27/04/2005

Des mots en poésie

Le numéro de "Glanes" d'Avril me parvient. Rien de plus facile, c'est le prix d'un timbre à 0,53 euros... donc vous n'avez aucune excuse pour le rater ! Dans ses "relevés du cadastre poétique" Georges Cathalo nous communique avec fièvre ses pensées poétiques. La poésie, dois-je comprendre, est tout sauf un long fleuve tranquille. (Il faut vraiment avoir l'esprit torturé pour entrer en poésie!) Elle est une marche sur laquelle on est, et sur laquelle on n'est pas. "Il y a deux façons de trahir la poésie : soit en l'aimant, soit en ne l'aimant pas", nous dit-il. Et bien comme ça tout est simple ! Vous vouliez vous secouer les neurones... Cathalo enfonce le clou : "Ecrire de la poésie, c'est sculpter les nuages." Après ça allez demander qu'on vous explique ce qu'est la poésie. Que répondrez-vous à vos enfants ? - Bah, tu verras ça plus tard... Or non, c'est maintenant que l'on veut savoir ! "Le silence qui circule autour des poètes est de peu d'épaisseur comparé à celui qui entoure les pires atrocités et les barbaries qui se déroulent un peu partout sur la planète." Alors là je comprends. La poésie n'est pas une longue complainte d'un individu sur son propre sort, mais une appréciation du monde. Autrement dit, mort à la poésie qui ne saurait considérer dans son propre sujet le rapport de l'être au monde. La poésie des mots, sans cette sève qui lui coule dans les veines, est chose morte. La poésie ne peut pas se justifier elle-même. Dès lors qu'elle ignore le rapport quasi matériel avec le monde, elle cesse d'être mot pour devenir vers, pourriture, souillure. On ne peut la justifier sans cette étincelle qui la fait tendre vers réel. Chose évidente à mon sens, la poésie c'est la vie, le monde, soi et non de simples phrases destinées à émouvoir l'esprit. Le soi, le moi, sont condamnables. Tout ce qui tend à ruiner l'épanouissement de l'être dans le monde n'est que chose morte. Un des buts de la poésie serait donc de s'affranchir des mots, des sens, des sonorités, pour s'adonner pleinement au réel. On peut rêver. On sait bien que sa puissance est essentielle, que sans elle vivre dans le monde est vain... désillusion, obscénité. Nul ne peut s'affranchir des mots : "La poésie voyage à la vitesse du silence." Alors elle est ce qui nous nourrit nuit et jour, an après an, siècle après siècle, dans la vie, dans la mort, et s'en délester ne serait qu'une illusion de plus. On peut rêver que l'écriture soit ce qui donne sens au monde. Qu'elle soit notre éclairage face aux confins des ténèbres. Non plus reflet mais lumière, non plus mot mais esprit, non plus matière mais réel. Et puis quel est notre autre but sinon de toucher ce réel ?

