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27/11/2005

Expositions au centre Pompidou

Si vous avez la chance d'habiter à Paris ou de pouvoir vous déplacer facilement, vous pouvez aller faire un tour du côté du Centre Pompidou. Il s'y tient notamment l'exposition Big Bang et la rétrospective Dada. Quelques conseils s'imposent cependant. En effet, n'allez pas confondre art moderne et réalité ! L'art utilise la réalité dans son discours. L'art, c'est la liberté, quelque chose de substantiel ! Tout y est possible. La réalité, elle, reste bien douloureuse et mystérieuse - qui peut pénétrer son secret ? L'art en explore tous les aspects, en donnant plus que le réel, le surnaturel ou le surréel. On peut ainsi dire que le surréalisme est un aboutissement de l'art. L'objet surréaliste diffère de l'objet lui-même en ce qu'il donne un sens autre à tout objet du réel. Et c'est ce même sens qui fait l'œuvre. La réalité, elle, est bien pauvre. N'allez donc pas confondre la Fontaine de Duchamp avec un urinoir ! De même la roue de bicyclette n'en est pas une sinon sa représentation. On pourrait ainsi dire que toute oeuvre d'art est représentation. On peut expliquer une création. La réalité, elle, est opaque. On peut s'épanouir dans l'esprit. Mais vivre sans lui ? Le surréalisme s'attaque aux certitudes et à nos représentations mentales. Il s'agit de porter un autre regard. D'épouser un autre point de vue. Il s'agit de s'associer au mystère d'exister au monde. L'artiste utilise les mots, les couleurs, les idées dans son discours engagé, dans sa réflexion, dans ses attitudes. C'est cette capacité de se représenter l'impossible, l'inconcevable qui le caractérise. L'esprit est sensible dans toute oeuvre d'art. C'est bien sa production qu'il est possible de découvrir à travers les expositions du Centre Pompidou. Une visite qui ne peut laisser indemne et qu'il convient de répéter.

21:00 Publié dans Art | Lien permanent

25/11/2005

Casseurs de pub

Samedi 26 novembre, c'est la journée sans achat ! Donc, il va être possible de déambuler dans les magasins sans avoir cet inévitable réflexe : - Je vois, je prends, j'achète ! Le réflexe du consommateur lambda conditionné depuis sa naissance à dépenser, acheter, acquérir, posséder, offrir, dilapider, gaspiller, jeter à la poubelle... Alors, on n'achète rien ? Ca va être dur ! C'est notre vie d'homo-consommatorus qui va être malmenée pendant quelques heures ! Bah ! Bientôt Noël, les cadeaux... on va se rattraper ! Les médias l'ont annoncé : il existe aujourd'hui des individus réfractaires au mode de consommation dont nous sommes les acteurs. La poésie utilisant le cours de la vie réelle dans la propagation de son message, interrogeant sans cesse son époque, ce mouvement de pensée qui est amené à devenir incontournable à l'avenir est en moi présent depuis très longtemps. J'adhère très fortement à ce message qui dit très simplement : une croissance infinie est impossible dans un monde de ressources naturelles finies ; il faut parvenir au partage universel des richesses ; ce que nous faisons à un endroit a des conséquences à l'autre bout de la terre ; il faut parvenir à une meilleure et plus humaine répartition du travail, etc. La publicité, véritable fer de lance de nos sociétés de consommation contemporaines, est omniprésente dans notre environnement social, conditionnant nos réflexes et régulant nos vies. Il n'existe plus aucunes limites au jeu de la croissance : gaspillage des ressources, monopole des richesses, la consommation n'a plus aucun frein et devient une vitrine obscène du jeu capitaliste. Alors que le discours politique ambiant encourage la croissance, l'exploitation de plus en plus rythmée, face à cette fuite dont on ne voit plus la fin, certaines voix appellent à la décroissance. Rempart à la destruction de la planète, à l'injustice et à la misère, il s'agit là d'une véritable philosophie qui vise à ré-organiser de manière plus équitable notre environnement social. Ce mouvement ne revendique aucune idéologie sinon le bien entier au service de l'Homme. Il s'élève contre une déviation de plus en plus brutale de notre mode de consommation, en appelle à d'autres règles du jeu que celles du profit, à une autre valeur que celle de l'argent roi, à la justice dans les rapports économiques et sociaux. Cet appel est symbolique, mais il peut être initiateur d'entreprises nouvelles. Parce que nous posons des limites à notre folie effrénée de consommation, parce que nous recherchons d'autres valeurs dans notre vie quotidienne... parce que l'intelligence ne peut se laisser obscurcir sans sursauts, nous devrions faire tous les jours un pas vers une autre consommation.

