25/05/2005

L'impoésie

Je suis étonné de ne plus voir cet affreux bandeau publicitaire orner le toit de la maison Mot à Maux. Peut-être, si vous avez une réponse à cela pouvez-vous m'éclairer, car vraiment moi sans toutes ces réclames ça fait un peu triste... Je m'y étais habitué. La publicité est une formidable incitation à consommer et nous voulons consommer, nous sommes des consommateurs, notre raison d'être c'est l'argent et plus on en a plus on est heureux et plus nous consommons et plus l'économie se porte bien et plus notre porte-monnaie se remplit ! Donc il faut travailler pour consommer. Donc vive la pub ! Et puisque je suis en forme je vous livre cette citation du poète Norge qui n'a pas dit : "Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie" ( 2 euros le bouquet chez le fleuriste), car c'est Ronsard ; ni "Carpe diem" (à ne pas confondre avec Chanel n°5), car c'est Horace ; mais bel et bien : "J'aime écrire en phrases banales, mais où les sentiments exprimés se prolongent au-delà, si on leur donne la place et le temps. Le travail du poète doit leur conférer cette faculté d'écho, d'insolite que leur donne l'attention. C'est comme ces collages dont certains artistes ont fait des tableaux. Je cueille partout, et dans ma diversité, je cueille la vie, comme le facteur Cheval bâtissait son château avec les pierres "intéressantes" du chemin. Il faut rendre réalité à la littérature. Les gens ont besoin de retrouver dans l'art des choses de la vie qui est la leur, d'y redécouvrir de la passion, du plaisir, de la foi, de comprendre qu'ils ont raison de vivre, qu'ils ne sont pas stupides, comme cet excès de bizarre, de sordide, de démentiel, qu'on leur montre peut les induire à le croire. On a trop servi de viandes faisandées, de ces vèneries purulentes dont sont morts les ordres nobiliaires. Le monde crève d'indifférence, d'impoésie, de dégoût. Le poète, parmi d'autres, peut être sauveur s'il redonne saveur à la vie. Il est plus urgent d'offrir aux gens des raisons que des moyens de vivre."

21/05/2005

Nouveaux Délits

La revue de Cathy Garcia (poète publiée dans Mot à Maux n°1) en est déjà à son numéro 11. Cela change de ces revues papier glacé qui hantent les tables de salon, cette revue est entièrement réalisée en papier recyclé. Un acte politique que Mot à Maux se doit de louer, conscient que nous sommes tous à notre échelle responsables de notre environnement, tous les gestes que nous faisons ne sont pas anodins ! Claude Roussie, Emilie Cadiou, Patrick Evrard, Mireille Disdero, Ludovic Kaspar, Olivier Vigna et Cathy Garcia sont au sommaire de ce numéro. Il est fort agréable de pouvoir s'étendre dans leurs univers, chaque auteur n'ayant pas un seul poème mais plusieurs pages, permettant à chacun une expression attentive et de grande qualité. Puisque nul domaine ne résiste à la poésie, la science, la science-fiction (la Cybernétique...), le quotidien (Train - Bancs publics - Manèges...), le mythe et la philosophie ( Le Temps - Prophéties - Hasard...), tous se rassemblent comme autant de Nouveaux Délits où, comme il est dit dans Avenir Psychotrope : "L'homme rêve de planète rouge / Le ciel tire au violet / Il est temps de revenir." Dans des extraits de ses Calepins voyageurs, Cathy Garcia nous dit la tristesse du monde que seule l'écriture permet de transformer. Car il s'agit d'acquérir la lucidité nécessaire afin d'habiter soi et le monde. Il s'agit de revenir aux sources : "Le monde ne change pas, c'est nous qui devons changer !" La route empruntée "au fil ténu d'une respiration" est celle qui conduit au rêve "de nouvelles expériences, autres parfums, autres saveurs..." qui seul peut libérer de la "prison". Et la description défile, comme un long moment passé aux fenêtres, dans la mélancolie, au rythme des villes qui se succèdent et de la musique omniprésente dont le musicien sait qu'elle ne tient qu'à un fil. La tristesse fait place à la fête, toutes deux sont la laideur et la beauté du monde. Un Bulletin de Complicité se glisse à la fin de la revue, pour nous rappeler si nécessaire que la publication ne vit pas sans son public et que l'on ne saurait se passer des repères que nous donne la poésie.
Illustrateur invité : Ferran Casals Torra.