26/04/2005

L'écriture comme enseignement

La question en ce moment des ateliers d'écriture me semble mériter que Mot à Maux s'en mêle. En effet, si il y a un courant qui monte actuellement, c'est bien l'idée que l'écriture, la capacité à se servir de mots pour exprimer l'essentiel, peut s'apprendre, et cela pourvu que l'on fasse une bonne rencontre. Le postulat suppose que l'écriture peut se transmettre comme l'enseignement de l'Histoire, des mathématiques et de la culture physique... Une belle utopie si on en croit les représentants du GFEN (Groupe Français d'Education Nouvelle) dont le but est de susciter la réflexion, et ce par des moyens parallèles à l'éducation nationale. Notons que ce mouvement est agréé par le ministère de la Jeunesse, de l'Education Nationale et de la Recherche. Le GFEN un laboratoire ambulant ? Comment le nier au vu du calendrier des interventions prévues aux quatre coins de la France. Le mouvement revendique ses sources idéologiques depuis les années 30 ! Devons-nous croire que depuis rien n'a changé ? C'est que l'éducation suscite toujours autant de polémiques. Si le courant contestataire est entendu, dans les faits l'enseignement paraît toujours aussi austère, l'exclusion par la sélection toujours aussi présente. L'utopie du GFEN existe-t-elle vraiment ? Ou n'est-ce qu'un renoncement à peine voilé à toute réforme de l'Education Nationale. Alors que le gouvernement agit à coup de réformettes, pourra-t-on tromper les étudiants ainsi encore longtemps ? Quelles valeurs voulons-nous mettre en place au sein de l'école ? Quel avenir pour nos lycéens ? Comment peut-on envisager de suivre un système et non l'autre ? Dans quelles contradictions allons-nous enfermer la création alors que l'enseignement est à la base de la révolte sociale et culturelle ? Qui former, qui réformer ? La question est bien pour moi de savoir en quelles mains nous allons remettre l'idéologie de demain. Nivellement ou contestation, savoir ou apprentissage ? N'a-t-on pas peur qu'un système renverse l'autre ? Et n'est-ce pas pour cela que nous agissons avec tant de retenu et d'introspection ? Pour ma part, je pense que l'éducation de nos enfants doit être largement réformée. Faisons entrer la réflexion, l'apprentissage de l'autonomie et la création dans les écoles. Suscitons un débat autour de l'enseignement du savoir. Et asseyons à une même table élèves, professeurs et acteurs de la vie sociale. Si nous voulons faire de nos enfants des adultes responsables autorisons un débat constructif sur les valeurs que nous souhaitons voir émerger dans notre futur. De même que l'éducation concerne des années, l'écriture ne peut s'apprendre qu'au terme d'un long parcours intellectuel et sensitif. Si on peut permettre à des talents encore potentiels de trouver quelques clefs, considérons que cela est un long parcours et qu'il ne saurait y avoir de recettes. L'écriture est un long chemin, tous les domaines de la connaissance y sont rassemblés. On ne saurait en éviter quelques-uns.

25/04/2005

Poèmes en liberté

Je me suis penché avec plaisir sur le numéro de "Poésie sur Seine" de mars 2005. J'avoue avoir dévoré la revue tant son contenu est riche, les textes retenus (une trentaine de poèmes) pertinents. Au sommaire, une présentation du poète Max Alhau : "N'hésite pas à bivouaquer ici, / à faire feu de tous mots. / En te tournant vers la vallée, / tu comprendras / que tu n'as encore rien découvert." Vient la partie "Poèmes en liberté", servie comme un véritable plat de résistance - et on en redemande ! Comment les citer tous ici tellement ils sont nombreux ? Preuve qu'une véritable émanation s'agite qui fait le succès - dont "Poésie sur Seine" est un exemple manifeste - des nombreuses revues de création qui dans l'ombre effectuent un travail théorique aussi puissant que qualitatif. Pour ma part, j'ai eu un véritable coup de cœur pour ce poème "A deux pas de vous !" de Zamian, qui démontre que l'engagement en poésie est une tradition qui ne saurait mourir : "Au beau milieu de leurs chiffons de leurs torchons de leurs cartons de leurs litrons et de leurs déjections, la gueule grande ouverte, à deux pas de l'eau glacée, à deux pas de vous !" Une rubrique "Et si on "parlait" poésie ?" de Jean-Paul Giraux nous rappelle pertinemment la filiation entre Saint-Exupéry et son "Petit prince" et que "la planète de prédilection d'Antoine de Saint-Exupéry n'est pas la Terre des hommes (...) mais bien celle de l'enfance (...) la terre des poètes donc, que le séducteur, l'homme d'action, l'écrivain reconnu n'avait, en réalité, jamais complètement quittée." Un hommage à Odile Cadarec nous fait redécouvrir cet auteur dont le quotidien est un souffle et qui affirme : "Or l'instant de la mort, quel secret fascinant / c'est le vrai secret / Ah ! le percer quand on est encore vif." Avant les chroniques de l'actualité poétique et l'hommage à Jacques Simonomis, Alice, 14 ans, nous rappelle : "Garde les pieds sur terre / Tu n'es pas maître de l'univers."

