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Société

  • Prépare ton chèque !

    On n’est pas du même monde. Paul Pogba, joueur émérite de l’Equipe de France de balle au pied, a offert une bague à plus de 10 000 euros à chaque joueur titré Champion du monde en 2018. "Le cadeau est arrivé et on l'a passé aux joueurs. La réaction était bonne, ils m'ont remercié. C'est un petit geste après avoir gagné une Coupe du monde avec des joueurs formidables. Je les considère comme ma famille, c'est un petit cadeau de ma part", a-t-il déclaré modestement. Cette pratique est courante aux Etats-Unis pour les joueurs de la NBA (jeu de balle au panier), lesquelles bagues pouvant atteindre 40 000 euros. Moi, je trouve ça complètement dégueulasse ! Sachant le prix que sont payés les gamins du Bangladesh pour confectionner leurs maillots de foot ! Alors qu’on oppose la France d’en haut à celle des roturiers, les riches aux pauvres, moi je crois savoir où est le problème : on tolère ce genre de comportement sans s’en alarmer ! Ah ! Ils ont bon dos, les présentateurs de L’Equipe, la première chaîne de ballon en France. A chacun son domaine, dira-t-on… Les sportifs parlent de foot, les politiciens de politique, les économistes d’argent… Moi, je ne suis personne. Je dénonce une pratique immorale à mes yeux, comme ces salaires mirobolants que se font les joueurs pour taper dans la baballe. On donne un bon exemple à la jeunesse ! Rêver d’un match au Stade de France ou devenir plombier ? L’argent facile, vous pensez… c’est moins pénible à obtenir ! Alors, on sacralise les footballeurs comme autant d’exemples ou de héros ! Et que font-ils sinon gagner le pognon que les journalistes et les spectateurs leur rapportent ? Et je pense à mon plombier dans les manifs qui applaudit quand il y a un but, agitant sa pancarte parmi les gilets jaunes… Vous me direz : il ne faut pas tout mélanger ! Et si j’ai envie, moi, de dire que ces gens-là sont dérisoires ! Si j’ai envie de critiquer leur jeu débile ! Utile à quoi… et bon à rien ! C’est le portrait que je leur dessine moi, aux footballeurs ! Ils sont fiers d’être champions du monde, c’est sûr. Moi, je dis : quelle honte ! Oui, les enfants rêvent de foot… Est-ce l’unique espoir, l’unique horizon qu’on leur réserve ? Moi, je croyais que les choses, les comportements avaient un sens ! Apparemment, pour la richesse ostentatoire, il n’y a pas de règles, pas de limites. On peut juste gueuler, dire que c’est inacceptable, ça change quoi ? Certains gagnent des millions, d’autres ferment leur gueule… Faut bien choisir son camp !

     

  • C'est le printemps

    « Et donc vous, mes compatriotes américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous qui, comme moi, êtes citoyens du monde, ne vous demandez pas ce que les États-Unis feront pour vous, mais demandez-vous ce que nous pouvons faire, ensemble, pour la liberté de l'homme. » (John Fitzgerald Kennedy)

    20 janvier 1961, extrait du discours prononcé après la prestation de serment du nouveau président. (source : Wikipédia)

     