Nouveaux Délits (Revue de poésie vive et dérivés) : delit2poesie@wanadoo.fr


Un an : 7 numéros - 33 euros (ou 30 tarif lent) pour la France, 35 euros pour la Belgique et l'Europe de l'Ouest, 44 euros (ou 40 tarif lent) pour le Québec - Le numéro 4 euros (+ 1 euros frais de port).

20/05/2005

Antisèche

Mouvements et Ecoles : Abbaye de Créteil - Cobra (Poésie belge) - Dada - Décadents (Poètes) - Dramatisme - Fantaisiste (Ecole) - Futurisme - Grand Jeu (Le) - Humanisme - Hydropathes - Lettrisme - Négritude - Oc (Poésie d') - Oulipo (Poétique de l') - Parnasse - Résistance (Poètes de la) - Rochefort (Ecole de) - Surréalisme - Symbolisme - Unanimisme - Zutistes. (Extraits du "Dictionnaire de Poésie de Baudelaire à nos jours" sous la direction de Michel Jarrety.)

Peu de chances que vous ayez lu cet ouvrage (qui coûte quand même 500 francs) consulté à la Médiathèque François-Mitterrand de Poitiers. Avec tous ces "ismes", moi ça me donne le mal de mer. En tout cas, il en manque quelques poètes dans leur anthologie... Toute liste n'est pas exhaustive et nous sommes définitivement dans l'ombre, me direz-vous ! Eh oui... nous n'existons presque pas. Et c'est tant mieux, parce que nous sommes de partout. Pas étonnant qu'on n'arrive pas à nous saisir... Alors rassurons-nous : nous sommes à tous les étages de la vie sociale... et que demander d'autre ? En tout cas je vous passe le résumé du "Dictionnaire de poétique" en format poche, bien qu'il soit intéressant de connaître tous les termes techniques qui se rapportent au poème (rythme, allitérations, hémistiches...) Mais atelier d'écriture ou pas, la poésie ça ne s'apprend pas, ça s'acquiert. On voudrait faire entrer l'autonomie dans des cadres, canaliser la création, stimuler chez tous la même réflexion... Alors que la poésie ne germe que lentement, avec le temps et sûrement pas dans des travaux dirigés. Soyez tranquilles, on ne vous demande pas de rendre la copie au bout de ce message ! Quand même, c'est bien normal que la poésie passe inaperçue, qui en voudrait ? La poésie est cachée parce qu'elle est dangereuse, parce qu'elle est de la matière en fusion, de l'esprit en effervescence. De tout temps il a mieux valu étouffer la parole ! Soyez tranquilles... la révolution n'est pas pour demain. La révolution ne naîtra pas place d'Armes à Poitiers !

 Poésies francophones : Africaine - Antillaise - Belge - Haïtienne - Indochinoise - Libanaise - Maghrébine - Malgache - Mauricienne - Québécoise - Réunionnaise - Suisse romande.

19/05/2005

Mot à Maux à Poitiers

Ce n'est pas un pèlerinage à la Mecque que j'ai effectué ce mercredi (jour des enfants) mais un simple aller-retour à Poitiers. Pour une fois, je me suis levé de bonne heure et je n'ai même pas dormi dans le car (depuis qu'on a réduit mon traitement ça va beaucoup mieux). Bref, j'étais arrivé avant l'ouverture des librairies, j'ai dû déambuler en attendant que les rideaux de fer se lèvent. Rien n'a vraiment changé depuis l'époque où j'étais étudiant en philo. Il y en a toujours qui rentrent et qui sortent de l'hôtel Fumé, et qui vont et viennent à la bibliothèque. C'est là précisément que je souhaitais me rendre. Les rayons n'ont pas bougé. Il y a toujours le Roman mélangé avec le Théatre et la Poésie, la littérature, quoi... J'allais à la bibliothèque (rarement pour la philo...) pour ces recueils perdus dans la masse que je devais extirper. C'est marrant ces gens qui circulent dans les bibliothèques, je me souviens du temps où j'étais étudiant comme eux. Comme il a passé ! Et puis quoi ! chacun son domaine. Chez Gibert, à l'endroit habituel j'ai déniché Odile Caradec et Jean Claude Martin. J'avais pas lu Van Gogh d'Antonin Artaud, ça devrait venir. Et tu passes, tu passes, il y a plein de bouquins. Mais toi, tu sais pourquoi tu es là. La poésie à Poitiers, c'est navrant, y en a pas ! Sauf celle qui se fait bien sûr au sein des chambres d'étudiants, au café ou sur une table de bibliothèque... justement. Nous nous croyons au soleil, et nous sommes dans l'ombre. Mais quel est notre chemin ? Différent, et pourtant. Nous croyons porter un message essentiel mais personne n'écoute ou n'entend. La vie, la vie, la vie... De quoi se perdre dans ces rues. Et où est le sens ? Il y a toujours à Poitiers des gens qui font la manche. Tu t'arrêtes, tu dis n'importe quoi, tu continues. Les rues sont là, toi tu te dissous. Des étudiants qui dans dix ans reviendront et qui contempleront un vestige de leur passé. Toi tu reprends le car. Tu es déjà chez toi.