Association Poésie sur Seine / 13, place Charles de Gaulle / 92210 Saint-Cloud

Abonnement : 4 n° 23 euros (prix réduit pour les moins de 25 ans) Le numéro : 7 euros

24/04/2005

Autopsie

Savez-vous que de tous les organes, le cerveau est le premier à mourir ? Puis, le coeur. Les reins mettent plusieurs heures, la peau, plusieurs jours ! C'est pour cela que les poils et les cheveux continuent de pousser après la mort ! Et puis les mouches, entre le décès et l'inhumation, pondent leurs oeufs sur la peau, voila pourquoi le corps est rongé par les vers ! On n'en a jamais fini d'apprendre ! Et Mot à Maux entend bien en apprendre d'avantage ! Et donc je me suis penché sur quelques sites proposant quelques poèmes bien lisses et bien soignés, du genre : "Je suis une fleur de mai / Qui danse en tes yeux clairs / Penchée dans leurs reflets / Pour puiser la lumière "... Je n'invente rien... Non, ça n'est pas du Baudelaire, bien qu'il y ait présence de fleurs (mais il n'y a pas les vers !) Assurément notre auteur confond vers et vers... et ça c'est regrettable ! Nous sommes d'un métier où l'on ne parle pas pour ne rien dire, mais quoi ! on est pas obligé de lire ni de regarder la télévision. On peut se boucher la vue sans cesse ! Oh, mais le petit garçon est bien en colère ce soir. Mais non, allons, je suis doux comme un agneau ! Bref, à la fin les poumons éclatent... Souhaitons que ce ne soit pas ce qui arrive à Mot à Maux !

22/04/2005

"Cédez le passage"

Dans le Matricule des anges d'avril, Jacques Serena nous livre un article enflammé sur la jeunesse sulfureuse d'aujourd'hui. Alors que les manifestations vont bon train c'est une joie de retrouver dans les médias un peu de rêve et de conviction. Mais attention, la jeunesse sait ce qu'elle veut ! N'est-elle pas en train de camper devant son lycée, harcelée par les policiers ? Alors que la politique voudrait tout faire rentrer dans l'ordre à coup de réformes inégalitaires destinées à niveler et à brider, un courant s'élève, clamant son désir ardent de plus de justice et de liberté. Tous les ans un mouvement lycéen se crée, chacun va portant sa banderole et clamant des slogans. Ce pays est de liberté. La poésie se fait dans la rue. La jeunesse est une force vive. Comment le pouvoir réussira-t-il encore une fois à canaliser toutes les énergies ? CEDEZ LE PASSAGE.

21/04/2005

De l'écriture comme chemin

Jean-Jacques Nuel s'est exprimé le 14 avril sur son blog dans une préface à une éventuelle publication de ses oeuvres poétiques complètes. Si la poésie n'a été pour lui qu'un moment de sa vie littéraire, elle lui a permis de jeter les bases sur lesquelles se sont ancrées ses futures oeuvres, nouvelles et romans. J'en reproduit avec son autorisation ici quelques passages :

"L'écriture de ces poèmes, parus chez divers éditeurs entre 1984 et 1989, m'apparaît aujourd'hui, dans la distance critique du temps, comme une époque refermée de ma vie passée, une étape qui a été nécessaire mais dont le retour est improbable."

"Lorsque je lis, relis, ces poèmes anciens, je ne me trouve certes pas en face d'un étranger, je reconnais une part de moi-même, une parmi d'autres qui se sont tues au moment de l'écriture. Et même si cette recherche est allée très loin, dans une sorte d'ascèse de l'expression, même s'il m'arrive d'être satisfait ou heureux de nombre de ses résultats, je souffre aussi de ne présenter de moi qu'une part limitée, à laquelle les lecteurs risquent de me réduire."

