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Réflexions - Page 5

  • Le temps des cerises

    La poésie agissant comme un laboratoire, un stimulateur cardiaque, un placebo, un peu de bon sens ne fait pas de mal. La poésie n'en est pas le réceptacle exclusif, la philosophie non plus, ce qui importe c'est le sens évoqué pour chacun. Je me tape sans cesse contre des murs, devant cet absurde qu'est l'existence sur terre. Rien ne peut conduire à une explication totale et acceptable des mystères ici-bas. Descartes m'a toujours fait rire avec sa "preuve de l'existence de dieu"... Il en sait quoi, lui ? La philosophie n'apporte en tout et pour tout que des hypothèses, des suggestions toutes aussi vraies et bancales les unes que les autres. Certes, tout est bon à prendre, la curiosité intellectuelle ne peut pas avoir de limites. Il est normal de se poser des questions et d'essayer d'obtenir des réponses. Quand même, laissez-moi rire d'un rire lui aussi absurde, retentissant et grave ! Tout cela aide à vivre. Tout cela enrichit les esprits brumeux de nos adolescents. Cela donne des illusions de vérité avec usage de belles paroles, brevetées par diplômes et récompenses de toutes sortes. Tout est bon. Tout est affaire d'esprit, d'interprétations. Il est toujours bon d'avoir une canne pour marcher, d'avoir une épaule sur laquelle s'appuyer. Mais quand je pense à ce qu'on enseigne à nos étudiants en philosophie ! Sur quelle épaule je m'appuie, moi ? La vie ! Et le reste ! Dieu... Rien ne vaut le bon sens de nos ancêtres, celui du printemps, la sensation de vivre ! La recherche de réponses se nourrit de l'impossibilité d'en obtenir ! Notre esprit est libre de grandir et de se renouveler sans cesse autour de préoccupations qui le concernent. Mais sinon... quoi... il faut penser quoi ? C'est quoi la réponse au questionnaire ? Comment on fait pour avoir la meilleure note ? J'invite tous les étudiants à revenir boire et rire à l'auberge de la poésie. Je n'ai pas de réponses à vos questions. Je n'ai pas de réponses aux miennes. Nous pouvons tous aller pêcher tranquille. C'est pas aujourd'hui qu'on va se prendre la vérité sur le coin de la figure !

  • Poussière d'étoile

    Nous sortons des cavernes. Nos ancêtres étaient des êtres rustres que la nuit effrayait. Aujourd'hui, l'homme envoie des satellites de l'autre côté du soleil, prolonge l'exploration en direction des premières étoiles. Grâce à de puissants radio-télescopes, il traque l'arrivée de messages extra-terrestres et sonde les régions les plus lointaines de l'univers en quête du rayonnement primordial. Et que sommes-nous, nous qui construisons des cathédrales, des tours élancées vers le ciel et dont la vie est orientée vers toujours plus de vitesse ? Autant d'hommes de Cro-Magnon ! Nous sommes une poussière d'étoile ! Pour nous situer, la science rétrécie le long chemin qui nous mène à l'infini. Pourtant, il convient de s'imaginer ce temps de Planck (10-43 seconde) en-deçà duquel il est impossible d'imaginer quoi que ce soit, il convient d'imaginer " toute la matière énergie contenue dans des milliers de milliards de galaxies, chacune d'elles contenant des centaines de milliards d'étoiles, concentrée dans un espace de très loin plus petit que la plus petite des particules élémentaires actuelle !" pour se laisser submerger par cette vague extraordinaire qu'est le concept d'existence dans un univers dont les chiffres de dimension sont tout simplement inconcevables. L'homme, lui, est bien terre à terre, étouffé dans des considérations matérielles qui n'ont de fondements que dans l'abjection et le dégoût. Bref, j'attends avec impatience ce départ vers une autre vie, de laisser ce corps déjà fossile, de me dissoudre dans la mer. J'irais bien vers Proxima du Centaure, c'est tout droit dans la constellation !

  • Spleen II

    Je suis intimement convaincu que c'est à l'heure précise de la mort où tout le corps se raidit que peuvent venir certaines réponses que l'on ne saurait trouver ici-bas. Ici, nous sommes sans cesse devant un miroir, j'aime imaginer que la mort est un passage à travers le miroir vers une autre destination. Alors, je fais quoi en attendant ? C'est quoi le sens qu'on donne à une vie ? Je peux m'envoyer en l'air dans une discothèque, faire la fête tous les soirs, ne plus penser qu'aux vacances, et basta pour tout le reste ! C'est quoi écrire, c'est quoi chercher quelque part ce que l'on ne trouve nulle part ? Je ne peux pas savoir, il suffit d'attendre, alors il faut que tout se passe bien, n'est-ce pas ? La vie, une répétition absurde ? Alors autant vouloir le bien pour soi et tous les hommes et les femmes de cette planète. Autant utiliser ce temps, à force de générations, pour construire un avenir acceptable. C'est la moindre des choses, non ? Moi, j'attends la mort, celle que vous connaissez (un peu, pourquoi pas ?) J'y vais, c'est sûr, c'est certain. Ca prendra un jour, à un carrefour, dans un coin du cerveau, ou dans une artère du cœur. Ben oui, c'est là que tout se raidit, c'est là que tout devient sombre, c'est là qu'on traverse de l'autre côté du miroir.