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19/10/2018

Mot à Maux - le blog

Hier encore je me disais que c’était la fin. Les idées noires prenantes m’avaient écarté du chemin de la vie. La revue me demandait beaucoup d’énergie, pas que je manque de forces, mais parce qu’elle interférait avec mon état mental. Un état de profonde dépression mêlée de joie de vivre et de désir de mourir. Je me suis raccroché à la revue comme un mort de faim, mais cette période de mal-être a vu ma motivation diminuer. J’étais pourtant bien parti avec Mot à Maux. La revue aurait pu perdurer et grandir. Mais il y a eu les questions de l’impression, de l’envoi, de l’affranchissement. Il fallait trouver un système pérenne que je n’ai pas réussi à inventer. D’où la question des timbres et de l’envoi gratuit. C’était inhabituel, en rapport avec mes convictions. Il y avait la revue et moi. J’ai aimé Mot à Maux parce qu’elle m’a permis de rencontrer beaucoup de jeunes auteurs. J’ai aimé proposer un espace à ceux dont j’ai aimé les poèmes. Avoir le sentiment de véhiculer la parole. La revue était une belle utopie. Je n’avais pas mesuré le travail. Faire ça seul, à l’aide d’une photocopieuse… en mai, cela ne me faisait pas peur, aujourd’hui la tâche est devenue trop lourde. Alors, voyons… au lieu de tout arrêter, je propose de reprendre la revue sur ce blog. Je ne tiens pas à faire une revue en ligne au format pdf. Je propose aux auteurs de publier leurs poèmes sur ce blog. C’est la fin de la revue papier. Ce ne sera pas une revue Internet. Juste un blog ! Un revuiste me disait qu’il y a deux difficultés à animer une revue : l’argent et l’énergie que cela demande. J’avais cru répondre à la question de l’argent. Quant à l’énergie… J’avoue qu’une revue papier est un pari et une motivation qui demande une attention journalière. Une revue est un lien entre auteurs et lecteurs - où chacun trouve sa place - débutants et confirmés. C’est essentiel pour la littérature. J’ai commencé par la publication en revue, après avoir été victime d’une mauvaise souscription. J’ai voulu à mon tour créer une revue. J’ai connu beaucoup de revuistes jeunes comme moi, dont certains ont arrêté. D’autres continuent avec courage. Je suis triste de mettre la clef sous la porte. Pour faire vivre Mot à Maux, j’appelle désormais les poètes à m’envoyer 6 ou 7 poèmes assez courts. Je publierai les meilleurs (à mon goût). Je publierai un poème par auteur sélectionné. Je garderai ainsi un lien avec Mot à Maux, en suivant la même ligne éditoriale. « Un souffle, un cri, un engagement, une respiration… » Aujourd’hui est un tournant pour Mot à Maux. J’ai hâte de lire vos poèmes.

Daniel Brochard

 

15:45 Publié dans La vie des mots | Lien permanent

09/10/2018

Halte au compte d'auteur !

Voici une idée d’action et d’information destinée aux auteurs et aux lecteurs, ainsi qu’aux éditeurs et directeurs de revues. Il s’agit de dénoncer, par une simple affiche, la pratique abusive du compte d’auteur - et souvent invisible ! Des prestataires de services ont instrumentalisé l’édition, voyant dans cette pratique un intérêt purement économique. Le profit est ce qui intéresse ces pseudo-éditeurs, sous couvert de légitimité et de bons services apportés aux auteurs peu regardant. Pour eux, l’état de l’édition actuel justifie la pratique de l’auteur/payeur. Aucun risque pris dans cette entreprise. Tous les bénéfices sont rentrants ! Et si cela ne se vend pas, on aura recours au pilon ! Vous me direz : où est le mal ? Les auteurs y trouvent leur compte ! Et c’est bien le principal. Mon but est de dénoncer une pratique abusive basée sur le mensonge et l’exploitation de la naïveté. Les auteurs, aveuglés par le narcissisme, pavanent fièrement avec leur bouquin formaté, quand ils ne sont pas bourrés de fautes et d’imperfections ! On vous promet la lune, du moins quelque retour des « tenants » de l’édition actuel, les revues, les magazines, les journaux, les radios ! Tartempion est fier de publier son livre quand tant d’autres galèrent avec leur manuscrit, quand toutes les portes se ferment ! Facilité, rapidité, rentabilité, la machine est bien huilée. On vous promet tout, on vous fait des bons, des calculs, des réductions… pourvu que l’argent rentre ! Moi, je ne veux pas d’un tel système où le livre est une marchandise, un produit comme un autre. Je lance ce cri d’alarme afin que le public soit sensibilisé à la question du compte d’auteur, un phénomène tu et pourtant largement répandu. Cette pratique est légale, mon seul but est de dénoncer la supercherie. Les auteurs paieront de leur argent une édition approximative qui n’aura de retentissement nulle part, croyant pourtant bien faire, appâtés par la facilité déconcertante de cette publication. Aucune issue, ce genre de pratique est un suicide littéraire. C’est que chacun veut sa minute de célébrité ! Sa gloire ! Naïveté de se croire irremplaçable, lésé par l’édition traditionnelle, méconnu à tord… Les motivations sont nombreuses concernant le compte d’auteur. Alors, on fait quoi ? On ferme les yeux ? Tant pis ou tant mieux pour les auteurs ! Je propose à tous les éditeurs, directeurs de revue, aux libraires et à tous ceux qui se verront touchés par ce message, de reprendre l’affiche ci-jointe, de la diffuser voire de l’imprimer afin d’informer le public sur cette pratique controversée, abusive et mensongère. En faisant un petit pas, on peut faire de grandes choses. J’aurai livré mon combat. A vous, si vous le souhaitez, de prolonger mon action.