"Et cependant, la poésie, si elle a été une étape, s'est révélée fondamentale. Elle a été d'abord la joie de lecture de mon adolescence, la porte d'entrée sur la littérature, et le vrai déclencheur de mon envie d'écrire. Lorsque je me suis mis à la création, elle a été, comme plus tard les aphorismes auxquels j'allais sacrifier aussi sur une période limitée, une école de rigueur et de densité. Sans ces premiers textes, sans ces premières publications, sans la confiance que m'ont accordée alors des éditeurs, je n'aurais pas continué ni progressé dans ma voie."

Chacun, nous vivons une aventure, une quête, qui s'avère différente. Certains n'écrivent pas , ou plus, d'autres beaucoup ou pas assez. Mais l'écriture, l'aventure du langage, est comme une porte abouchée à la réalité. Cet au-delà qui est aussi l'envers et l'endroit de cette réalité ne s'exprime pas d'une manière uniforme. Elle est une façon personnelle de ressentir le monde. L'écrivain est sur cette double posture. Il peut appréhender les mots d'une manière personnelle, novatrice.

Comme le montre Jean-Jacques Nuel, cette métamorphose de l'esprit peut prendre plusieurs formes. Si la poésie répond à une même soif de désir et de réalisation, chacun éprouve sa vie d'une façon différente. C'est précisément cette richesse qui fait de la poésie un mode d'expression universel. Qu'est-ce que l'écriture sinon une cristallisation de soi, de ses émotions, de ses interrogations, de ses croyances ? Et que nous apporte l'écriture, sinon une conscience de soi, de ses possibilités et de ses limites ?

Si le rôle de l'écrivain est d'apporter des repères, il est louable que ces repères puissent dans la vie épouser plusieurs formes.

La poésie, le roman, la nouvelle sont des formes particulières de l'expression. Si Jean-Jacques Nuel a connu et en connaît plusieurs formes il se tient tout simplement sur la voie de ceux pour qui la littérature est un moyen d'émancipation. C'est cela qui fait de son oeuvre et de ses convictions un chemin et une unité aussi particulière.

18/04/2005

Alerte aux microbes !

J'en reçois depuis quelques temps, ma bibliothèque est infestée de microbes. Et comme mon micro est infesté de virus, je peux dire que je n'ai pas de chance avec les maladies. Mais non, je parle de Microbe cette revue 16 pages format carte postale ! Des textes corrosifs qui posent un peu la question de l'utilité de la littérature. Disons que pour nous elle est tout et que c'est pour ça que l'on ne peut s'en passer. Mais peut-on se passer de tout ? non, c'est pour cela que nous écrivons, nous comblons l'espace qui nous sépare de l'infini et c'est ce qui fait notre richesse. Pour Microbe c'est pareil, l'irrévérence produit des textes courts au pouvoir assez puissant. Pas mal de provoc, chacun s'en donne à cœur joie... mais le mieux c'est d'y aller voir... si vous n'avez pas peur des microbes. C'est ficelé par Paul Guiot et Eric Dejaeger et disponible à Launoy 4, (B-) 6230 Pont-à-Celles (Belgique). rvmicrobe@yahoo.fr

abonnement : 10 n° 12 euros / 10 n° + 5 Mi(ni)crobes 17 euros

Les Mi(ni)crobes sont des plaquettes proposant des textes d'un seul auteur.

15/04/2005

Dur métier !

