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Réflexions - Page 6

  • Spleen

    Devant toutes les absurdités de la vie, il convient de dire et de répéter que nous ne sommes pas là pour nous soumettre chaque jour à la lobotomie. Je contemple chaque jour les effets du temps sur des millions d'années. Je me dis que c'est extraordinaire de pouvoir se balader ici simplement, insouciant, libre, convaincu de la beauté du mystère d'être là sur terre. Le néant est inconcevable. L'univers est incompréhensible. Alors, c'est quoi exister ? C'est quoi un feu de paille parmi les explosions de notre étoile ? Il faut chercher quoi dans la vie ? Ok pour le travail, la science, l'organisation sociale, d'accord la civilisation, le progrès sur des milliers et des milliers d'années. Remplir sa vie de révolte, d'engagement, de coups de poing. Ca tire, ça casse, ça zigzague dans tous les sens. Stop ! Ballade, mer, contemplation. Je veux respirer, je veux aller dans le sens de l'éternité. La plage, c'est la vie ! Il faut quoi d'autre ? De petite constitution, vouloir beaucoup encore. Un jour, on saura, c'est sûr, nous aurons des réponses à nos questions. A force de poésie, avec toute la science... Nous sortons des cavernes. Il faut savoir ! Sinon, la poésie, c'est quoi ? S'interroger encore. Comment faire autrement. On peut. Les questions, les réponses. C'est affaire de siècles, de millions d'années. Alors, ça avance ! Faut pas reculer. Faut pas.

  • NGC 584

    Comme l'histoire de la Terre, la vie est faite de temps différents qui se succèdent. La poésie est un temps, elle aussi. Comment naît-elle, vit puis meurt... nul ne le sait. Nul ne connaît les réponses ; nous ne faisons que traverser la vie dans des dimensions multiples et variées. La vie est comme un arbre dont les racines plongent dans un passé tumultueux, fortifient les branches... nul ne connaît le destin des arbres. Tout est dans la croissance renouvelée du végétal. En regardant la mer, imagine-t-on que cette eau est venue de centaines de millions d'années, apportée vraisemblablement par des météores ? Imagine-t-on l'éternité qu'il a fallu pour former les premières bactéries, les premiers organismes ? Et maintenant on pourrait tout saccager simplement en claquant des doigts ! N'est-ce pas effrayant ? Regarder à court terme c'est oublier les miracles qu'il a fallu pour que nous soyons au monde. C'est vertigineux. Alors, un poème, c'est tout simplement parier un instant sur quelque chose de merveilleux dans nos vies. C'est s'affranchir d'une aliénation, de cette tendance à s'emballer pour des choses désuètes et sans valeur. Quelles priorités donnons-nous aux choses ? Quelles sont nos attentes, nos envies ? Dans ce temps si court qu'est la vie, que voulons-nous transmettre à nos enfants ? Que souhaitons-nous, simplement, comme vie ? L'histoire humaine s'exprime dans la poésie, ce moyen privilégié que nous avons pour nous élever un peu des marasmes de notre quotidien. Enlever cette énergie, ne pas regarder autour de soi, c'est scier l'arbre à la racine ! L'histoire de la Terre remonte à des temps immémoriaux, la vie s'écoule d'une façon condensée depuis des millénaires, nul ne sait quelle sera l'irrémédiable fin.

  • L'absolu, quand même

    C'est un peu l'effet des temps, Mot à Maux s'est attaché à être au plus près de l'actualité. Pour ceux qui prendraient le train en route, il s'agit bel et bien d'un blog consacré à la poésie. Mais les notes présentes ne sont pas de la poésie : des articles de presse ? oui, peut-être. La poésie part d'une aspiration irrationnelle à se situer dans le monde, elle est déterminée par des manques, une impossibilité à se passer des mots, à échapper à soi-même aussi. Un article, quant à lui, échappe à toute détermination. Parce que certaines questions resteront à jamais sans réponse, il est bon, quand même, de chercher à comprendre, d'apaiser l'agitation qui naît du sentiment de l'absurde. Lorsqu'un individu ou un peuple décide de prendre la plume, c'est parce que ce besoin est irrépressible, qu'il concerne soi et l'avenir. La poésie, ainsi, sera toujours l'expression de la révolte et de la liberté. Elle se confondra avec le journalisme, avec l'engagement politique et les aspirations sociales. Ecriture-artisanat, mouvement d'insecte, il y a quand même dans la poésie ce cri silencieux, ce manque fondamental de réponses. Je l'éprouve, chaque jour au cœur de ma vie. Un manque comblé par cette recherche incessante ! Mais puisqu'il faut bien se résoudre à abandonner les réponses, continuons sur ces chemins multiples, les séparations entre les disciplines ne sont qu'un voile transparent et mensonger. Je continuerai à m'attacher au monde qui m'entoure. C'est ainsi que je peux, un instant, faire reculer l'absurde. C'est ainsi que je peux, un instant, me rapprocher du mystère du monde.