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La vie des mots - Page 4

  • Communiqué

    Les temps changent chez Mot à Maux. Les idées suicidaires de l’été dernier sont passées. Je me suis remis de ma dépression, après avoir traversé des contrées douloureuses. Je m’étais dit que c’était la fin, et me revoilà sur la route ! Merci à tous les amis pour leur soutien, leur présence a su me ramener vers la vie. Chacun m’a donné de l’énergie pour me convaincre que Mot à Maux pouvait encore vivre. Beaucoup de choses contradictoires se sont croisées dans mon esprit. J’ai voulu reprendre la revue sur ce blog. Mais ce n’est pas le papier ! La sensation du toucher est irremplaçable. Certes, il faut beaucoup de courage, mais cela n’en vaut-il pas la peine ? J’aime Mot à Maux et le fait de découvrir de jeunes auteurs est pour moi une sensation merveilleuse. Il y a beaucoup d’humanité et de chaleur ! Beaucoup de raisons d’y croire encore. Leur merci est pour moi la meilleure des récompenses. Ainsi, puisque je ne suis pas à l’article de la mort, une nouvelle fois je fais renaître la revue papier Mot à Maux. On avait annoncé sa mort, voilà qu’elle renaît de ses cendres ! C’est mon identité même qui est en jeu ici : la revue est un prolongement naturel de mon esprit. Pouvoir se battre pour quelque chose ! Je mesure combien il est important d’avoir un lieu d’expression et la poésie est une forme de résistance face à tous les obscurantismes. J’ai la chance d’avoir cet espace. Nul n’ira chercher le poète ! C’est à lui que revient la lourde tâche de prendre la parole. Le microcosme de la poésie a besoin de tous les acteurs afin de lutter pour la promotion des poètes et de leurs ouvrages. Loin du formatage en place dans beaucoup de secteurs, il ne faut pas céder au désespoir. Il faut continuer la découverte des voix nouvelles, des énergies naissantes. Etre attentif à l’autre, à sa différence. Porter la parole des sans-grade. A quoi sert la poésie sinon à exister socialement ? J’ai modestement voulu ça pour Mot à Maux. Ma démarche n’est pas pérenne. Elle est désespérée. J’ai travaillé avec de modestes moyens. L’imprimante dont j’ai fait l’acquisition devrait me permettre d’augmenter le volume de la production. Pour ce retour, je prévois un nombre de pages réduit (qui veut aller loin ménage sa monture). Une même place sera donnée aux auteurs, avec publication de plusieurs poèmes. Rien n’est possible sans le courage et la volonté. Je me dis qu’il faut continuer, malgré la maladie et le désespoir. Mot à Maux me donne de l’énergie ; je dois accepter de grandir avec elle. Se battre pour l’expression de toutes les paroles. Ce n’est pas une idée vaine. De nombreuses personnes qui ne sont pas poètes sont en recherche de repères. Aujourd’hui où la conscience est planétaire, il est nécessaire d’aller vers d’autres horizons. La poésie permet ces rencontres. Ainsi, j’appelle les poètes à m’aider à faire vivre Mot à Maux, petite revue partie de rien mais qui doit encore grandir. J’entends être témoin de la « respiration » des auteurs et de leurs revendications. Il n’y aura pas de cahiers de doléances, de politique… Juste une parole et sa richesse intrinsèque. La liberté est la revendication de Mot à Maux. Si la santé me le permet, et à mon humble niveau, j’entends mener cette recherche avec conviction.

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    Les poètes peuvent me faire parvenir leurs poèmes par mail. Je recherche avant tout des inédits. Six ou sept poèmes en vers ou en prose et assez courts me permettent d’avoir une vue d’ensemble et de faire un choix. Mes critères de sélection sont subjectifs et motivés par la qualité du texte, sa force et sa pertinence. Il est conseillé de feuilleter la revue pour avoir un aperçu de son contenu. Merci de me contacter par mail pour commander le dernier numéro (septembre 2018). Au sommaire : Flora Delalande, Majead At'Mahel, Olivier Delaygue, Philippe Leuckx, Louis Dubost, Patrick Williamson, Mariama Khalli, Axel Sourisseau, Hervé Martin, Gérard Lemaire, Fabrice Farre, Jean-Baptiste Pedini et Georges Oucif. 

