse cependant dans une autre dimension où les miroirs cesseraient de mentir pour apprendre à réfléchir. Ce n'est pas grand chose, seulement quelques mots dans un océan d'indifférence et de silence absolu. Quand même, certaines fenêtres ont besoin d'être ouvertes. Certaines choses ont besoin d'être dites, quitte à passer pour un grand destructeur, quitte à faire peur, à vouloir réclamer un peu d'intelligence.

21:00 Publié dans La revue des revues | Lien permanent

27/06/2006

Mot à Maux n°5

medium_6.jpgSi entre deux mi-temps de football, vous avez le temps de vous consacrer un peu à la poésie, je vous informe que Mot à Maux n°5 vient de paraître au prix très compétitif de quatre euros. Evidemment, nous n'avons pas de moyens comparables à tous les sponsors de notre sport favori, mais est-il inutile pour autant de lire un peu autre chose que la soupe servie à heure fixe par les médias et par maman ? Je laisse la question ouverte en sachant qu'il ne peut y avoir de réponse, bref... 20 auteurs tout rond sont au sommaire de cette livraison : Maryse Satgé d'Alto, Eric Dubois, Fabrice Marzuolo, Agnès Schnell, Dany Sénéchaud, Gérard Paris, Monique Foïs, Hervé Martin, Mireille Disdero, Patrice Maltaverne, Jean-Baptiste Pedini, Philippe Bray, Anne Poiré, Daniel Brochard, Gaétan Loubignac, Gérard Lemaire, Lise Debelroute, Yvette Vasseur, Max Philippe Morel et Rodolphe Olcèse. Pour prouver que nous ne planons pas sur un nuage rose, les auteurs se sont aussi prêtés à un petit jeu d'expression libre, en s'emparant de ce qui coule en eux, c'est à dire une parole dépourvue de barrières et livrée à l'exploration de la vie quotidienne. Je suis convaincu que la poésie réalise une certaine préhension du monde et des sentiments en soi, qu'elle peut amener à des révolutions personnelles et à des dépassements capables de renouveler l'être. Si je pense que nous vivons aujourd'hui un grand péril, c'est que je suis de plus en plus alerté des manques qui se creusent au sein de notre civilisation. Il faudra des prises de conscience susceptibles d'affirmer une fois pour toutes les valeurs humaines. Si la poésie peut, un instant, apporter quelque chose, ouvrir les yeux sur l'intérieur et sur le monde, alors peut être n'est-elle pas perdue pour tout le monde. La poésie peut empêcher un train de dérailler. Elle peut retenir quelqu'un de sauter, elle peut casser les miroirs, détruire les murs, renverser l'ordre établi. Attention, matière dangereuse ! Attention, message susceptible de déranger les plus jeunes spectateurs ! Prière de prendre gants et protections ! Nous sommes en quête avide de sens ! La poésie est partout, dans les rêves, sur les aires d'autoroute, au supermarché, la poésie hante les Assedics, coule le long des clochers d'églises ! Mais si on se trompait ? Si tout cela ne servait à rien ! Si nous étions encore victimes d'une fantastique illusion ! Si nos mots étaient vains du début à la fin ! Alors, il conviendrait de retourner à nos publicités, de rallumer la télévision, de regarder la seconde mi-temps. Bref, Mot à Maux coûte quatre euros. Vous pouvez commander en m'écrivant un mail, je donne l'adresse de la revue par ce biais.

20:10 Publié dans Il est né ! | Lien permanent

25/06/2006

Scary F1

Ayant tapé sur le Paris Dakar en janvier, je ne vois pas pourquoi je m'empêcherais de taper sur la Formule1 et de remettre une couche sur cette pratique hallucinante de stupidité et de bêtise. Chaque fois, on nous ressert le même tableau, départ en trombe de bolides aux volants desquels des individus sans cervelle se plaisent à atteindre des vitesses tout aussi surdimensionnées que leur ego, pour le plaisir narcissique de milliers de spectateurs attirés par le sex-appeal de la compétition et le vide absolu qui emplit leurs yeux quand un pilote arrive, à chaque tour, à passer devant eux. Il n'y a rien à dire de plus, la F1 se résume à cela, plus éventuellement les salaires en centaines de milliers de dollars par tête et les bénéfices prodigieux que rapporte chaque course à des individus dont on ne sait s'ils sortent d'un film de Mad Max ou d'un manège où tous auraient oublié leur cerveau. Car, quand même ! A qui bénéficie ce spectacle obscène relayé par les télévisions ? Quelle utilité pour le commun des mortels, celui qui souffre chaque jour pour amasser quelques dollars et qui voit passer devant ses yeux l'indifférence totale, le mépris et l'arrogance des "gens du Nord" qui décidément l'ont perdu depuis longtemps ? Aimer frétiller du dard au volant est une chose, relayer l'information par tous les médias possibles en nous bassinant le fessier à chaque flash télévisé en est une autre. Mais quoi... nous sommes à l'heure de la compétition, de la vitesse, du n'importe quoi au prix le plus cher. Rien à foutre des lois morales, de l'éthique, de la retenu ! Les gens crèvent, et alors ? Ca me concerne, moi, au volant de ma Ferrari ou de ma Renault ? J'y peux quoi ? C'est pas parce que je claque et que je flambe des millions de dollars au nez d'un éventuel spectateur à l'autre bout du monde que je suis un égoïste, un sadique et un pervers ! La remarque est imparable. Nous sommes dans la civilisation de la liberté à tout prix, nous avons torché nos états d'âme il y a bien longtemps. Et cet engouement que mettent les journalistes à nous commenter une course !... Bref, encore une fois je me sens vraiment un couillon à écouter leurs renvois intestinaux... et dire que moi aussi je conduis une voiture !

20:25 Publié dans Société | Lien permanent