Qu'est-ce que la qualité ? Cette question rejoint celle du sens de l'écriture. Pourquoi écrit-on ? Il est évident que le cœur a ses raisons que la raison ignore. Chacun dans son univers estime exprimer des choses importantes. Et tout est important ! Vous lever le matin est important, bosser dur est important, bouffer est important ! Mais nul n'est le centre du monde. J'essaie lorsque je lis un texte qui m'arrive de dégager une première impression, essentielle, je peux le dire à la survie du texte ! J'ai pour principe de tout lire. Et parfois je dois dire non. Puis je me pose la question du sens : vers quoi m'emmène le poème ? Quel message important veut-il me délivrer ? Pourquoi est-ce si différent de tant d'autres poèmes avant lui ? Et je cherche des voix nouvelles, singulières. Je ne suis pas d'une sélection très rude ! Mais je dois bien me fixer certains critères. Parmi ces critères, il y a celui du message, vous l'aurez compris - non que je sois un poète engagé (et encore...) mais que livrer des pistes pour appréhender le monde actuel est un des buts essentiels que j'ai donné à Mot à Maux. Oui, il y aura sélection. Il y aura des déçus qui s'en iront grincheux... J'essaie toujours de faire tendre l'esprit de la revue vers cet engagement existentiel et vital et cela suppose de faire des choix. Cela ne veut pas dire qu'un texte est mauvais, cela veut dire que dans ce numéro je réserve ma sélection pour des textes plus exigeants qui seront plus à même de parler de ces repères que je cherche tant. Qu'est-ce que la qualité ? Il n'y a pas de définition. Il y a un certain état d'esprit vers lequel faire tendre le poème. La création d'une revue impose de se donner quelques critères. Je ne cherche pas le nouveau Rimbaud, je n'ai pas pour charge de dénicher le poète génial méconnu et malheureux. Je cherche à se faire rencontrer des personnes persuadées que la poésie peut véritablement devenir une voix majeure. Je serai injuste et partial, cependant mes choix seront toujours orientés vers un souci intransigeant de qualité. Je retiendrai toujours le meilleur de ce que je trouve, si je fais des déçus j'espère que nul ne m'en tiendra rigueur. Je ne donnerai donc aucune définition de la qualité. Je poserai simplement comme principe le droit du choix subjectif et pourtant orienté de la publication. Merci de me faire parvenir vos contributions. Vous pouvez être sûr que tout sera lu et apprécié. Je ne suis juge en rien. Je ne suis pas une école. Dans mes modestes possibilités je cherche à exprimer un choix parmi les meilleurs. J'espère que le lecteur saura exprimer en temps voulu sa satisfaction.

14/04/2005

De l'art de la désacralisation

Le numéro 71 de la revue "Comme un terrier dans l'igloo" traînait dans un coin de ma bibliothèque depuis quelque temps, il est heureux qu'il ait pu en sortir dépoussiéré ! Un numéro de Georges Hassomeris intitulé "Icôn(n)eries" dont la mission impossible est ni plus ni moins la désacralisation de toutes les mystifications qui vont bon train dans la société actuelle et depuis tout temps. La revue s'attaque à tous les pouvoirs inégalitaires, à Dominique de Villepin (mais pourquoi tant de haine?) au FBI et à la mafia, à la FNAC (mais pourquoi la FNAC ?) + quelques entités plus ou moins isolées et majoritaires. Mais vous pensez échapper à la liste ? Non ! La revue gratte dans tous les coins qui font mal et enfonce le clou sur nos certitudes. Nul n'échappe aux tentacules du maître d'arme dans les petites, grosses ou moyennes compromissions. "La poésie qui &st l'art/De la désacralisation poussée jusqu'au bout,/C'&st tabou" affirme l'auteur ! Et qu'avons nous de plus que les autres ? Nous, consommateurs à la chaîne et bien-pensants ! Tous responsables de la déforestation amazonienne et de la bêtise montante. Décapage en règle qui frôle et dépasse le surréalisme en bien des points. Voyage incontournable vers un prochain numéro.

Dan et Guy Ferdinande / 67 rue de l'église F-59840 Lompret

Prix 3 euros (5 timbres à 0,64 euros -ou plus-)

10/04/2005

Mot à Maux à Montaigu

Mot à Maux s'est déplacé à Montaigu ce samedi, cité médiévale de 4821 habitants au nord de la Vendée. Premier voyage scolaire pour cet enfant turbulent, déjà ! Petit village fort sympathique en tout cas et qui a vu se réunir quelques deux cents écrivains. A quatre vingt dix pour cent de romans bien sûr. Mais je n'étais pas venu pour ça et je n'ai pas été déçu !