 

N’hésitez pas à m’écrire pour toute information. L’affiche est téléchargeable ici : FlyerpageA4.pdf

A vous de la diffuser si vous le souhaitez. Merci.

 

18:02 Publié dans La vie des mots | Lien permanent

06/10/2018

Pratique éditoriale

Voici un document que je retranscris mot pour mot, émanant d’un éditeur que je ne nommerai pas, et qui est éloquent quant aux pratiques opaques et mystifiantes de cette édition à compte d’auteur à laquelle je me suis confronté il y a une vingtaine d’années. Je ne crois pas que les pratiques aient changé. Le but reste toujours de faire du profit sans prendre beaucoup de risques. Je vous passe le harcèlement et les lettres de relance reçues. Je vous passe l’exploitation de la naïveté. Je conserve tout cela dans un dossier, en souvenir de la mauvaise expérience vécue. L’argent perdu est une chose, la tromperie en est une autre. Cet éditeur fait du chiffre et continue à sévir. Proche de ses sous dont il a fait l’argument premier, il sera surtout proche des vôtres, drainant de nombreux auteurs qui y trouvent certainement leur compte. Le drame c’est qu’il y a pire. De nos jours, de nombreux éditeurs sévissent en toute impunité. Cela fait des ravages ici et en Afrique. Les Auteurs sont prêts à payer pour voir leur bébé mis en page. Une bonne chose, me direz-vous ? Tout le monde a droit à être publié librement et le compte d’auteur répond à un besoin économique et narcissique. Soit ! On ne m’empêchera pas de penser qu’il s’agit d’une escroquerie et d’une manipulation. Chacun pensera ce qu’il veut. Mais qu’on ne me dise pas que cela a un rapport avec la littérature !

 

(document authentique)

La vente par souscription

 

Voici sa formule : l’Auteur doit trouver, par exemple, quarante personnes acceptant de lui acheter à l’avance un exemplaire de son livre en tirage de tête numéroté et sur papier de qualité (ce qui justifie un prix de vente supérieur à celui de l’édition normale), laquelle vente s’effectue au profit de l’Editeur.

« L’accroche », c’est le bulletin de souscription (c.f. le modèle joint). Fabriqué par l’Editeur et diffusé par l’Auteur dans son entourage, il permet à l’Auteur de réunir les fonds nécessaires à la fabrication du livre.

« Le tirage de tête », créé pour les besoins de la souscription, consiste en l’édition d’un certain nombre d’exemplaires numérotés à la main et enrichis éventuellement d’un poème manuscrit, voire d’une gravure ou d’un dessin, ce qui contribue à valoriser l’exemplaire dit « de tête » par rapport à l’exemplaire « ordinaire » - lui-même non numéroté et non enrichi.

En contre-partie de la mise en pratique de cette formule et de son aboutissement, l’Auteur a droit à quelques exemplaires « de tête » pour lui-même ainsi qu’à cent exemplaires ordinaires de l’ouvrage publié, et cela sans aucun frais participatifs.

Historiquement proches de nous, les surréalistes utilisaient largement les possibilités de la souscription. Les œuvres qui en sont nées figurent aujourd’hui dans les collections et les musées.

 

16:26 Publié dans La vie des mots | Lien permanent