21:45 Publié dans Société | Lien permanent

22/11/2005

Ecrire est un acte politique

En visitant un site Internet je tombe sur cet ouvrage évoquant le cyclone qui a frappé le Bangladesh en 1991 faisant 138 000 (cent trente huit mille) morts. Un autre cyclone avait frappé en novembre 1970 ce qui allait devenir ce même Bangladesh, causant la mort de 500 000 (cinq cent mille) personnes. Et je me dis qu'on est bien peu de chose... Et je me dis que la poésie pour laquelle j'ai donné ma vie a quelque chose de bien dérisoire en face des réalités terribles qui frappent certaines régions du monde à différentes époques de l'histoire humaine. Il y a même quelque chose d'indécent à parler de sa propre misère quand la guerre, les génocides, les massacres ponctuent cette histoire tragique qui est la vie sur terre. Alors, on me dira de regarder la beauté de ce même monde, de regarder ces gens simples qui vivent au jour le jour pour leur avenir, les idées que ces mêmes hommes portent depuis des siècles pour qu'enfin la justice et la liberté se fassent sur cette terre. Oui, la vie est belle vue d'un certain point... quand on habite du bon côté du bon hémisphère peut-être... La poésie dérisoire ? Oui, c'est comme parler de son petit malheur parmi mille cas de souffrances. Mais qu'est-ce qui la sauve ? Qu'est-ce qui fait que je ne vis que par elle ? Peut-être parce que c'est précisément là, par ce biais là que je peux donner un sens à une vie qui n'en a pas. Peut-être parce que je me suis positionné dès le départ, parce que j'ai été nourri dans le respect de la justice, de la fraternité et des droits de l'Homme. Parce qu'écrire est essentiel afin de sortir cette vie de la banalité du quotidien, de la stérilité de ses actions. Parce qu'écrire pose un acte politique, éthique, existentiel. Parce qu'un chemin est fait de mille et une pierres. S'il est des gouffres qui s'ouvrent sous les pas des marcheurs, il y a quand même cent mille pas pour rejoindre le soleil et la liberté. Ecrire aujourd'hui ? Quand on sait la complexité du monde, les actions à mener et l'énergie qu'il faut déployer ? Plus que jamais ! La science, la politique, la religion sont des parties de la somme dont il est question dans l'écriture. L'écriture s'occupant du réel et du surnaturel, comment effectuer toutes les opérations sans en oublier aucune ? Ecrire, un acte vain ? Pas en regard de l'avancement des idées. Un acte échoué dès le départ ? Peut-être en regard de soi, oui. Je dis simplement qu'écrire est un acte qui correspond à une certaine énergie dépensée. L'univers entier est un potentiel d'énergie. Celle qui, présente dans les yeux des enfants, est aussi présente à l'autre bout des confins les plus reculés de l'espace. Alors, il convient d'utiliser cette énergie en conscience et la poésie est un des nombreux moyens de l'utiliser. Alors, oui, en regard de l'actualité, de l'histoire, écrire n'est peut-être pas dérisoire. Peut-être appartient-il aussi à chacun de s'en apercevoir par ses propres moyens.

22:00 Publié dans Réflexions | Lien permanent