Qu'est-ce qui ressemble le plus à un salon qu'un autre salon ? La question reste posée quand on considère la pléiade d'auteurs qui viennent délivrer leur signature... Ok, il faut pas cracher dans la soupe (petit enfant turbulent !), il en faut pour tout le monde, des historiques, des pas historiques, des biographiques, des autobiographiques. Et puisque tant de personnes ont quelque chose à dire, laissons-les parler !
Nous, nous sommes différents, nombreux aussi, mais différents. Notre rage s'exprime par d'autres mots, d'autres façons de tourner les pages. Allons, enfin quoi, nous étions venu pour rencontrer quelques poètes (les 0,2 % de l'édition actuelle).

Franck Roy, dont je parlais page 46 de la revue tenait le stand Echo Optique, à côté de Soc et Foc et de L'idée bleue. Lise Cassin (qui anime des ateliers d'écriture), Régine Albert (qui publie un premier roman), Thierry Piet (prêtre à Luçon), tout ce beau monde anime avec passion depuis 1989 une édition de qualité. Chaque livre est une aventure particulière, mêlant étroitement textes et illustrations. Avec deux titres par an, Echo optique a publié une vingtaine d'écrivains dont Emmanuel Berland, Clod'Aria, Antoine Emaz, Hervé Lesage, James Sacré...

En poésie, il convient de prendre son temps, celui de vivre, d'écrire, de se livrer corps et âme à cette activité, se dire que c'est essentiel. Un manuscrit proposé en décembre a suscité l'intérêt d'Echo Optique et de Pays d'Herbe. Ce salon m'a permis de rencontrer des personnes dévouées à une poésie de qualité, loin de cette édition à compte d'auteur qui ruine tant de cœurs adolescents. L'auteur doit prendre le temps d'assumer pleinement tous les aspects de son oeuvre, et pour cela il est évident que seule la lecture permet l'ouverture d'esprit nécessaire à la confrontation des idées. Un éditeur représente un certain climat, une certaine ouverture, une sensibilité qui diffèrent de l'un à l'autre. Un auteur qui ne lirait aucun livre, qui ne ferait pas l'effort de s'ouvrir à la création dans tous ses aspects, serait un auteur borgne, infirme, bancale. Un auteur s'inscrit toujours dans une histoire, celle d'écrivains passés. C'est alors que, se situant, il apporte la touche nouvelle et particulière qui le caractérise.

Je pense que Louis Dubost serait d'accord avec cela. L'écrivain et l'éditeur ont une aventure commune qui est de porter un livre vers un public déterminé. Un boucher ne vend pas de pain, un dentiste ne soigne pas les mots de tête (et encore !), un éditeur de roman n'a que faire de vos poèmes. Il ne tient qu'à l'écrivain de savoir se situer sans se trahir, sans trahir celui qui l'honore. Un respect mutuel doit s'instaurer.
Louis Dubost, homme de très grande gentillesse, se tenait assis, fumant sa pipe. Après avoir guetté un instant et que son interlocuteur s'en aille bien, j'osai quelques paroles. Une première rencontre importante pour Mot à Maux, puisque Dubost a pu me donner quelques pistes pour promouvoir la revue.
J'ai bien lu quelques lignes de romans... histoire de me rendre compte. Il est vrai, je suis ignorant de la publication actuelle d'auteurs tels que Ragon, Michelet, Durieux ou Rouaud. Mais bon, à chacun son domaine... En tout cas, dans la poésie je me retrouve assez bien parmi la publication de textes qui font appel à l'âme, à la raison, à l'inconscient. Tous ces mots permettent de se situer, d'exprimer l'essentiel. Et que cherchons nous de plus ? Fort de mes 0,2 % de poésie, heureux de ces rencontres, Mot à Maux s'en est allé reprendre le train.

Attente un peu sur le quai direction la Roche sur Yon. Une heure de train jusqu'aux Sables d'Olonne, des souvenirs plein la tête et le soleil qui déclinait la haut vers l'horizon.

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