16/05/2005

Droit de réponse

Il est regrettable que cette affaire du Calcre ait suscité tant d'émoi. En aucun cas il ne s'est agit de contester une décision de justice ni de juger de cet épisode qui a opposé l'ancien employé à son ex employeur. Il s'agissait pour moi d'effectuer un constat d'humour. Le Calcre, habitué à ces affaires, s'est vu à son tour mis en cause. C'est ce constat d'ironie qui m'a fait réagir et non le résultat de cette affaire. Une certaine expression ayant été mal prise je dois faire ici une mise au point. Mon article a suscité quelques désagréments et malentendus, n'ayant jamais voulu entrer dans le conflit des personnes, cette phrase a pourtant pu choquer et je le regrette. Pour apaiser les esprits je publie à la suite de "L'affaire Calcre" la lettre reçue de monsieur Lorenzo Soccavo. (Voir "L'affaire Calcre") 

14/05/2005

Should I stay or should I go ?

Mot à Maux est en vacances ! Comme je n'ai ici qu'une connexion classique, je ne peux que difficilement utiliser toutes les ressources que me propose Internet afin de créer comme d'habitude billet, information ou critique. Donc le petit enfant prend des forces (vives) auprès de ses proches et dans son pays natal. Ne doutons pas qu'au retour il revienne avec encore plus de choses à dire ! La revue, pour le second numéro, avance à grands pas, les textes retenus sont homogènes et de grande qualité. Evidemment je ne suis pas opéré de la vésicule et je n'ai pas étudié le traité constitutionnel (j'ai bien essayé mais j'y arrive pas) ! N'empêche, je suis attentif aux mœurs de mon temps et la question sociale me concerne activement. Il me semble que le poète a un droit de penser qui équivaut à une conscience, à une disposition morale. Le poète ne nous donne pas un texte illisible en millions d'exemplaires, mais fait témoignage d'une plaie vive. Il est nous, il est chacun de nous (mais à qui ai-je donc piqué cette idée là ?) Parce que nous sommes de simples atomes, nous constituons l'univers. Poussière d'étoile... comme dirait le poète ! Et vive la poésie !

10/05/2005

Jésus revient

Cet homme a vraiment des mœurs bizarres. Une personnalité multiple qui lui fait commettre des forfaits et qui semble avoir provoqué un étrange mea-culpa. Sur un nouveau blog (encore un!) l'individu divulgue ses sources et fait maintenant figure d'ange... Donc l'individu n'est pas fou ! Bonne nouvelle. Mais que va-t-il nous réserver ? Gilles Bizien, dernier auteur plagié reste vigilent. Pour ma part, je pense que cet illuminé a tout simplement voulu jouer un jeu dangereux pour attirer l'attention autour de lui. Vraisemblablement il faudrait mettre ce Sigmund Freud sur un divan. Tout cela n'a rien à voir avec la littérature. La poésie est constituée d'entités qui agissent dans l'ombre et qui ont d'autant plus le mérite de résister. Continuons. Ne nous laissons pas disperser par ce qui lutte contre nous. Ce ne sont pas quelques obstacles qui vont nous arrêter. Voici la nouvelle adresse de ce fou cinglé : http://enewsblog.com/DSS/