     

    Contact : brochardda85@gmail.com

     

  • À un paradoxe près

    Les temps sont durs pour les écrivains. Quand je vois qu’un auteur publie cinq livres aux éditions La tarte et le pion, avec un budget serré pour chacun, je me dis que je suis bien couillon de chercher à publier mon dernier bébé chez un bon éditeur ! Je pourrais me contenter d’envoyer mon manuscrit avec leur formulaire de contact, réponse sous huit jours, respect de la confidentialité, professionnalisme oblige ! Ce n’est pas difficile de publier un livre, il suffit de traverser la rue et d’aller chez La tarte et le pion … La porte est toujours ouverte, il y a toujours un contrat à traîner dans un coin, il suffit d’apposer sa signature et de parafer chaque page. Ici la vie est simple, on vous garantit la publication de votre livre dès réception du premier chèque. Oui, je suis bien con de me fatiguer pour rien alors que je pourrais avoir mon bouquin à 150 exemplaires chez La tarte et le pion, moins cher que chez Darty, avec service après-vente ! Je serai même référencé dans les rayons d’Intermarché et de chez Leclerc, vous imaginez la notoriété ! Et il paraîtrait que pour quelques euros de plus, j’aurais droit à une note de lecture personnalisée de la part de l’éditeur, publiée sur le site en première page ! Leur couverture n’est pas si moche, il faut juste s’habituer à la mise en page un peu trop resserrée à première vue mais qui fonctionne bien quand le livre est pris à bras tendus. De toute façon, tout se paie aujourd’hui… Je perdrai juste quelques centaines d’euros, c’est pas la mer à boire ! Et au moins j’aurai mon bouquin. De bons écrivains ont eu recours au compte d’auteur, savez-vous… Je ne vois pas où est le problème. Un livre est un livre. Il ne faut pas trop chercher des noises au compte d’auteur ! Aujourd’hui chacun peut avoir son bouquin estampillé La tarte et le pion. C’est une sacrée révolution : n’importe qui peut publier tout et n’importe quoi ! C’est même une liberté fondamentale, un privilège pour les sans-grade, une justice pour les auteurs ! Alors je ne vois pas où est le problème. Pourquoi je me casse pour publier chez un bon éditeur alors que je peux faire tout ça facilement en allant voir ailleurs ? Mon bébé s’habituera bien à avoir de nouveaux parents, pourvu qu’il ne soit pas orphelin ! Pourquoi se compliquer la vie alors qu’il est si facile de publier son bouquin chez La tarte et le pion ? Mais de toute façon il y a plein d’autres éditeurs pour se charger de votre avorton. Elle est pas belle la vie ?

     

     

  • Éditorial, Mot à Maux n°7

    Éditorial

    La poésie est une rude affaire. Ce monde-là aussi est plein de cruauté. Pouvoir dissocier un poème d’une aventure parallèle, de la vie courante, normale, n’est pas donné à celui qui voit dans la poésie le cœur même de l’existence. Et on vous donnera des leçons afin d’adapter votre vie à la vie normale ! Votre logique n’est pas compatible avec ce monde. Vous serez toujours marginal, délaissé, ignoré. Mais vous ne vouliez pas devenir célèbre ! Vous souhaitiez simplement que quelqu’un lise vos poèmes. Aujourd’hui, le fait d’écrire fait de vous un ringard. Votre crédibilité s’essouffle à vue d’œil. Pourquoi écrire ? Comment être différent ? Votre incompatibilité n’est-elle pas rédhibitoire ? C’est la parole non dite qui manque au monde. Ce sont les heures passées dans la solitude qui feront le malheur du poète. Alors, y a-t-il une voie différente de celle du malheur ? Le monde se délite, s’effrite. Le poète se noie dans l’alcool et les médicaments. Nous vivons à contre-sens. L’écriture est notre malheur. Une blessure intime au cœur du monde rugueux à étreindre. Mais c’est tout ce qu’il nous reste. Nous sommes des survivants face au silence d’un monde hostile à nous et à lui-même. Nous sommes une forme de la résistance. Si fragile, si malmenée par les tempêtes. Le poème sera toujours un lieu de défiance, une parole méprisée et incomprise. Le poète est un apatride, un étranger. Peut-être est-ce à lui que revient la lourde tâche de s’élever contre le monde, de faire resurgir la parole. Le travail finit toujours par payer. Car le poète est un idéaliste, un rêveur. Il n’est pas de voie plus dure que la poésie. Le mépris est souvent le salaire du poète. Et celui-ci sera toujours dans le maquis.

    Daniel Brochard