    Alors que la violence est dans la rue, il est bon de se remémorer les propos tenus en 1961 par le nouveau Président des Etats-Unis. Hier, les Champs-Elysées, la plus belle avenue du monde, étaient en feu. 50 vitrines brisées, des commerces pillés, des restaurants dévastés, des kiosques (symboles de la liberté d’expression) incendiés… Les pavés ont volé sur les CRS ! L’Arc de triomphe, hier, a été préservée ! Les black blocs, casseurs professionnels, s’en sont donné à cœur joie, repoussés par les gaz lacrymogènes. On regarde tout cela à la télévision, sidéré, hypnotisé par le goût de la violence. Car n’est-elle pas aussi un fantasme ? N’a-t-on pas une fascination pour la casse, le désordre, les émeutes ? Où est donc le débat national ? Dans la haine, dans la surenchère ? Au début, le mouvement des « Gilets jaunes » était sympathique. Avec le temps, ce souhait de démocratie a été anéanti par l’inertie de la violence. Les belles paroles se sont envolées. Tout le monde a brandi sa pancarte, signé des cahiers de doléances… Des individus inconnus sont venus parler de la misère, du quotidien… On espérait un sursaut démocratique. Et puis, la haine… La revendication a basculé dans l’affrontement face à la police, au pouvoir, aux politiques. Une parodie de démocratie s’est installée. Des idées ont été émises. On a cru au changement ! Aujourd’hui, malgré la sympathie qu’il a suscité, le mouvement s’épuise, les arguments se font vains, l’alternative se fait lointaine. Il y a les casseurs et les manifestants, ne confondons pas les deux ! Peut-être certains ont-ils beaucoup d’idées pour améliorer la société. Evidemment. La jeunesse aussi est dans la rue, dans la marche pour le climat. Une génération s’élève, sensibilisée par un danger de fin du monde. Des enfants, des adolescents, brandissent leurs pancartes. On veut changer le monde. Bien sûr, c’est cela la démocratie, le peuple est souverain ! Il n’est pas souverain dans la destruction, dans l’affrontement, mais dans la parole libre, échangée. Des changements sociaux sont prévisibles. Si la violence laisse place au débat, on peut espérer un sursaut démocratique. Aujourd’hui, tous les signes sont là, la jeunesse prend conscience et se révolte. Il n’y a pas d’alternative à la pensée. Emettre des idées est devenu prioritaire. Redonner un sens au discours social est indispensable. Je crois que la jeunesse peut réparer les erreurs de ses ainés. Je crois qu’une autre parole est possible. La violence est insupportable. La haine n’a pas sa place en démocratie. Les casseurs sont des voyous, des assassins. Il n’y a aucune utilité à saccager la plus belle avenue du monde ! C’est vrai que la guerre est facile, prendre les armes est devenu une banalité. Moi, je crois aux idées de contestation, de revendication. Je crois surtout à la parole, où qu’elle soit, de quelque pays qu’elle vienne. C’est cela notre choix, notre emprise sur la vie. C’est cela qui réconcilie le poète et le monde. Car enfin, la poésie est une attitude, un pouvoir, inaliénable, universel. Il faut redonner au poème sa place. La poésie n’a pas intérêt à déambuler dans la rue. C’est une résistance souterraine. Je ne crois pas aux forces de la destruction. Seul le sursaut démocratique est viable. Il est dommage de voir cette violence s’emparer de la rue. Il faut croire en la force de la jeunesse, celle qui construit un autre monde ! Hier, 50 000 personnes manifestaient entre l’Opéra et la République, pacifiquement. Paris montrait son véritable visage. Dans les rues de Paris, le sang de la liberté abreuvait nos sillons ! Mais où est donc la révolution ? Peut-être dans l’idée perpétuelle d’elle-même. La révolution, n’est-ce pas tout simplement la parole ? Le poète a une place à occuper dans ce mouvement démocratique. Le rêve, l’inspiration, la révolte sont les armes du poète. Lui que la société ignore, méprise… La poésie peut aussi s’emparer du réel. Car elle est un positionnement, un acte. Personne ne peut dire ce que doit faire la poésie. Elle est une conscience libre. Mais on peut rêver qu’elle empoigne ce monde, s’empare de son destin. La crise des Gilets jaunes aura eu le mérite de définir les lignes. Souhaitons que tout cela n’ait pas servi à rien.

     

  • Face aux murs

    medium_miro22.jpgCe graphisme n'est pas un vulgaire graffiti tracé à la hâte par des mains anonymes, il s'agit du « Mur de la lune », un assemblage de plaques de céramiques fait par Joan Miró en 1958 sur un mur d'un bâtiment de l'UNESCO à Paris. A l'heure où les bus flambent à nouveau, il faut se demander si les murs ne sont pas aussi et surtout dans nos têtes. Trop de choses s'accumulent dans les médias qui ne mettent l'accent que sur les faits divers alors que la richesse est partout, enfouie, assourdie, dissimulée dans les esprits de chacun. Certains gestes démontrent une opposition radicale face à un ordre établi, engagé contre des individus dont il chercherait à nous convaincre de l'impardonnable nocivité. Or, et quelques soient les noms que l'on donne pour faire vite et marquer les esprits, ces adolescents, ces jeunes, sont surtout désorientés et livrés à eux-mêmes. Peut-être, beaucoup n'ont-ils plus de repères, préfèrent-ils utiliser la violence pour marquer inconsciemment un déficit d'attention, d'éducation et d'écoute ; certes des comportements extrémistes existent, oui la violence engendre un chaos et une peur qui font oublier les véritables carences, mais je ne peux m'empêcher de penser à l'extrême richesse potentielle qui attend dans les quartiers pour peu que l'on veuille un jour lui prêter attention. Les murs dans nos têtes sont engendrés par un quotidien qui ne parvient pas à mûrir et à sortir des ornières et du train-train, or tout prouve qu'un sursaut véritable ne peux venir que de la confrontation des idées, et celles-ci ne peuvent être exposées que par une autre attitude face à tous les problèmes. Mais les médias ne nous facilitent pas la tâche en occultant de façon obscène les données de la banlieue. La misère, la violence, le racisme grandissent et un ministre met de l'huile sur le feu en espérant que la flamme elle-même sera un contre-feu. La télévision que l'on regarde trois heures par jour, nous donne à voir un monde édulcoré où l'utopie de la publicité rythme la marche des cerveaux, rien ne filtre, pas de débats, pas d'idées, pas de coups de gueule, sauf quand ça crame, sauf quand un adolescent désorienté pense trouver dans la radicalisation un nouveau moyen d'être, tout pourrit en silence, en sous-sol, dans la rue. L'UNESCO aurait beaucoup de travail à faire ici, je crois. Et Miró pourrait venir barbouiller un autre mur. Il n'y aura jamais assez d'énergie véritable pour combler le déficit d'écoute et d'attention face aux problèmes qui sévissent dans les banlieues.