09/05/2005

Peer to pire

Vous connaissez sûrement ce principe discutable qui consiste à télécharger en toute impunité un contenu multimédia (musique, films...) Vous savez aussi que c'est illégal et pourtant répandu. On se dit que tout ça coûte trop cher et puis on est dans son bon droit... Vous connaissez aussi le copyright, ou le fait pour une oeuvre ou un auteur de se voir protégé par une réglementation dont le but est de garantir ses droits. Vous pensiez que personne ne viendrait piller votre oeuvre... erreur. Un poète de Mot à Maux vient de me signaler une utilisation intempestive en toute illégalité de ses poèmes. Un site Internet plagie ses textes (en commençant par la fin du recueil et puis remonte...) et affiche un autre copyright : © 2005 Didier SIGURET SIGMÜNSSEN. Ce Sigmund Freud est soit un sentimental débile qui collectionne les poèmes d'autres auteurs pour s'en faire une peau, soit un dangereux psychopathe en mal d'affectivité... dans les deux cas il convient de réagir afin que le droit soit tout à fait respecté. L'activiste n'en est pas à son coup d'essai si en on juge les commentaires laissés par les internautes qui ont voulu réagir à ce méfait. Il convient de traquer l'individu et de lui faire avaler ses poèmes... ne doutez pas que ce sera fait.

06/05/2005

L'affaire Calcre

Quelle histoire que cette affaire du Calcre ! L'Association Calcre (Comité des auteurs en lutte contre le racket de l'édition), créée en 1979 par Roger Gaillard a été condamnée à verser 42 500 euros à un ex-employé qui aurait peut-être réussi le hold-up du siècle ! N'étant pas féru de droit je ne sais pas si le Calcre existe encore ou non. En tout cas son but est la défense et l'information des auteurs, à travers publications et conseils juridiques. Il est un outil indispensable à tout auteur débutant souhaitant s'informer des mœurs et de la réalité de la publication dans les domaines de la littérature. L'ex-employé n'a pas froid aux yeux puisqu'il se justifie pleinement de la décision de la Cour d'Appel et arbore même un site Internet riche de son curriculum vitae impressionnant et d'une bibliographie tout à fait conséquente. Mais qui a donc payé Lorenzo Soccavo pour qu'il accomplisse son forfait ? En attendant vous pouvez rejoindre le rang des résistants en consultant le site du Calcre afin de vous rappeler les ficelles, les us et les coutumes de l'édition et ses pièges. Consulter les guides Audace (Annuaire à l'usage des auteurs cherchant un éditeur) et Arlit (Annuaires des Revues Littéraires & Cie) est un geste indispensable et salvateur pour qui veut connaître qui et quoi. Le Calcre a été remplacé par Cose-Calcre. L'Oie plate publie désormais le nouvel Audace et un ouvrage : 150 questions sur l'édition par Marc Autret. Audace coûte 54 euros mais vous pouvez le trouver dans quelques bibliothèques et en photocopier les pages qui vous intéressent.

05/05/2005

Questions à choix multiples

Le hasard a beaucoup d'importance sur Internet. Un scientifique vous dira plutôt qu'il s'agit des conséquences logiques des liens et vous démontrera par a + b que vous avez tord. N'allons donc pas sur ce terrain et dirigeons nous hâtivement vers le site Pages Libres et plus particulièrement vers les articles de Yves Heurté. Très simplement pour nous résumer quelques évidences en terme d'édition. De la présentation du manuscrit à la recherche de l'éditeur, de la longue attente insoutenable à vos premiers pas dans les salons, puis plus tard face aux critiques et aux médias dont les appareils crépitent de toute part, voici comment ne pas se planter et rater dans le même élan une première ou un seconde publication. Car c'est vrai que ce n'est pas évident, je parle ici de choses entendues, donc si vous en êtes à votre troisième voire quatrième publication, vous pouvez sortir en récréation ! Pour les autres, sachez qu'il faut rester courtois, lucide et entêté. Il y a des conneries à ne pas faire, des choses à faire absolument, des détails et des grands principes à savoir. Une bonne nouvelle : le livre a de l'avenir et Yves Heurté ne s'en fait pas pour lui. Internet est un contrepouvoir où les grands de ce monde n'ont que peu d'influence. Mieux, il est un espace privilégié d'ébullition. Attention, n'en déplaise à Yves Heurté certains éditeurs ayant une double casquette ne sont pas forcément des révolutionnaires (je pense au Manuscrit.com pour ne pas les citer). Mais je lui donnerai quand même le dernier mot lorsqu'il dit à propos de la culture-net : "J'y barbote assez depuis si longtemps pour dire: écrivez, créez, patientez, quelqu'un viendra toujours en faire quelque chose." (Cependant n'attendez pas trop, prenez les cartes en main!)

Pour visiter le site : http://www.pageslibres.net/

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