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30/11/2018

Éditorial, Mot à Maux n°7

Éditorial

La poésie est une rude affaire. Ce monde-là aussi est plein de cruauté. Pouvoir dissocier un poème d’une aventure parallèle, de la vie courante, normale, n’est pas donné à celui qui voit dans la poésie le cœur même de l’existence. Et on vous donnera des leçons afin d’adapter votre vie à la vie normale ! Votre logique n’est pas compatible avec ce monde. Vous serez toujours marginal, délaissé, ignoré. Mais vous ne vouliez pas devenir célèbre ! Vous souhaitiez simplement que quelqu’un lise vos poèmes. Aujourd’hui, le fait d’écrire fait de vous un ringard. Votre crédibilité s’essouffle à vue d’œil. Pourquoi écrire ? Comment être différent ? Votre incompatibilité n’est-elle pas rédhibitoire ? C’est la parole non dite qui manque au monde. Ce sont les heures passées dans la solitude qui feront le malheur du poète. Alors, y a-t-il une voie différente de celle du malheur ? Le monde se délite, s’effrite. Le poète se noie dans l’alcool et les médicaments. Nous vivons à contre-sens. L’écriture est notre malheur. Une blessure intime au cœur du monde rugueux à étreindre. Mais c’est tout ce qu’il nous reste. Nous sommes des survivants face au silence d’un monde hostile à nous et à lui-même. Nous sommes une forme de la résistance. Si fragile, si malmenée par les tempêtes. Le poème sera toujours un lieu de défiance, une parole méprisée et incomprise. Le poète est un apatride, un étranger. Peut-être est-ce à lui que revient la lourde tâche de s’élever contre le monde, de faire resurgir la parole. Le travail finit toujours par payer. Car le poète est un idéaliste, un rêveur. Il n’est pas de voie plus dure que la poésie. Le mépris est souvent le salaire du poète. Et celui-ci sera toujours dans le maquis.

Daniel Brochard

18:47 Publié dans La vie des mots | Lien permanent

19/10/2018

Mot à Maux - le blog

Hier encore je me disais que c’était la fin. Les idées noires prenantes m’avaient écarté du chemin de la vie. La revue me demandait beaucoup d’énergie, pas que je manque de forces, mais parce qu’elle interférait avec mon état mental. Un état de profonde dépression mêlée de joie de vivre et de désir de mourir. Je me suis raccroché à la revue comme un mort de faim, mais cette période de mal-être a vu ma motivation diminuer. J’étais pourtant bien parti avec Mot à Maux. La revue aurait pu perdurer et grandir. Mais il y a eu les questions de l’impression, de l’envoi, de l’affranchissement. Il fallait trouver un système pérenne que je n’ai pas réussi à inventer. D’où la question des timbres et de l’envoi gratuit. C’était inhabituel, en rapport avec mes convictions. Il y avait la revue et moi. J’ai aimé Mot à Maux parce qu’elle m’a permis de rencontrer beaucoup de jeunes auteurs. J’ai aimé proposer un espace à ceux dont j’ai aimé les poèmes. Avoir le sentiment de véhiculer la parole. La revue était une belle utopie. Je n’avais pas mesuré le travail. Faire ça seul, à l’aide d’une photocopieuse… en mai, cela ne me faisait pas peur, aujourd’hui la tâche est devenue trop lourde. Alors, voyons… au lieu de tout arrêter, je propose de reprendre la revue sur ce blog. Je ne tiens pas à faire une revue en ligne au format pdf. Je propose aux auteurs de publier leurs poèmes sur ce blog. C’est la fin de la revue papier. Ce ne sera pas une revue Internet. Juste un blog ! Un revuiste me disait qu’il y a deux difficultés à animer une revue : l’argent et l’énergie que cela demande. J’avais cru répondre à la question de l’argent. Quant à l’énergie… J’avoue qu’une revue papier est un pari et une motivation qui demande une attention journalière. Une revue est un lien entre auteurs et lecteurs - où chacun trouve sa place - débutants et confirmés. C’est essentiel pour la littérature. J’ai commencé par la publication en revue, après avoir été victime d’une mauvaise souscription. J’ai voulu à mon tour créer une revue. J’ai connu beaucoup de revuistes jeunes comme moi, dont certains ont arrêté. D’autres continuent avec courage. Je suis triste de mettre la clef sous la porte. Pour faire vivre Mot à Maux, j’appelle désormais les poètes à m’envoyer 6 ou 7 poèmes assez courts. Je publierai les meilleurs (à mon goût). Je publierai un poème par auteur sélectionné. Je garderai ainsi un lien avec Mot à Maux, en suivant la même ligne éditoriale. « Un souffle, un cri, un engagement, une respiration… » Aujourd’hui est un tournant pour Mot à Maux. J’ai hâte de lire vos poèmes.

Daniel Brochard

 

15:45 Publié dans La vie des mots | Lien permanent

09/10/2018

Halte au compte d'auteur !

Des prestataires de services ont instrumentalisé l’édition, voyant dans cette pratique un intérêt purement économique. Le profit est ce qui intéresse ces pseudo-éditeurs, sous couvert de légitimité et de bons services apportés aux auteurs peu regardant. Pour eux, l’état de l’édition actuel justifie la pratique de l’auteur/payeur. Aucun risque pris dans cette entreprise. Tous les bénéfices sont rentrants ! Et si cela ne se vend pas, on aura recours au pilon ! Vous me direz : où est le mal ? Les auteurs y trouvent leur compte ! Et c’est bien le principal. Mon but est de dénoncer une pratique abusive basée sur le mensonge et l’exploitation de la naïveté. Les auteurs, aveuglés par le narcissisme, pavanent fièrement avec leur bouquin formaté, quand ils ne sont pas bourrés de fautes et d’imperfections ! On vous promet la lune, du moins quelque retour des « tenants » de l’édition actuel, les revues, les magazines, les journaux, les radios ! Tartempion est fier de publier son livre quand tant d’autres galèrent avec leur manuscrit, quand toutes les portes se ferment ! Facilité, rapidité, rentabilité, la machine est bien huilée. On vous promet tout, on vous fait des bons, des calculs, des réductions… pourvu que l’argent rentre ! Moi, je ne veux pas d’un tel système où le livre est une marchandise, un produit comme un autre. Je lance ce cri d’alarme afin que le public soit sensibilisé à la question du compte d’auteur, un phénomène tu et pourtant largement répandu. Cette pratique est légale, mon seul but est de dénoncer la supercherie. Les auteurs paieront de leur argent une édition approximative qui n’aura de retentissement nulle part, croyant pourtant bien faire, appâtés par la facilité déconcertante de cette publication. Aucune issue, ce genre de pratique est un suicide littéraire. C’est que chacun veut sa minute de célébrité ! Sa gloire ! Naïveté de se croire irremplaçable, lésé par l’édition traditionnelle, méconnu à tord… Les motivations sont nombreuses concernant le compte d’auteur. Alors, on fait quoi ? On ferme les yeux ? Tant pis ou tant mieux pour les auteurs !

 

18:02 Publié dans La vie des mots | Lien permanent